‹ Jérome SavonaroleChapitre 128 sur 215 · LIVRE III, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE IV

crncnt de Jérôme, tant il était éloigné de vouloir se uni promettre personnellement. Le P. Buonvicini s'oblieait à soutenir, en s'exposant au feu, les propositions aivantes, qui résumaient la doctrine de son maître :

1° L'Église de Dieu a besoin d'être renouvelée ;

2° Elle sera flagellée ;

3° Elle sera renouvelée ;

4° Après les fléaux, Florence, comme l'Église, sera enouvelée et prospérera ;

5° Les infidèles se convertiront à la religion du Christ;

6° Ces choses auront lieu de notre temps ;

7° L'excommunication portée récemment contre notre l. P. Fra Hieronimo est nulle;

8° Ceux qui n'en tiennent aucun compte ne pèchent las1.

Malgré ses répugnances , Savonarole dut céder. Ses idversaires voulaient l'épreuve pour le couvrir de con-

1. Mansi, dans ses annotations au procès (Baluze, t. IV, p. 529) irétend montrer comment toutes ces propositions se sont vérifiées :

1° Alexandre VI prouve la nécessité d'une réforme de l'Église , en la >roposant lui-même après la mort du duc de Candie, son fils (Voy. Riîaldi, ann. 1497).

2° L'Eglise fut flagellée par Luther, par Calvin, et au sac de Rome in 1527.

3° Elle fut réformée par le cinquième concile de Latran et par celui le Trente.

4° Les fléaux de Florence sont dans toutes les histoires. Quant à la prospérité de cette ville, Savonarole ne l'avait prédite qu'à la condition le faire pénitence.

5° Nous ne connaissons pas, dit Mansi, relativement à la conversion les infidèles, les secrets de Dieu. Cependant, dans un manuscrit dominicain de Lucques, on trouve qu'il y eut, en 1Ô00> beaucoup de Conversions dans les îles de l'Océan.

6° Cet article manque dans l'explication du savant évêque, et Ton comprend pourquoi.

" " Voyez, dit-il, L'apologie de Pic, et les arguments de Savonarole.

8° Conséquence naturelle de l'article précédent.

fusion; les indifférents la voulaient par curiosité; les amis, par conviction du succès. De toutes paris, des prêtres, des laïques venaient se .faire inscrire à Saint- Marc pour entrer dans le feu, si le parti contraire trouvait des champions à leur opposer. La ville était en émoi : la seigneurie dut mettre fin à tontes les tergiversations, en décidant que l'épreuve aurait lieu. Mais elle était si loin d'être mal disposée pour les dominicains, qu'elle ne voulut rien faire, relativement à l'ordonnance et aux dispositions à prendre, sans les avoir consuKés.

Elle commit ensuite à dix citoyens, pris en nombre égal dans les deux partis, le soin de régler contradictoirement les conditions, le jour et le lieu de l'épreuve, de faire tous les accords et de terminer tous les différends qui pourraient s'élever.

Cettecommission fit choix d'abord du vendredi 6 avril ; mais, forcée, pour des motifs peu connus, de différer d'un jour, elle renvoya au samedi 7, veille du dimanche des Rameaux. Elle fit dresser sur la place de la seigneurie un bûcher long de quarante brasses, au milieu duquel se trouvait un étroit sentier '. C'était par ce sentier que les adversaires devaient passer, lorsque les flammes l'auraient envahi. Savonarole avait obtenu de la seigneurie qu'au lieu de la Ringhiera, réservée aux deux ordres, on leur cédât la loge d'Orcagna, dite Loggia de Lanzi, qui était moins découverte. Une cloison fut établie, et les dominicains firent élever un autel dans le compartiment qui leur était accordé. La garde de la place fut confiée au capitaine Giovacchino délia Vecchia, à la tête de cinq cents soldats; maisla défiance était si générale, que cinq cents jeunesgens des Compagnacci vinrent

1. Ce sentier allait du toit des Pisans (la poste aux lettres actuelle) à la fontaine de l' Amman ato, qui n'existait pas dans ce temps-là.

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