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prière; nous recommanderons les bons au Seigneur. Au sujet de la défense qui m'est faite^ voici la vérité ; personnellement et dans mon intérêt, j*en suis charmé ; je pourrai retourner à mes éludes, et Ton ne pouvait me faire un plus grand plaisir. Mais je ne dis pas que ma raison soit également satisfaite. 0 père! noas attendions que tu fisses quelque chose. Tu avais promis de démontrer ta doctrine par signes naturels et surnaturels. — En m*ôtant la parole, vous avez retardé Taccom plissement de cette promesse; mais, je le répète, nous remplacerons les sermons par la prière. Seigneur, je te recommande les bons , tu excuseras leur négligence , car la fragilité liuniaine est grande. Benefac^ Domine^ bonis et rectis corde. Je t'en prie, Seigneiir, ne tarde pas davantage d'accomplir tes promesses. »
Puis, ayant dévotement récité le Pa/er, il ajoute : c Seigneur! délivre-nous de tout mal. Je te recommande les âmes de nos adversaires; illumine -les. Seigneur, pour qu'elles n'aillent pas en enfer. Je te recommande tout ce peuple ; donne-lui , Seigneur, ta bénédiction. >»
Après ces adieux, tour à tour menaçants et pathétiques, Savonarole descendit de cette chaire où il ne devait plus remonter. La douleur de ses partisans fut immense , plus grand encore le ressentiment de leur défaile, le désir d'une revanche. De leur côlé, les Arrabbiati, voulant proiiter du succès, exigèrent bientôt que les conférences de Saint-Marc fussent interdites. Mais la seigneurie ne consentit pas à se replonger dans les embarras dont elle avait eu tant de peine à sortir. Elle confirma tout ce qni avait été fait, et se borna à convoquer les collèges, pour arrêter, d'un comnmn accord avec eux, les termes de la réponse qu'on, devait au saint-
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père : on ne put s'entendre. iie& seigneurs voulaient
qu*on répondît simplement que Tordre du saint-siége était exécuté, et ^ue Savonarole avait cessé ses prédica-> tions; mais queli^ues membres objectèrent que, la dé* fense ayant été intimée de vive voix à Fra Girolamo, elle n*avait aucun caractère officiel ; que, d'ailleurs, ie pape voulait qu'on lui envoyAt le coupable à Rome , et que, par conséquent, on n'avait pas fait ce qu'il exigeait. Ces difficultés empêchèrent de rien conclure ; la seigneurie revint à son projet primitif, et se borna à charger son ambassadeur d'apprendre au pape ce qu'on avait fait pour lui obéir, et d*excuser le gouvernement pour des retards inévitables. Quelques jours après , informée qu'Alexandre YI désiiait recevoir une lettre oftkuelle, la seigneurie s'empressa de satisfaire à ce désir.