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Restitution d'après une gravure du « Temple de Jérusalem » par M. de Vogüé.
EN
D ES toen année. 24 aan Jésus-Christ que le roi Hérode entreprit d’élever un temple nouveau à la place de celui qui avait été bâti au retour de la captivité.
Il en espérait une illustration éternelle.
Mais dès que son projet fut connu, de vives inquiétudes s’éveillèrent dans le peuple juif, peu disposé à donner son assentiment à de semblables. desseins. Hérode prit le parti de convoquer le peuple, pour expliquer et justifier le projet qu'il ne voulait plus abandonner. Il exposa ses vues avec dignité et gravité, montrant qu’il s'agissait de lhonneur et. de l'intérêt des Juifs - plutôt que de sa propre satisfaction. |
« Nos pères, » dit-il aux assistants, « au retour de la capti-
vité ont construit pour le Très-Haut un temple qui a 69 cou-
dées de moins en hauteur que l'ancien temple édifié par Salomon. Ne les accusons pas de négligence; cette infériorité n’a pas dépendu de leur volonté, puisque Cyrus et Darius
leur avaient imposé les dimensions qu'ils pourraient donner à
l’édifice sacré. Nos ancêtres durent obéir. Plus tard, soumis à l’autorité des Macédoniens, ils n’ont pu songer davantage à créer un temple semblable en grandeur et en majesté à celui de Salomon. Grâce au Dieu tout-puissant, je suis devenu votre roi; mes États jouissent de la paix, les finances de mon gouvernement sont dans un état prospère; bien plus, je suis l’ami des Romains, les maîtres du monde. C’est donc un devoir pour moi de faire ce que nos pères ont dü négliger par la force des événements, et de prouver ainsi à Dit, autant que Je le pourrai, toute ma gratitude pour les grâces dont il m'a comblé.»
A cette ouverture, le peuple ne manifesta aucune joie. Étaiton certain, en effet, qu'Hérode, une fois le temple abattu, serait en mesure de faire face aux dépenses nécessaires pour achever celui qui devait le remplacer ? Hérode devina ce sentiment et reprit la parole pour dissiper l'inquiétude qu’il voyait empreinte sur les visages. Il jura au peuple qu’il ne serait pas touché au temple actuel avant que la quantité de matériaux nécessaire à sa reconstruction ne fût absolument prête à être mise en œuvre. Cette parole fit renaître la confiance dans les esprits, et, dès le lendemain, les travaux commencèrent. Mille chariots propres à transporter les pierres furent construits; dix mille ouvriers habiles eurent à préparer tout, sous la direction de mille prêtres.
Maintenant, copions Josèphe.
« Une fois le temple ancien rasé, on en arracha les fondations et les remplaca par d’autres, sur lesquelles s’éleva un nouveau temple qui avait 100 coudées de longueur (52 mètres So), et en hâuteur 20 /coudéestde plus fque/le/precédent- L'édifice fut bâti en pierres blanches et compactes qui avaient jusqu’à 25 coudées de longueur sur 12 de hauteur. »
Je n'ai pas confiance dans ces chiffres, exagérés, je crois, comme ils le sont souvent par l'historien des Juifs. Quant à la
pierre blanche et compacte dont il parle, c’est la belle pierre
de Jérusalem, encore connue de nos jours sous le nom de maleki, pierre royale.
« Le temple, aussi bien que le portique royal construit par Hérode -étaitrplusthasæsur les côtés, et sa partie! centrale, la nef, était plus élevée, de sorte qu’à la distance d’un grand nombre de stades les habitants du pays pouvaient apercevoir eur sanctuaire. Les portes ouvrant sur les avenues étaient garnies de grands et magnifiques arcs ayant la même hauteur que le temple; ces arcs étaient munis de tentures éclatantes, ornées de fleurs purpurines et de colonnes figurées dans le tissu. De plus, au-dessus des portes et au-dessous des corniches courait une vigne d’or, dont les grappes pendantes étaient d’une richesse telle qu’elles émerveillaient le spectateur autant par leur somptuosité que par leur admirable exécution.
« Le temple fut entouré de vastes portiques d’une harmonie parfaite, et plus riches que les anciens. Au nombre de deux, ces portiques s'appuyaient contre une grande muraille, et cette muraille elle-même était l’ouvrage le plus étonnant dont jamais on ait entendu parler.
« À l'intérieur, le sommet de la plate-forme était entouré d’un second mur de pierre, soutenant sur la face orientale un double portique aussi long que le mur d'enceinte et faisant face à l’entrée du temple. C'était le vieux portique de Salomon, embelli par les rois de Juda. Là on déposait les dépouilles des nations vaincues par les armées juives; Hérode lui-même y avait installé les trophées enlevés sur les Arabes. » Le portique subsista jusqu’au siège de Titus.
Vers la porte septentrionale de l’enceinte sacrée était la citadelle, la tour Antonia, dont j'aurai à m'occuper plus tard.
« Dans la face occidentale du mur, quatre portes étaient percées, dont l’une conduisait au palais du roi. Ce palais était séparé du temple par une vallée dans laquelle le passage restait
libre. Deux des portes ouvraient sur le quartier placé en avant
de la ville; la dernière donnait accès dans la ville neuve, ou Bezetha. Elle était munie de degrés nombreux, les uns descendant au fond du vallon, les autres remontant la pente opposée! car la ville, assise en face du Hiéron et présentant l’aspect d’un théâtre, était enveloppée par une vallée profonde sur toute sa face méridionale. La quatrième face du Hiéron, celle qui regardait le midi, avait aussi sa porte centrale. »
C’est la porte sous El-Aksa, la seule qui ait été ornée par Hérode, et puisque aucune autre n’est mentionnée de ce côté, il faut croire qu’à l’époque d’Hérode déjà la Triple porte était condamnée. « Au-dessus d’elle régnait le portique royal, à trois travées, une des merveilles de l’architecture antique. Au-dessus de la vallée, déjà assez profonde pour que d’en haut le regard ne püt pénétrer jusqu’au fond, le roi construisit un portique d’une élévation si prodigieuse, que pour celui qui du haut du toit aurait essayé de sonder cette double hauteur, il y avait danger d’être pris de vertige. Le portique avait quatre rangs de colonnes disposés de manière à se faire face d’un bout à l’autre, le quatrième engagé dans la muraille extérieure. La circonférence des colonnes était telle, qu’il fallait trois hommes pour les embrasser; leur longueur mesurait 27 pieds, et un double tour de spire en décorait la base. On en comptait 162, ornées de chapiteaux corinthiens du plus magnifique travail.
« Ces quatre rangs de colonnes partageaient en trois travées tout l’espace recouvert par le portique. Les deux latérales étaient semblables; elles avaient 30 pieds de largeur (plus de 8 mètres) et un stade de longueur (180 mètres); leur hauteur mesurait plus de 5o pieds. La travée intermédiaire, en largeur, avait moitié en ‘sus. de la largeur des ‘deux autres (soit plus de 13 mètres); sa hauteur -était double; quant aux plafonds, ornés de sculptures en.bois, celui du milieu s'élevait au-dessus des “autres, MIeATmue de” face qui le soutenait, recoupé par l’en-
tablement aux colonnes engagées et ayant sa surface entière-