‹ JérusalemChapitre 36 sur 81 · AIN · texte numérisé non relu

AIN

BEPNEE RC ELENMEHEE RE RCE D'ENTILSON

EX °° de mon voyage de 1863, mes deux premières visites avaient été pour le pourtour du Haram-ech-Chérif et pour le Heiït-el- Morharby. Je ne saurais dire avec quelle joie naive je retrouvais avec leur même physiono-

mie, et comme de vraies amies dont j'avais

été séparé. noces) pierres isurwlesquellés treize longues années venaient de passer, sans laisser plus de traces de leur action destructive que n’en aurait laissé une durée de treize minutes.

Seulement, devant l'arche du pont salomonien, on avait planté un figuier dont les larges feuilles masquaient une partie des voussoirs. De plus, comme les chiens de chrétiens et de juifs pouvaient trop facilement approcher de cette ruine vénérable, la haute prudence d’un pacha avait fait élever par devant une muraille qui ne permettait plus d’arriver jusqu’au pied#%de l’arche. Enfin, de très beaux figuiers de Barbarie, hérissés d'épines formidables, achevaient de rendre peu commode l’ap-

proche du monument. La rage au cœur, je gagnai le Heït-

el-Morharby, où du moins je pourrais librement toucher du doigt les blocs de pierre mis en place par les ouvriers de Salomon.

On se rappelle que ce sanctuaire."dont la jouissance "amété concédée aux juifs pour le vendredi seulement, est borné au nord par le mur d’enclos du Mekhemeh. Par un véritable hasard, que je regardais comme providentiel, la petite porte ouvrant sur cét enclos n'était pas ermée;dje/pris donc larhberréssrande de la pousser un peu et de l’entre-bâiller, afin de jeter un coup d'œil ”à: l'intérieur. tAh!que jerfus: bien recu IMURE, mésèremen guenilles sortit de je ne sais où, comme un diable sort de sa boîte, et vociféra avec une volubilité merveilleuse un torrent d’invectives en me refermant la porte au nez. Je courbai la tête sous les malédictions de la vieille, dans l'impossibilité où je me trouvais tdé Pfaire pour Je AmomentMamreschoscmet je me retirai comme un renard qu’une poule aurait pris, me promettant bien de prendre quelque jour une éclatante revanche de cette déconvenue.

J’évaluai 1n petto ce que me coûterait la revanche, et, arrivant à cette conclusion certaine que le prix n’en monterait pas à cent francs, j'attendis mon jour et mon heure avec la résignation de l’homme qui est sûr d’en venir à ses fins.

N’étais-je pas en Orient? N’avais-je pas affare à des musulmans plus ou moins turcs et, comme tels, essentiellement avides, rapaces et corruptibles ? Je pouvais être tranquille; je visiterais tout à mon aise un beau matin, l’enclos et la salle basse du Mekhemeh, en dépit de la sorcière qui m'avait repoussé. C’est ce qui ne manqua pas d'arriver aussitôt que Je fus devenu l'ami du brave Mohammed-Effendi, cheik de la mosquée des Moghrabins. Devant lui, la porte du Mekhemeh s'ouvrit à mes amis et à moi sans l'ombre de difficulté. Si la vieille femme qui m'avait chassé avec indignation quelques se-

maines auparavant eût pu deviner qu’elle gagnerait quelques

Page 1