‹ Jérome SavonaroleChapitre 91 sur 215 · LIVRE II, CIIAriTRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE II, CIIAriTRE VI

dait1. Leur intervention, dont personne ne douta, donna lieu à une nouvelle accusation contre le vicaire général de Saint-Marc.

Après la fuite des Médicis, la riche bibliothèque de cette famille était devenue la proie d'une fureur aveugle ou de la cupidité. Dès que le gouvernement florentin en eut connaissance, il s'empressa de sauver ce qui n'avait pas encore été mis au pillage, et retint par devers lui un certain nombre de livres et de manuscrits qui i n'avaient pas tenté les voleurs, ou que ceux-ci n'avaient pas eu le temps d'emporter. Mais, en 1496, dans un moment de gène, alors que la disette se faisait déjà sentir, la seigneurie vendit ce reste de bibliothèque au i couvent de Saint-Marc pour la somme de trois mille duicats. La communauté n'en ayant que deux mille à sa j disposition, ne paya que les deux tiers du prix convenu ; | pour le dernier tiers, un Piagnone dévoué, Bernard Nasi, i répondit pour elle auprès de Philippe de Gomines, à dix-huit mois d'échéance. Pour dégager le généreux répondant, Savonarole voulait ouvrir une souscription parmi les amis de Saint-Marc; mais il mourut avant ! d'avoir terminé cette affaire, dont le souvenir se perdit dans le tumulte de sa ruine.

Roscoe accuse Jérôme, d'après quelques mots de Tiraboschi, d'avoir disposé d'une grande partie de ces ouvrages en faveur des cardinaux et des prélats dont il espérait, par ce moyen, capter la faveur. Ou pourrait douter que l'autorité de Tiraboscbi fût sufusante pour établir une accusation dont il n'est point parlé ailleurs. Dans tous les cas, le bon et savant abbé ne dit pas ce que l'historien anglais lui fait dire; il dit seulement que

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