‹ Jérome Savonarole, sa vie, ses prédications, ses écritsChapitre 77 sur 97 · TRAITÉ DE LA PRIÈRE HENTAIE · texte numérisé non relu

TRAITÉ DE LA PRIÈRE HENTAIE

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La préférence que Savonarole témoigne partout pour le culte intérieur fut cause qu’il voulut traiter à part de l’oraison mentale , quoiqu’elle rentrât dans le sujet du précédent ouvrage. La première partie n’est que l’énumération des dix motifs pour lesquels certaines personnes s’attachent à l’oraison vocale. On dit , entre autres choses, que la prière consiste dans les formes extérieures; que si l’oraison mentale convient aux anges, ou peut-être même aux Religieux , les séculiers doivent s’en tenir à l’oraison vocale , qui a au moins le mérite d’être utile à ceux qui l’entendent autant qu’à celui qui la fait, tandis que, lorsqu'on se borne à prier par la pensée, le diable s’empare facilement de notre esprit. Enûn, l'Écriture recommande la prière orale, et il convient d’imiter Jésus -Christ, qui la pratiquait, sans rechercher, surtout en un temps de tribulations, les joies qui découlent de la prière mentale..

Dans la seconde partie , Savonarole répond que l’oraison vocale toute seule n’est pas une prière et n'est d’aucun profit pour l’ame chrétienne; qu’il faut distinguer deux sortes de prières : l’une publique, qui doit être faite à haute voix , l’autre privée , qui est affranchie de cette nécessité; enfin, que celle-ci est supérieure à l’autre, parce qu’elle provient de l’ame et l’unit

ÉCRITS DE SAVON’AROLE

davantage à Dieu. L’auteur ajoute qu’il ne faut pas fuir les joies qui proviennent de la prière; mais son argument le plus hardi est que l’oraison vocale nuit au recueillement de l’esprit.

La troisième partie, divisée aussi en dix points, est une réponse aux objections contenues dans la première contre l’oraison mentale. Savonarole déclare que Dieu ne tient pas aux cérémonies ; que les séculiers peuvent prier mentalement, et que Jésus faisait très-certainement ainsi quand il était seul ; que nous sommes admis à faire comme les anges, etc.

. / Ce traité n’est , à proprement parler, qu’un’ appen- '■J dire du précédent. Il est probable que Savonarole le jl composa, comme beaucoup d’autres, sur les instances ' de quelques-unes des personnes pieuses entre qui ces I que.stions s’agitaient. Tout le mérite d’un tel opuscule est dans la simplicité et dans la valeur des arguments. Il satisfait le lecteur à ce double point de vue. On aime i à voir, au sein d’un peuple si porté pour les pompes ! extérieures, la préférence déclarée de son prophète 1 pour le culte intérieur.

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