‹ Jérome SavonaroleChapitre 72 sur 215 · LIVRE II, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IV

lam locutus sum mundo, et in occulto locutus sum nihil. » lit qu'on trouvât la réponse décisive, soit plutôt qu'on sespéràt de tirer de Jérôme rien de plus décisif, l'asmbléc se sépara sans avoir pu conclure, et cette imlissance fut un triomphe pour celui qu'on avait espéré nfondre.

L'insuccès de cette tentative ne découragea pas ses nenris. Ils écrivirent à Rome et obtinrent du pape un ef qui obligeait Savonarole à quitter Florence pour er prêcher où on l'enverrait. Celui-ci se préparait à iéir, et, pour couvrir sa retraite, il disait qu'il avait compli son œuvre. Mais avant de se mettre en route, voulut prendre congé de ses auditeurs ordinaires par i dernier discours. Il remua tellement leurs esprits, l'au sortirdel'églisc, ilss'écrièrent tous, d'une commune ix, qu'il fallait s'opposer au départ du père. Les mastrats eux-mêmes, quoique Jérôme les reléguât au send plan, comprirent bien que ce moine était encore cessaire à Florence, puisqu'il avait seul le pouvoir de ulever et d'apaiser le peuple à son gré. C'est pourquoi

implorèrent et obtinrent du pape la révocation de n bref et la permission pour Savonarole de ne quitter orence qu'après Pâques. Pâques venues, on n'eut garde

se souvenir de ce terme, et il ne fut plus question exil.

Jérôme prêcha donc le carême de 1495. Ne pouvant le ire partir, ses ennemis s'efforcèrent de lui susciter de Wtveaux embarras : ils firent occuper par leurs homes Us principales chaires de Florence, et les chargent de commencer une croisade contre lui. Les croisés

recrutèrent principalement parmi les mineurs de int- François. Fra Michèle d'Aquis, Fra Giovanni Teiseo, Fra Jacopo de Brescia, tous prédicateurs renom-

mes, commencèrent l'attaque. Ils furent bientôt suivis dans la lice par Fra Tommaso de Rieti, régent de Sainte- Marie-Nouvelle ; mais celui qui fit le plus de bruit fut Fra Domenico de Ponzo, qu'on disait soudoyé par le duc de Milan. Quoique le gonfalonier de ce temps-là, Tanai de' Nerli (mars et avril 1495), ne vît pas de mauvais œil la persécution dont Savonarole était l'objet, il ne put empêcher la seigneurie d'intimer à Fra Domenico l'ordre de se taire. Un certain Fra Agnolo, de l'ordre de Vallombreuse, écrivit une lettre contre Savonarole; mais l'ignorance et l'incapacité dont il fit preuve le forcèrent bientôt de quitter le pays. Enfin une religieuse qui résidait assez loin de Florence voulut disputer avec Jérôme ; mais celui-ci lui fit répondre, avec plus déraison que de politesse, qu'elle ferait mieux détenir la quenouille et de ne pas se mêler de choses qu'elle n'entendait point.

L'opposition commençait déjà à étendre ses racines jusque dans l'intérieur de Saint -Marc. Savonarole y formait, avec Fra Domenico Buonvicini et Fra Silvestro Maruffi, une espèce de triumvirat qui pesa bientôt à presque toute la communauté. Un des témoins cités au procès, Fra Roberto Ubaldino de Gaglano, qui était de Saint-Marc, nous donne de curieux détails sur ce triumvirat. Il déclare que ceux qui le composaient s'étaient arrogé sur leurs compagnons une autorité souveraine, et s'étaient même dispensés en grande partie des obligations de la vie monastique. Fra Roberto continue, et fait en peu de mots le portrait des trois maîtres.

« Il m'a été impossible, dit-il, de prendre en faute Fra Hieronimo. J'ai toujours vu en lui de grandes marques de sainteté : la dévotion, l'humilité, la prière, de bonnes paroles, des mœurs pures, d'excellents exemples, une conversation admirable, une doctrine saine, ferme

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