LE MEKHEMEH ET. L'ARCHE DE WILSON É
piastres en me souhaitant la bienvenue, elle eût été présente et meût pas manqué de me faire la réception la plus hospitalière en réclamant son bakhchich.
Tout Arabe, tout Syrien de race qui rencontre dans une circonstance quelconque un étranger, qu'il affuble invariablement du titre à demi méprisant de kharwadja (marchand), le suit comme le taon suit le cheval, et bourdonne sans la moindre interruption le mot bakhchich. Pourquoi vous le demande-t-il ? Vous ne le savez pas, ni lui non plus; mais comme c'est Île premier mot qu’il a appris à balbutier en entrant dans la vie, il le répète à tout propos et à tout venant.
Le bâtiment du Mekhemeh est précédé par un jardin en fort piteux état, où il n’y a guère que de mauvaises herbes et deux ou trois grenadiers chétifs. Ce bâtiment est aujourd'hui très notablement enterré, car il faut descendre de près de 2 mètres, en s’aidant des blocs de pierre qui servent d’escalier, pour arriver au sol de la salle basse. Celle-ci s'ouvre sur le jardin par une grande arcade à double archivolte dont la première est en ogive peu accentuée.
On reconnaît tout de suite que cette arcature ogivale n’est qu’une applique postérieure, destinée à renforcer et à consolider. La base entière sur laquelle s’élève le Mekhemeh paraît antique. Sans être de dimensions considérables, les blocs employés sont d’un assez bel appareil et à encadrement; le temps lés)amrongés., ‘ets leur. L'état actuel, contraste” d'une. manière frappante avec celui de la bâtisse supérieure, qui semble contemporaine de Selah-ed-Dyn, c’est-à-dire de la chute du royaume latin.
D’énormes contreforts carrés s'appliquent au mur qui fait face au jardin; la base m’en a paru antique, tandis que les calottes inclinées qui couronnent ces contreforts sont du moyen âge; seule, la partie supérieure de la construction est arabe et renferme les salles du Mekhemeh actuel.
A l’intérieur de l’édifige, on peut, à ‘laide de bougies . suivre sur une grande longueur la muraille judaïque, qui n’est que le prolongement du Heït-el-Morharby. Ce prolongement mesure au moins une trentaine de mètres, et au fond, l’on rencontre une belle citerne , sur laquelle s'ouvre une petite porte carrée. tail
Là fut certainement le sénat judaïque, la boulé dont parle Josèphe ; là fut, plus tard, la curie romaine, lorsque Jérusalem fut devenue la colonie Élienne Capitoline ; là est aujourd’hui le Mekhemeh, ou le tribunal musulman.
Le capitaine Wilson a le premier découvert, au-dessous du Mekhemeh et précisément en face de la double porte nommée Bab-es-Selseleh (porte de la Chaïne), une arche magnifique. Au sud de cette arche s’en trouve une autre fort ancienne, et une série de “outes de hdiflérents ânes; surmMesquellesireposene Mekhemeh turc.
Voici comment M. Warren décrit le chemin qu'il faut prendre pour arriver à l'arche de Wilson: « Lorsqu'on est descendu dans la salle basse du Mekhemeh par l’arcade ouverte sur le petit jardin, on traverse une suite d’arcades ogivales d’origine arabe, ayant le mur salomonien du Haram à sa droite. En marchant vers le nord, on arrive à l’entrée de la grande citerne qui porte le nom de Birket-el-Borak. Cette citerne est recouverte au sud par une arche que M. Warren déclare de construction romaine, et l’on se trouve alors en face d’une seconde arche couvrant un espace de 2 mètres 43, puis vient immédiatement l’arche de Wilson. » |
M. Warren pense que la taille des voussoirs de cette dernière dénote une antiquité qui remonte au v° ou au vi* siècle avant notre êre.
« Lorsqu’en partant du jardin du Mekhemeh on longe la salle basse, on voit à gauche une petite porte qui donne accès
par un coude dans un couloir formé de petites chambres voü-
BR NCE RETENIR EENICC ETES D EAN SON 159
tées et dirigé vers le nord. Les voûtes sont ogivales, d’apparénce | safrasine Letsca el SUT les parois on distingue des mots hébraïques tracés en écriture moderne. » |
Je m'’arrête ici et ne me permettrai pas de copier #7 extenso la description détaillée de M. Warren, n on but n'étant d’ail-
leurs que de lui emprunter ce qu’il me fallait pour bien fixer la position de l'arche Wilson. D’autres ont constaté que la nétretuedenlarcheestdenrenmetres 708, salarpeutmde 19 me iles o
Le mur judaïque qui forme la paroi de droite de la salle basse est bâti sur le roc, mais à plus de 18 mètres au-dessous de la naissance de l'arche, et toujours en blocs ayant exacte-
ment la même taille que ceux du Heiïit-el-Morharby.