‹ Jérome SavonaroleChapitre 76 sur 215 · LIVRE II, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IV

noyons de prêcher le carême. En effet, le 17 février 490, il remonta dans la chaire, et commença ce faneux carême sur le prophète Amos, qui contient tant le renseignements utiles à l'histoire !.

Os derniers faits appartiennent à une époque dont tous ne faisons pas encore le récit; mais il était imposible de les séparer de ceux qui précèdent, parce qu'il mt les prendre dans leur ensemhle pour les bien saisir t ne pas commettre de trop faciles et trop communes rreurs.

Tant d'hostilité au dedans et au dehors, la nécessité e faire face à ses adversaires et à ses ennemis, n'emlôchaient pas Fra Girolamo d'agir en toutes choses avec ine incroyable liberté d'esprit. Il faisait des tournées ans les environs de Florence, pour inspecter les couents qui s'étaient soumis à la règle de Saint-Marc. On 3 suit à Prato, à Pise : partout il prêche avec une égale rdeur et un égal succès. Dans cette dernière ville, son riomphe ne fut peut-être pas inutile à sa renommée. ,e tribun religieux qui savait si bien s'adresser à la Mlle; trouva des accents pour émouvoir et convaincre i savante université de Pise. Il y fit d'éclatantes converions, entre autres celle de l'étudiant Nicolas Scomberg, [UÎ prit l'habit de saint Dominique et devint plus tard rebevêche de Capouc et cardinal.

Il ne faut pas croire, en effet, que Savonarole ne se ît de zélés et fanatiques partisans que dans les rangs

i Le 9 mars 149G, la nouvelle seigneurie écrivait à son arabassa- BUI à Home une lettre où elle le félicitait de s'être employé avec zèle RDS l'affaire de Savonarole. Benchè, ajoutait-elle, non abbia ancora nitn quello effeeto desideravamo. Pourtant, à cette date, Savonarole vait repris ses prédications. Il faut donc croire que la seigneurie se ilaignait, dans cette lettre, de n'avoir obtenu qu'un sursis, et non in« entière réhabilitation de L'illustre dominicain.

du peuple. La foi au merveilleux était assez grande dans ces temps-là pour que des miracles douteux et des prophéties risquées ne rebutassent pas les plus brillant! et même les plus solides esprits. Pic de la Mirandole Marsile Ficin, Ange Politien, Jacques Nardi, Baccio delk Porta furent ses admirateurs ou ses amis. On pourrai citer encore des hommes moins illustres, mais qui joui rent, dans leur temps, d'une grande célébrité : les deu: Benivieni, Jérôme le poète, et Dominique, le chanoine, qu employèrent tous les deux leur plume à la défense di maître; Georges Benigno, mineur franciscain, archevêque de Raguse, qui fit un semblable emploi de se talents; Zanobi Acciajuoli, helléniste distingué; le phi losophe Georges Vespuccio; d'autres savants, tels qui Catteo, Frontino et le propre neveu de Pic de la Mirandole

Mais la renommée de Savonarole ne s'arrêtait pas au: murailles de Florence, ou même aux frontières de l'Italie. Elle avait passé déjà les montagnes et les mers. I Londres, à Lyon, à Bruxelles, disent ses biographes, 01 s'entretenait avec étonnement de ce moine qui faisai une révolution, changeait la constitution d'un État réformait les mœurs et la religion d'un peuple par 1< seule force de sa parole. « Nous recevons du fond d< l'Allemagne, dit-il quelque part, des lettres d'adhésior à notre doctrine. » C'étaient les marchands florentin! qui la colportaient ainsi par tout le monde. A Constantinople, s'il faut en croire Burlamacchi, le sultan, ayan entendu parler de Savonarole, voulut savoir quel i était, et envoya chercher le consul florentin, qui lu: donna les sermons sur Amos. Charmé de cette lecture, Bajazet aurait même ordonné qu'on lui fît en langue turque une traduction de ce brillant carême.

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