LL
ment polie, offrait un spectacle qu’on ne pouvait contempler sans admiration.
« Telle était la première enceinte; au milieu s’en trouvait une seconde, à petite distance, à laquelle on accédait par quelques degrés et qu’entourait une balustrade de pierre dont l’inscription interdisait aux gentils de franchir cette limite sous peine de mort. |
« Le péribole intérieur était précédé au midi et au nord de pylônes triples (à trois passages, sans doute), et à l’orient d’une grande porte, par laquelle nous avions l’habitude de passer avec les femmes quand nous étions à l’état de pureté. Plus avant était le hiéron interdit aux femmes; puis à l’intérieur de celui-ci se trouvait un troisième hiéron dans lequel les prêtres seuls avaient le droit de pénétrer. Le naos était dans ce dernier, et devant lui se trouvait l'autel sur lequel nous offrions des holocaustes à Dieu. |
« Jamais le roi Hérode n’entra jusque-là ; l’accès du parvis, de l’autel et du sanctuaire lui était interdit parce qu’il n'était pas prêtre. Mais il aimait à embellir les portiques ou périboles “extérieurs. "Lout''cela, 11 Te ’construisit en huit ans {de 24 à 16 avant Jésus-Christ). De plus, on creusa par son ordre un souterrain secret conduisant de la tour Antonia à la porte Dorée; au-dessus de cette entrée, Hérode fit élever une tour, dans laquelle il pûüt se réfugier au cas où le peuple s’insurgerait contre l’autorité royale. »
Telle est la description sommaire que nous donne du temple d'Hérode l'historien Josèphe dans ses Antiquités judaïques. Comme il en fournit dans la Guerre des Juifs une seconde renfermant de précieux détails, nous pensons, lorsqu'il s’agit de l’une des merveilles du monde ancien, ne pouvoir nous dispenser de l’analyser.
Après avoir parlé des travaux gigantesques formant cette
immense plate-forme dont le mont Moriah était le noyau, Josèphe ajoute ceci :
« Les constructions supérieures semblaient en tout point dignes de la majesté des fondations. En effet, les portiques étaient doubles, soutenus par des colonnes hautes de 25 pieds (dans l’autre description il avait dit 27) et d’un seul bloc de marbre blanc, sur lesquelles on avait posé des. lambris de cèdre. Les portiques mesuraient 30 coudées de largeur, et leur ensemble, y compris la tour. Antonia, atteignait un développe-
MS: À ” à x L L à es); .lespace découvert était éntiè-
ment de 6 stades (1080 mêt rement pavé en mosaique de pie es de toute nature. » Effectivement le sol du Haram-ech-Chérif est jonché de gros cubes de mosaique.
« Lorsque de ce premier parvis, ainsi pavé, on passait au second, il se présentait un mur d’enceinte haut de 3 coudées, admirablement construit. Sur ce mur s’élevaient, à des intervalles égaux, des stèles de marbre portant des inscriptions grecques et latines qui rappelaient la loi sur l’impureté à ceux qui voulaient franchir l’enceinte et qui n’appartenaient pas au culte judaïque. Ce second hiéron se nommait le saint; l’on y montait du premier par une rampe de quatorze marches. Sa plateforme était carrée ‘et entourée d’un mur particulier. La hauteur du mur était de 40 coudées, mais à l’extérieur seulement; à l’intérieur il n’en avait que 25, grâce à la hauteur de l’escalier qui conduisait sur la plate-forme. Après les quatorze premières marches, on rencontrait un palier s'étendant jusqu’au pied de la muraille.
« De là, d’autres rampes de cinq marches conduisaient aux portes qui, sur chacune des faces méridionale et septentrionale, étaient au nombre de quatre, de deux forcément sur la face orientale. Voici pourquoi : l’accès du temple, par suite d'une loi religieuse, ayant été interdit aux femmes, 1l avait paru nécessaire d'ouvrir une seconde porte opposée à la première. Sur chacune des deux autres façades, on entrait par une
seule porte dans le parvis des femmes, car il était défendu aux
LE TEMPLE D’'HÉRODE 79 femmes juives d'entreP par une autre “portesque celles qui leur étaient réservées et, même là, elles ne pouvaient dépasser une “certaine limite. La face occidentale n'avait pas de porte; elle présentait un mur continu. à
« Au-delà du mur et en dedans dvnaient des portiques dressés devant les chambres du He et soutenus par de magnifiques colonnes. Des dix. Rois . neuf étaient entièrement revêtues d’or et d'argent,’ aussi bien les battants que les architravês. Celle qui ouvrait sur Îe temple était seule en airain de Corinthe; elle surpassait de beaucoup en splendeur les autres couvertes d’argent et d’or. Deux battants étaient insérés dans chaque porte ou pylône, et chacune avait 30 coudées de haut sur 15 de large.
Après avoir franchi ces portes on parcourait des salles Garrées. construites men -fonmenrdeMour.tetrhautes demplus-de 40 coudées. Elles étaient soutenues chacune par deux colonnes ayant 12 coudées de circonférence. |
Le temple même, c’est-à-dire le très saint, se trouvait au milieu de l'enceinte sacrée, et l’on y montat par 12 degrés. Sa face antérieure présentait une largeur et ‘une hauteur égales de 100 coudées; deux épaules, d’un développement total de 40 coudées, se projetaient à droite et à gauche.
«la premiéreuporte. haute dé 70: coudées.."lrge de 25, n'avait pas de battants; elle restait ouverte pour représenter, ainsi que le pensaient les Juifs, le ciel visible partout. Le fronton en était doré, et à travers l’on apercevait le vestibule intérieur.
« Toutes les parties qui avoisinaient la porte resplendissaient d’or. Je viens de dire que la porte intérieure du vestibule était dorée entièrement, ainsi que sa paroi; au-dessus courait une vigne d’or, de laquelle pendaient des grappes de raisin de la taille d’un homme.
Le temple étant partagé en deux vers le milieu de sa lon-
gueur, la salle la plus reculée se trouvait être plus basse que celle de devant. Elle avait des battants d’or de 55 coudées de hauteur. Devant elle était suspendu un voile d’égales dimensions et d’étoffe babylonienne, éclatante des couleurs de l’hyacinthe, du byssus, du safran, de la pourpre, et du tissu le plus merveilleux. » Dans ce tissu précieux, l'imagination des Juifs avait placé la symbolisation des éléments. Ainsi, pour eux, le safran représentait le feu, le byssus la terre, l’hyacinthe l'air, la pourpre la mer. « Sur le voile était tracée l’image du ciel, à l'exception des signes du zodiaque. Mais cette dernière partie du temple n'avait plus que 60 coudées de hauteur, divisées de nouveau en deux portions; la première contenait trois objets admirables et illustres : le candélabre, la table et l’autel des parfums. Les sept lampes du candélabre signifiaient les sept planètes; Îles douze pains déposés sur la table symbolisaient le cercle zodiacal et les mois de l’année. Quant.à la partie du fond, séparée de la précédente par un voile, elle ne contenait rien, et, parce qu’elle était inaccessible et inviolable, s'appelait le “saint «des/sainte: ;
« Autour des faces latérales du temple intérieur se .groupaient une foule de petites chambres, communiquant entre elles et munies d’un triple toit.
« L’extérieur du sanctuaire frappait autant les yeux que l’esprit. De partout il était revêtu d’épaisses plaques d’or, si bien qu’au lever du soleil il semblait en feu et repoussait les regards, comme s’il eût été imprégné des rayons de lastre. De loin, on aurait dit une montagne de neige, car partout où l’or disparaissait, brillait un marbre d’une éclatante blancheur. Du faitemsélancaientides broches lon, destinées à écarter les oiseaux qui auraient pu le souiller. Quant aux blocs qui étaient entrés dans la construction, on en voyait qui mesuraient Jusqu’à 45 coudéés de longueur (23 mètres 625), 5 de hauteur et
6 de largeur.» Ces dimensions nous semblent exagérées.
LE TEMPLE D’'HÉRODE St
« L’autel, devant l'édifice, était haut de 15 coudées, long cthniarsende pd On sSaitiquencewmassift aval. aux: angles des saillies semblables à des cornes, et une rampe douce y montait du côté du midi. Jamais le fer n’en avait touché les pierres. Enfin, temple et autel étaient entourés d’un cordon de pierres haut d’une coudée, qui séparait les prêtres du peuple. »
Voilà ce que nous apprend Josèphe sur le temple hérodien, qu'il connaissait à merveille, et sur la description duquel il n’a pu se tromper que très peu, lorsqu'il s'agissait de chiffres H'citeiide mémoire:
Sous le règne d’Agrippa I, le peuple et les prêtres demandérent que des travaux fussent entrepris pour hausser le faîte du sanctuaire de 20 coudées, ce qui revenait à donner aux deux portions du temple des hauteurs égales. Agrippa s’empressa de souscrire, à Ce vœu, et fit venir à grands frais, du Liban, les bois de construction nécessaires, qui devenaient ainsi des objets consacrés. Quand la guerre civile éclata, et pendant les der- Hits MOUrS qui precéderenti latvenuesdePituslestemple dé Jérusalem devint un champ de bataille, où les Juifs s’entr'égorgeaient Journellement. Un des partis occupait les terrasses, l'autre, commandé par Jean de Giscala, fit des tours d’attaque avec les bois sacrés.
Résumons brièvement les circonstances dans lesquelles cet admirable sanctuaire fut anéanti.
Le 12 juin 70, une première attaque des Romains contre le hiéron n'eut pas de succès. Maïtre de la tour Antonia, Titus en avait-fait: commencer la démolhtion. des le 3: -mai; elle ne: fut terminée que le 6 juin. Trois jours après, les Juifs mirent le feu aux parties des portiques septentrional et occidental attenantes à la roche qui avait servi d'assiette à la tour.
Le 17 juin, les Romains eux-mêmes brülèrent une partie
des mêmes portiques; puis les Juifs, ayant attiré par une
retraite feinte leurs ennemis sur le portique occidental qu'ils avaient rempli de matières inflammables, y mirent de nouveau le feu. Au 2r juin, le portique nord fut dévoré par un incendie allumé par les Romains.
Ces derniers, une fois descendus et établis sur le terre-plain du premier hiéron, appliquèrent l’hélépole au mur qui couvrait le temple proprement dit du côté de l’ouest et cherchèrent à démolir une des portes du nord. Pendant six jours, tous les efforts des machines et des hommes furent vains; enfin, l'on résolut de tenter l’escalade des portiques latéraux. La tentative ayant échoué, Titus donna l’ordre de mettre le feu aux portes ; celles-ci furent bientôt consumées, et le feu se propagea rapidement dans les portiques. Enfermés dans un cercle de feu, js Juifs n'en dévinrentiquemplus Aurieux Cela setpasstitole 5 juillet. |
Le lendemain, Titus tint un conseil de guerre dans lequel il réussit, non sans peine, à faire prévaloir son avis, qui était de sauver le sanctuaire. |
Éé7./asept heures (dutmann les rent une sortie contre le hiéron intérieur, et un combat acharné se prolongea pendant plusieurs heures dans le parvis des femmes. Ce fut alors qu’un soldat, arrachant un tison enflammé au brasier qu’il avait devant lui, et se faisant soulever par ses camarades, lança ce tison à travers une porte d’or qui donnait accès aux chambres construites autour du naos. L’incendie se propagea avec une extrême rapidité. On courut prévenir Titus; il vint en toute hâte pour ordonner d'arrêter le fléau. Vains efforts; sa parole /ne.-put Se) faire ‘entendre atvmuleuvdesctameursrdes combattants, et le feu continua à sévir. Lorsque les flammes ne s'étaient pas encore fait jour dans l'intérieur, Titus y pénétra lui-même avec les principaux chefs de son armée. Après quelques instants donnés à l'admiration de tant de splendeurs,
il espéra encore sauver ce qui en restait; mais il était écrit que
le temple périrait. Un soldat mit le feu contre les gonds de la porte; la flamme éclata subitement à l’intérieur, et le général romain, désespéré, fut contraint de sevretirer, laissant l’incendie achever son œuvre.
Après le temple, vint le tour du triple portique du sud, ou portique royal. Quelques milliers de Juifs, hommes, femmes et énIants. syuétaient réfugiés. Less Romainsuy/.mirentule feu, et tous ces malheureux périrent étouffés dans le brasier.
Quel fut le sort réservé à la tour Antonia ? Dès le 3 avril 70, Titus avait fait commencer les travaux d’attaque de cette tour, que. défendait Jean de Giscala. Le 22, les ouvrages, à peine terminés, furent ruinés par la mine. |
En effet, pendant que les soldats élevaient péniblement leurs aggères et y établissaient leurs machines de guerre, Jean faisait miner tout l'intervalle qui les séparait de la tour Antonia. |
Des galeries étaient creusées, étançconnéés de poutrelles qui soutenaient un toit formé de pièces de bois; tout le vide de la galerie était rempli de bois enduit de bitume. Au moment opportun, le feu fut mis à ces matières inflammables, et, les étancons brûlés, une immense fosse s’ouvrit devant les aggères, qui s’y écroulèrent avec fracas, entraînant avec eux les machines, qui devinrent la proie des flammes.
Titus ne se laissa pas décourager par cet accident si peu prévu. [l fallait construire de nouveaux aggères, mais les bois manquaient. On dut aller les chercher à une grande distance. Le 4 mai, quatre nouveaux aggères étaient commencés contre la base de la tour ; le 25, ils étaient terminés, mais les machines n'y avaient pas encore été mises en batterie. Jean, à la tête de ses soldats, vint les attaquer la torche à la main. Cette fois, les Juifs trouvèrent les Romains prêts à se défendre, et furent promptement repoussés. Le travail de démolition commença; il fallut une journée entière pour arracher quatre blocs du
revêtement. Dans la nuit qui suivit, la muraille avait été ébran-
lée par.le jeu des béliers, du côté où Jean avait miné Île terrain; après la destruction des premiers aggères, il arriva que cette muraille se trouva en porte-à-faux au-dessus de l’une des galeries de mine, et spontanément elle s’écroula.
Dans la nuit du 29 mai, Antonia fut enlevée par surprise. La démolition des fondements ou plutôt des revêtements du roc prit sept jours d’un travail obstiné, et leurs éléments constituèrent au sud de la tour une rampe analogue à celle du nord.
Après la prise définitive de Jérusalem, Titus donna l’ordre de détruire 2Antoniart Elle dut rasée letrauourd' hu sureson emplacement s'élève la caserne turque attenante au Seraï.
Que reste-t-il du temple d'Hérode?
Nous avons longuement décrit la porte Dorée et la porte Sous-el-Aksa. Eh bien, de toutes les magnificences hérodiennes du temple, il n’y a plus que cela qui soit debout. Dans le soubassement de la Qoubbet-es-Sakhrah, on voit quelques plaques de marbre dont la disposition montre que ce sont des débris encastrés là, parce que les constructeurs de la mosquée les trouvaient sous leur main. Ces plaques portent en bas-relief des motifs d’ornementation judaique, et qui n’ont rien de commun avec l’art arabe. Je suppose qu'elles faisaient partie de l’enceinte élégante qui séparait les parvis sacrés des gentils.
Il faut mentionner également une stèle grecque à inscription
comminatoire qui en provenait !. — C’est tout!
1. L'inscription dont je parle offre le sens littéral suivant : Que nul étranger ne pénètre à l’intérieur de la balustrade ni de l'enceinte (péribole) qui entourent le hiéron; pour celui qui y serait pris, la mort s’ensuivrait.
Je trouve dans l’ouvrage de M. de Vogüé, intitulé : le Temple de Jérusalem, pl. xxxvi, une plaque de marbre fragmentée offrant une couronne avec bandelettes. Je la crois de même provenance, malgré l'inscription grecque : Pour le salut de Marie! qu’on y lit, et qui lui aura été appliquée à une date plus récente.
Josèphe, l'historien des Juifs devenu l’ami de Vespasien et de Titus, était à Rome lorsque le triomphe fut décerné à l’empereur et à son fils. Il raconte assez longuement cette cérémonie bizarre, dans laquelle les dépouilles du temple furent étalées aux yeux de la population romaine. C’étaient, dit-il, une table d’or massif, le chandelier à sept branches avec ses lampes , et le livre de la loi. Il nous apprend, de plus, que ces objets sacrés furent déposés dans le temple de la Concorde élevé par Vespasien, tandis que le livre de la loi et les grands voiles de pourpre furent portés au palais impérial.
Tout le monde connaît l’arc de triomphe dédié à Titus et qui est encore debout. De splendides bas-reliefs en décoraient les faces intérieures, et l’on y voit, à côté de la table et du chandelier à sept branches, des vases sacrés et des trompettes. La plaque d’or qui ornait la coiffure du grand prêtre et sur laquelle était gravé le nom de Jéhovah fut vue à Rome, sous le règne d'Adrien, par Rabbi Éléazar, un des contemporains de la dernière révolte,
Lors de l'incendie qui, sous le principat de Commode (ro1), réduisit en cendres le temple de la Concorde et la maison impériale, plusieurs de ces trésors ont dû périr dans les flammes. Mais ceux qui avaient appartenu au mobilier du temple de Jérusalem ont dû être sauvés, car, au sac de Rome arrivé en 410, le roi des Goths, Alaric, les retrouva et s’en empara.
Quarante-cinq ans après, Genséric, roi des Vandales, pillait Rome à son tour et emportait à Carthage quelques dépouilles du temple d'Hérode. Elles y restèrent quatre-vingts ans, jusqu’à la victoire de Bélisaire, et retombèrent ensuite au pouvoir des Romains.
Néanmoins, si l’on peut ajouter foi au récit de Procope, Genséric ne prit qu’une partie de ces saintes reliques. Plus tard, les soldats de Clovis firent le siège de Carcassonne, attirés
par la célébrité des trésors impériaux qu’Alaric y avait déposés
% at
après le sac de Rome, et parmi lesquels on citait les admirables chefs-d’œuvre du temple de Salomon apportés de Jérusalem par les Romains. Le siège fut abandonné grâce à l’intervention du roi goth Théodoric, qui probablement aura emporté à Ravenne ces objets si précieux (507 ou 508 de Jésus- Christ). A partir de ce moment, nous n’en trouvons plus trace dans aucun écrit de l’antiquité.
Le butin pris à Carthage fut envoyé à Constantinople et figura, avec le roi captif Gélimer, dans un cortège triomphal. Suivant Procope, les dépouilles du temple en faisaient partie. Mais un fait historique rend plus que douteuse l’origine salomonienne de ces trésors. Ainsi, le livre des Macchabées et Josèphe disent positivement qu’Antiochus Épiphane, roi de Syrie, fit main basse sur tous les objets de prix que contenait le temple profané par lui, que le chandelier à sept branches, la table des pains de proposition, l'autel des parfums furent expédiés à Antioche par le spoliateur; très certainement tout ce qui avait été rapporté de Babylone disparut à cette date, aussi bien que les meubles merveilleux consacrés par Ptolémée Philadelphe. Non moins certainement, lorsque Judas Macchabée releva le culte de ses pères et purifia le temple, il dut pourvoir à la création d'un mobilier nouveau, et ce fut celui-là qui
devint; l'an 70 ,.laproie des Romains.
PÉRMRENDE PERD ERROTRRERRCAEREOE TN
SE SN 22 PRÈS la révolte de Bar-Kaoukab, l’empereur SSSR Adrien établit à Jérusalem une colonie mi-
litaire sous le rom de colonie Élienne Capitoline. Les Juifs furent expulsés de la ville et n’y pouvaient plus rentrer qu’au péril de leur vie. Un temple de Jupiter Capitolin 5 s'éleva par ordre du prince sur l’emplacement même du temple de Salomon, et un sanctuaire de Vénus Astarté sur celui du tombeau de Jésus-Christ.
Voilà ce que nous savons sur ces deux édifices, qui ont dû être” rasés sous le"règnet de: Constantin.» quand’ Hélène vint à Jérusalem pour remettre les lieux saints en honneur.
Pan 355 ;1lorSque le péterm'demBordeaux. fitulenvoyase/de Palestine, ces deux temples n’existaient plus. Après avoir décrit la roche que les Arabes vénèrent sous le nom d’Es-Sakhrah, et dont nous parlerons plus loin, le pèlerin mentionne deux statues d'Adrien qu’il vit sur l’ancienne plate-forme du temple. Étaient-ce bien deux statues d’Adrien ? Je me permets d’en douter et d’afhr-
mer que l’une de ces sculptures représentait Antonin le Pieux. k
Au dehors de l’enceinte du Haram-ech-Chérif, à droite, et contre le haut de la porte sous El-Aksa, se voit encastrée dans la muraille, mais placée sens dessus dessous, une inscrip-
tion qui fit partie de la base d’une statue. Elle est ainsi concue:
[{mp. Caes.]
LITOS AE LUCE ADRIAN O AN FOINEN CO EAN CAP TO D. PA APO UN TIRE EAN CN IE
À l’empereur césar Titus Ælius Adrien Antonin Auguste, Pieux, père de la patrie, pontife (maxime), augure (?); par
décret des décurions.
Si le pèlerin de Bordeaux a lu cette inscription sur le piédestal de l’une des sculptures, il ne s’est pas donné la peine d’en lire la seconde ligne, et le nom d’Adrien, contenu dans la première, lui a fait croire à une seconde image du même empereur.
Mais il n’y a pas que lui qui ait commis cette bévue, car de notre temps un professeur allemand de Bonn, M. Kraft, y à vu une inscription en l’honneur d’Adrien lui-même, et de la présence de l'inscription dans le mur qui entoure la porte sous EI-Aksa, il a conclu que cette porte était l’œuvre d’Adrien.
Depuis longtemps déjà, on a reconnu que les monnaies des empereurs, frappées dans les colonies romaines ou dans les villes grecques, reproduisaient le plus exactement possible, eu égard aux petites dimensions du flan, les monuments qui existaient alors dans ces villes. C’est ainsi que les monnaies coloniales, frappées à Jérusalem depuis le règne d’Adrien, nous offrent la vue de deux temples bien distincts par eux-mêmes et par l’idole qui y est renfermée. Ce sont précisément le temple
de Jupiter Capitolin et celui de Vénus Astarté.
LÉSTEMBLE DE JUPEPPERS CABETOL IN 89
Le temple de Jupiter était distyle et à fronton triangulaire; la statue du dieu s’y voyait assise entre deux figures debout appuyées sur des hastes ï.
Le sanctuaire d’Astarté était tétrastyle, et son fronton, à sommet aigu, contourné en arc de cercle à la base. La déesse, debout, s'appuyant de la main gauche sur un sceptre, portait Une téré humaine sur, la mains droiten(ia ttète de” Férmpeéreur Due Ve cle tétit éme tunquencourte et avait [et pied droit posé sur une proue de navire ?.
Le même temple tétrastyle se montre sur d’autres médailles avec de légères variantes qu’il n’est pas besoin de signaler. Mais une monnaie de Trajan-Dèce nous offre l’image isolée de la statue du Jupiter Capitolin de Jérusalem. Assis, le dieu a la tête coiffée d’un modius, comme le Jupiter Sérapis des Égyptiens, et à ses pieds, devant lui, est posé un aigle.
Voilà tout ce que l’on sait des deux temples.