LIVRE II , CIIAPITIIE VII
prouTe, que reicommunication n'est pas 'valable, et où il s'étend en parliculier sur la séparation des couvents; l'autre sans date et sans titre » où il démontre par des textes, et surtout à Taide d'une page de Gerson, qu*il y a des cas où Ton ne doit pas se soumettre à rexcommunication. U lyoute que, même en le frap* pant, elle n'atteint pas ceux qui continueraient de Tenir h SainIrMarc entendre la parole de Dieu, et qu'ils ne sont pas exeomnnmiettU , mais exeamimni'
candi.
Nous ne savons, malgré Timposante autorité de Ger- SOD, s'il est bien orthodoxe qu'un condamné se reconnaisse le droit de juger les décisions de l'Église à son égard et de les mépriser ; oaais il est juste de 4îonfesser que de nombreux docteurs ont soutenu eette opinion, et que Savonarole, bien avant d'être frappé d'anathème, s'était rangé de leur côté. Dès Tannée 1495, on l'entendait professer cette doctrine : « Ils vocifèrent au dehors.. Je vous ai enseigné , à ce qu'ils prétendent , que les excommunications n'ont aucune valeur, et ils allèguent aux simples le texte qui dit : Sive justa, sive injusia^ amenda est. 0 tièdes ! ne savez-vous pas que cela s'entend nisi cotUineai mixtum mrorem? G'est^à-dire que l'excommunication est à craindre lorsqu'elle ne provient d'aucune erreur; mais quand on y voit l'erreur en termes exprès , vous savez bien qu'alors elle n'a pas d'efficace. > Ainsi ce n'était pas une opinion de circonstance chez Savonarole, mais «ne conviction réfléchie et dès longtemps arrêtée, et il avait bien le droit de la garder, alors même qu'il y était le plus intéressé*
11 avait donné le signal : un grand nonibie de ses jamis, atteints indirectement par la sentence pontificale.
prirent aussi la plume pour défendre une cause qui était devehuc la leur. Pic le neveu publia une apologie détaillée et chaleureuse, que n'atteignit cependant aucune interdiction. Dominique Benivieni composa aussi une apologie qui était déjà rare au temps où Pic écrivait la sienne. Mgr Mansi nous en a conservé une d'un certain Paulin Bernardin» de Lacques. £afin» à Rome même, le Franciscain Geoi^es Benigno et le philosophe Jean Nasi s'employèrent à la défense du réformateur persécuté.
Tous ces ouvrages n*ont pas même un intérêt de curiosité : ils ne sont qu'une reproduction servile des arguments du maître; mais, considérés conmie preuves de dévouement, ils font bien voir que Savonarolc était à la téte d'un parti nombreux et puissant. C'est pourquoi le commissaire du pape, Jean de Gamerino, chargé de porter à Florence la bulle d'excommunication, s'arrêta à Sienne» iHenu par la crainte, s'il poussait plus avant, d'être n)is en pièces par les Piagnoni. Il envoya de là des copies du bref. Les ennemis de Fra Girolamo les firent afficher dans les principales églises, où elles furent fort bien accueillies, parce qu'il s'agissait d'écraser un rival. Ailleurs , on refusa généralement de les recevoir ; mais, pour atténuer l'audace de ce refus, ou prétendit l'avoir fait parce que la bulle n'avait pas été apportée par le vicaire apostolique , et parce qu'on avait chargé des ennemis de la promulguer.
Ainsi la hardiesse manquait aux Piagnoni contre le saint-siége, quoique le pape s'appelât Alexandre VI. On pouvait donc pressentir qu'ils auraient le dessous dans la lutte ; et, en effet, dans cette dernière portion de sa vie, Savonarole s'occupe moins de consolider ou de compléter sa réforme politique et mo|rale que de se déi