‹ Jérome SavonaroleChapitre 59 sur 215 · LIVRE II, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE II

icnt de votre ambition.... Mais voici le Seigneur qui lit : Eyosum, ô peuple! Ce n'est pas ce frère, c'est noi, oui, c'est moi, tedis-je, qui t'ai donné ce gouverîciiient. »

Ainsi le dernier recours de Savonarole était Dieu, l'aueur suprême de la réforme démocratique. Mais ce l'était pus pour répudier la responsabilité de son œuvre [u'il lui attribuai tune si auguste origine. Tant que la révoution ne put que donner de la gloire à ses auteurs, il .'effaça modestement, et renvoya à la seigneurie la re- :on naissance populaire qui s'obstinait, non sans raison, | s'adresser à lui :

« Les membres de la seigneurie sortante, disait-il, mt gagné deux nobles couronnes, l'une au paradis, 'autre parmi les hommes. Les anges les ont aidés Inns cette œuvre plus divine qu'humaine, et ces seigneurs méritent que vous les teniez en grande estime, 't que vous inscriviez leurs noms dans vos ebroniques, mur proposer leur exemple à ceux qui viendront après :u\. i

Mais lorsque l'opposition eut relevé la tète, et qu'il y lut quelque danger à se dire l'auteur de la réforme démocratique, Savonarole ne manqua pas d'en revendiiu<T la responsabilité. Il le fit dans ses sermons, dans es écrits, dans ses lettres, partout '. Cet acte de couige honore sa mémoire, mais il devint funeste à sa popularité.

Au reste, lorsque la constitution nouvelle eut été établie i mise en pratique, Jérôme ne perdit pas le temps àaduirer son œuvre : il songea plutôt à la compléter. Il

]. « Voi avete il huon governo che n lin data , * dit-il dans un sernon. Etdsms une lettre : « Qaesto governot/n me introdotto. » Dausniillc endroits on trouverait de semblables paroles.

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obtint un peu plus tard, à force de persévérance, l'appel des six fèves, c'est-à-dire l'abolition de la dictature dont jouissaient indirectement les seigneurs, et le droit, pour les citoyens, d'être jugés par leurs pairs en dernière instance. Il poursuivit avec un égal acharnement et non moins de succès la suppression des assemblées à parlement, qui n'avaient jamais servi qu'à resserrer les liens dont le peuple était garrotté. On verra plus bas, par la violence inouïe de son langage, quel prix il attachait à cette réforme. Le 13 août 1495, les assemblées à parlement n'étaient plus qu'un souvenir dans l'histoire.

En même temps Fra Girolamo réelamaitet obtenait la construction d'une salle assez vaste pour contenir le grand conseil clans le palais même du gouvernement. Il se plaignait quelquefois que les ouvriers allassent lentement, comme des bœufs; cependant le travail se poursuivit avec tant de célérité que l'orateur dut leur rendre plus de justice : il disait que très-certainement les anges avaient mis la main à l'œuvre. Enfin l'architecte Gronaca ayant livré cette salle, le 25 février 1496 le grand conseil s'y assembla pour la première fois, et Savonarole eut la satisfaction d'y haranguer les Florentins.

Ainsi rien n'échappait à sa vigilante activité. Il poursuivit les petites choses avec presque autant d'ardeur que les grandes. Ces succès furent les derniers qu'il obtint par rapport à la constitution nouvelle; il ne lui fut pas donné de la perfectionner davantage. Il avait accompli sans effusion de sang la réforme la plus démocratique que l'on eût vue à Florence, à la réserve de la révolution des Ciompi. Ce nouveau gouvernement était une démocratie restreinte, et, chose singulière ! ce fut aux passions religieuses et démagogiques que ses chefs demandèrent de le faire marcher et de le soutenir.

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