‹ Jérome Savonarole, sa vie, ses prédications, ses écritsChapitre 76 sur 97 · TRAITE DE LA PRIÈRE · texte numérisé non relu

TRAITE DE LA PRIÈRE

de ferveur; elle le fait patient dans les tribulaliuns ; elle lui fait obtenir du Père Éternel tout ce qu’il désire.

Ainsi Savunarüle fait luire aux yeux du chrétien tout ce qu’il peut y avoir d’utile pour lui dans l’accomplissement de ses devoirs. Le motif utilitaire occupe ici la première place , tandis que le motif élevé , celui qui fait de la prière une sublime aspiration de l’auie vers Dieu, est à peine indiqué.

Dans la seconde partie, Savonarole cherche à concilier les occupations de la vie avec cette parole du Christ : Oportet semper orare. Comme on ne peut prendre ce précepte à la lettre , il faut croire que c’est prier toujours que d’aimer Dieu, de faire toutes choses pour l’amour de lui , d’agir honnêtement en toute occasion, eiiGn de faire à des moments fixés la prière proprement dite.

Celle-ci doit être aussi longue qu’il est nécessaire pour exciter la ferveur, et durer ensuite autant que cette ferveur. Avant de prier, il faut s’y préparer et tâcher d’acquérir cette disposition précieuse de la ferveur, soit en récitant des prières formulées à haute voix, soit en se tenant prosterné ou en restant les bras en croix. Quand ou n’a pas d’autre moyen de résister à la tentation, il faut s’efforcer de penser assidûment aux peines de l’enfer. Enfin , s’il est possible , il faut tâcher, quoi qu’on fasse , en quelque endroit qu’on se trouve , à table , au travail ou en voyage ,• d’avoir toujours à l’esprit quelque pensce de dévotion.

Dans une troisième partie , Savonarole nous apprend

ÉCRITS DE SAVONAROLE

quelle doit être la prière pour mériter d'être exaucée de Dieu. Il ajoute que Dieu , pour l'ordinaire , ne comble pas nos vœux sur-le-champ , afin de nous préserver de t l’orgueil ; mais il ne voit point dans la prière , comme I les philosophes , un acte d’adoration dont la formule la j plus élevée est : Seigneur, que votre volonté soit faite. I En priant , on peut adresser à Dieu des demandes parj ticulières, qu’il ne dédaigne pas d'accorder quelquefois ' à ceux qui méritent une si haute faveur.

Enfin , la prière ne mérite d'être exaucée que lorsqu’elle est faite avec une profonde humilité, d'autant plus nécessaire chez l’homme que ce n’est pas nous qui faisons le bien , mais Dieu qui le fait en nous. Cette assertion implique le fatalisme , mais c’est celui de la grâce , et nous n’avons pas à prononcer dans la querelle des Jansénistes.

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