CHAPITRE II
ie couvent de Saint-Marc. — Artistes qui Tout illustré. — Les Médieis le couvrent de leur protection. — Savonarole lecteur à Saint- Marc , 1482-1486. — Il prêche le carême à Saint-Laurent, 1483; à San Gemignano, 1484-1485. — Il quitte Floreofie, 1486. — Néœaiité (fane réforme. — Tentatives infructueuses de réforme aux coacilii 4e Lyon et de Constance. — Projets de réforme et plan de Saionarole. ~ II proche la réforme à Brescia, 1486. — Concile proTincial de Reggio. — Savonarole appelé de nouveau à Florenee. — Cartlie prêché k Gènes^ 149Û. — Aetour de Sftvomrole à Flomce*
Le couvent de Saint*Marc, oùSavcmarole Tenait d*ètre
envoyé, n'avait pas toujours été occupé par des disciples de saint Dominique. Un autre ordre religieux, les Syi» vestriens, qui avaient vécu un temps dans les nMmfagnes de Vallombreuse, se lassèrent, à la lin, de la vie qu'ils y menaient» et quittèrent leur retraite pour se fixer an sein de la brillante Florence. Les murs de Saint-Marc les reçurent pour hôtes dans les premières aimées du quatorzième siècle. Mais on vit bientôt que des motifii pro- ÏMïes les avaient attirés à la ville : leurs déportements furent tels qu'ils scandalisèrent le peuple et le pape ; on les chassa honteosement de leur résidence, et Ton y fit venir, pour la purifier et la sanctifier, une colonie des dominicains de Fiésole.
Avec eux commença Filluslration incomparaUe de ce couvent Non- seulement il compta des saints parmi ceux qui vécnrentà l'ombre austère de ses cloîtres» maïs il produisit d'éminents artistes, et Tesprit religieux qui j
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' régnait, loin d'être affaibli par la gloire, eif àpj^ence mondaine, que ces* fils des Muses chrétiennes firent re* jaillir sur la pieuse maison, s'imposa fortement à eux, et fut comme le cachet de leur génie. Les autres couvents, Sainte-Maric-Nouvelle, par exemple , avaient dû faire appel, pour orner leurs murailles nues, au pinceau d'un Masaccio, d*un Orcagna, d'un Ghirlandajo ; Saint-Marc ne dut qu'à ses propres enfants les admirables fresques égarées jusque dans ses plus humbles réduits. FraBeato Angelico s'éleva jusqu'au sublime par le setttiment , quoique sa main fut encore inexpérimentée ; et, avec une simplicité qui n*eut d'égal que son génie, il mit partout, sous les yeux de ses frères, les plus éloquents souvenirs des souffrances et du triomphe de THomme-Dieu. Plus tard, au temps même de Savonarole, dont il avait été le disciple, liaccio délia Porta, en religion FraBartolommeo, prit, avec André del Sarto, le premier rang dans l'école florentine. Plus artiste, dans le sens profane du mot, que son illustre devancier, il n'en eut nilabnégation ni Tangélique douceur, mais ses éclatantes pages ne célèbrent pas moins haut les louanges divines, quoique sur un mode plus savant et plus étudié. Fra Benedetto, son contemporain, poète et peintre en miniature, pour avoir jeté moins d'éclat, ne doit pas ùtre laissé dans l'oubli, alors surtout qull s'agit de ce Fra Girolamo dont il se montra l'un des plus intrépides défenseurs. Deux frères enfin, d'une iiluslre famille d'artistes, Luc et Paul délia Robbia, fidèles disciples du même maître, surent, sous Thabit religieux, rester dignes d'un nom déjà célèbre dans la sculpture, et contribuer à la gloire de Saint-Marc.
Les Médicis montrèrent de bonne heure beaucoup de goût pour ce couvent dont leur demeure (Mail voisine, et pour les dominicains qui l'habitaient. Le premier Gosme