‹ Jérome SavonaroleChapitre 53 sur 215 · LIVRE II, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE II

e richiesti.CeUc assemblée devait éclairer les Seigneurs e ses lumières, et élaborer les projets de loi qu'ils lui pré- Mitcraient, avant de les soumettre au grand conseil. Les ■Ères extérieures et militaires étaient surtout de son assort ; mais elle ne restait étrangère à rien. Il fallait avoir uni ,inte ans révolus pour être admis à en faire partie ; t, suivant l'usage florentin, les divers magistrats, les eigneurs et les collèges, les Huit de garde et de balie, îs Dix de la guerre, les capitaines du parti guelfe y ra|en( voix délibéralive. Dès l'installation de ces deux ouveaux corps politiques, tous les anciens conseils faut dissous ; mais on maintint une foule de magïstratu- 3S municipales peu importantes, dont il est inutile de iiii< t ici.

On compléta l'ensemble de ces institutions par une loi ir les finances ; chaque citoyen dut payer à l'avenir dix our cent sur la rente de ses biens immeubles, sans jeune autre imposition. Deux mesures d'occasion filant destinées à calmer les haines et à bien disposer le ru pic en faveur du nouveau gouvernement : une amistie générale fut prononcée, et décharge fut faite une partie de leursdettes aux débiteurs (23 décembre).

Tcl'e fut en peu de mots la réforme opérée sous l'inuence toute-puissante de Savonarole. Elle donna une lus large part à l'élément démocratique, ce qui lit accut la nouvelle constitution d'être démagogique, et Samarole d'être le chef de la populace. Il suffit de lire exposé qui précède pour voir qu'on ne peut raisonnaleiueut accuser de démagogie un gouvernement où ois mille hommes au plus, dans une si grande ville, )nt admis à l'exercice des droits civiques, et où il ne illil pas d'être reconnu capable soi-niènie, si l'on n'a cquis par hérédité le droit de prendre part aux affaires

publiques. Les historiens sont unanimes à cet égard Sans parler de Nardi, dont les opinions pourraient êtn suspectes, Guicciardin , partisan de l'absolutisme , e Nerli, dévoué aux Médicis, protestent à l'envi contri cette injuste accusation. Les paroles de ce dernier méri tent d'être citées. Après avoir indiqué les qualités requi ses pour faire partie du grand conseil, il ajoute :

« E questo sia suggel ch'ogni uom sganni,

parce qu'il y a eu beaucoup de gens qui ont flétri c< conseil, l'appelant plébéien, et croyant à tort que la po pulace y avait entrée. »

Savonarole proteste aussi contre cette accusation « Quelques personnes disent que ce gouvernement es remis aux mains de la plus infime populace : sachez-le cela est faux, car notre gouvernement est tout politiqu et démocratique, et les nobles y sont en majorité. »

Et ailleurs : « Vous avez écrit que les geutilshomme sont mal ici et la populace bien, et que le frère est che de la populace. Je voudrais bien savoir quels sont ce gentilshommes à Florence. Je ne l'entends plus pro noncer, ce mot. A Venise, il y a bien des gentilshommes mais à Florence il n'y a que des citoyens. »

Si cette dernière assertion est vraie, il n'est pas moin incontestable qu'il y avait, à Florence, citoyens et citoyens, et que, si l'égalité était dans le mot, on ne 1; trouvait pas dans la chose. Savonarole, en effet, ne pensait pas comme Montaigne, que Véqualité est la premier* pièce de V équité, et il ne faisait point les hommes égaux parce que « avec l'égalité tout serait confusion, et qu< Dieu a établi différents degrés parmi nous, pour la va riété, la beauté et la perfection de l'univers. » Tl ne mé rite clone pas d'être mis au nombre des démagogues, o

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