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TOMBEAU DE ZACHARIE

lisse, qui ne s’est conservé que dans les parties défendues contre les injures du temps et des hommes.

Au-dessus des chapiteaux règne une architrave simple, surmontée d’une corniche égyptienne semblable à celle du tombeau d’Absalom, et formée d’un tore de peu de saillie; enfin, la platebande qui couronne la corniche est un peu inclinée de dehors en dedans. Le tout est couronné par une pyramide quadrangulaire, sensiblement équilatérale, ou du moins que l’on a voulu faire telle.

Le monument est enterré d’une quantité très considérable, et qui ira toujours croissant. Ce ne sont pas, cette fois, les pierres jetées par les passants juifs en signe de malédiction, qui sé Out decumuleeshasia base: lomdeda/tiemausolée"est/chez éuxpen Srande.mvéneérations etc est at quivsenterd enterrer le plus près possible du sépulcre. Les pierres tumulaires hébraiques forment en quelque sorte un large pavé qui enveloppe la base actuelle du monument, et celui-ci est lui-même couvert d'inscriptions pieuses et de noms de visiteurs.

La hauteur au-dessus du sol actuel, comptée jusqu’au sommet de la corniche, est de 5 mèêtres 65.

Mais de combien le mausolée est-il enterré? Repose-t-il

sur une base en deg; ï Où SUrRUN stylobate ACEStReEer qu'on ne saurait dire. dti

Les chapiteaux toniques sont assez purs, et d’une grande élégance. Au-dessous, le füt de la colonne est orné d’un cordon de cannelures amorcées,. dont chacune peut exactement être comparée à une petite niche. Les chapiteaux d’antes sont formés de moulures simples, et au-dessous l’on voit une rangée de quatre patères. Ces ornements manquent sur les autres faces, qui non seulement ne sont pas terminées, mais présentent parfois des défauts notables de symétrie.

Quoi qu'il en soit, le tombeau de Zacharie offre encore une masse très imposante, et l’on comprend l’admiration que le

pèlerin de Bordeaux témoigne pour le mausolée, qu'il a bien reconnu comme étant vraiment monolithe, et auquel il donne le nom de tombeau d’Isaie.

On voit que, de 333 à notre époque, la tradition a complètement changé, sans d’ailleurs avoir rien gagné en certitude.

Quel est le Zacharie que l’on gratifie aujourd’hui de ce tombeau ? Personne n’en sait rien, et je n’en sais pas plus que les autres.

Et par où pénétrait-on dans l’intérieur ? Y avait-il des chambres comme dans le tombeau d'Absalom? On a bien essayé d’y monter en faisant une brèche dans la face orientale, mais pour n’y trouver que le roc massif, et l’on. a fini par renoncer à l’idée :d’explorernles sépulere'1Ce sont vraisemblablementudes chercheurs de trésors qui ont fait cette tentative.

Nous n’aurons jamais , je le crains, le mot de l’énigme que présente ce singulier monolithe, ou mieux, nous ne le connai. trons bien que lorsqu'on aura pu le débarrasser du cimetière

qui l’étreint et le déshonore.

N 1850, lorsque je visitai Jérusalem pour la

première fois, le flanc méridional de la vallée detinnomteetait ciblé ce estmiemot, decares sépulcrales plus ou moins ornées. Là, certainement, s’étendait une nécropole dont l’existence avait dû coïncider avec celle de la Jébus primitive; aussi l'espoir d'y rencontrer des monuments d’une haute antiquité me fit-ilk consacrer bien des heures à l’étude des excavations sépulcrales qui se présentaient pour ainsi dire à chaque pas. Je fis une ample moisson de croquis et de notes, d'autant plus précieux aujourd’hui que depuis lors bon nombre des tombeaux que j'avais admirés ont été exploités comme carrières et ont disparu à jamais.

En effet, lorsque je revins en Terre sainte, treize années plus tard, je fus cruellement surpris de ne plus retrouver certains sépulcres très remarquables que j'avais dessinés naguère, et qui avaient été brutalement dépecés par le marteau et le ciseau des tailleurs de pierres. La Jérusalem antique s’en va, pensai-je

alors, et malheureusement je ne me trompais pas. Quelques

années encore suffiront sans doute pour anéantir ce que tant de siècles avaient respecté, et de la nécropole si éminemment curieuse de Jérusalem il ne restera plus rien.

Il est donc utile que je décrive de mon mieux les monuments que j'ai vus alors, car qui sait s’ils existent encore? On m'excusera, je l'espère, si j'insiste un peu trop sur des tombeaux que leurs créateurs croyaient taillés pour durer autant que le monde, et qui vont disparaissant chaque jour.

Oui, la nécropole de la vallée de Hinnom date de l’époque où les Jébusites étaient les maîtres du pays. Après eux, les Israélitesiont confié auximémes rochers es restes etes percer les mêmes tombes, devenues plus tard encore celles des chrétiens, ont, depuis la destruction du royaume latin de Jérusalem, cessé de changer de maïîtres «et d’occupants. On nyretrouve même plus d’ossements épars; de la ville des morts, les morts seuls ont disparu, tandis que leurs demeures sont restées à peu près intactes, jusqu'au moment où le progrès a fait invasion en Judée.

Le caractère général des tombeaux de la vallée de Hinnom est fort simple. Une porte carrée, d'ordinaire assez basse, donne entrée dans une chambre sépulcrale contenant une ou plusieurs couchettes ou arcosolia, un ou plusieurs fours à cadavres. Souvent d’autres chambres se relient à la première, et à voir le nombre de tombes qu’elles renferment, on arrive immédiatement à cette conclusion, que l’on se trouve dans des sépulcres de famille. |

Les excavations les plus simples sont celles qui se rapprochent de l’extrémité occidentale de la vallée. Celles qu’on a ouvertes dans la pointe de la montagne qui domine à la fois la vallée de Hinnom et la vallée de la Source, sont en général plus vastes et plus somptueuses. Lesquelles sont les plus anciennes ? Je pense qu'il y a impossibilité de le deviner.

Ne pouvant décrire toutes les caves sépulcrales que j'ai visi-

tées, je parlerai de celles qui m'ont paru mériter une attention sérieuse.

Le plus remarquable de ces monuments est en fort mauvais état. On l’appelle la Retraite des Apôtres, et à l’époque byzantine il fut transformé en une sorte d’ermitage où vécurent de pieux cénobites. Il s’ouvre sur une plate-forme de rocher.

Des peintures religieuses s’y voient encore au plafond du vestibule, aussi bien que dans les chambres qui suivent et qui, étant fort humides, n’ont laissé subsister que d’assez faibles traces de ces peintures.

La paroi du fond du vestibule a été brisée, de sorte que la porte primitive est remplacée par une baie plus large, plus aisément franchissable, mais sans la moindre apparence de régularité. Dans la paroi de gauche une sorte de niche est taillée en arceau; les chambres ont toutes leurs parois entaillées de fours à cadavres et de couchettes. Mais ce qui attire surtout le résard,, c’est lat frise Qui surmonté l'entrée. du vestibule, frise dorique, offrant huit métopes garnies chacune d’un ornement différent, et séparées les unes des autres par des triglyphes qui peuvent plus exactement être appelés des diglyphes, puisqu'ils ne comportent que deux baguettes et deux gouttes. Les deux métopes intermédiaires portent pour ornement deux grappes de raisin, identiques de forme : c’est une grappe principale flanquée de grappelettes qui retombent à droite et à gauche; des fleurons et des rosaces variés remplissent les autres métopes.

La tradition dit que cette cave sépulcrale a servi de refuge aux apôtres, lorsque Notre-Seigneur Jésus-Christ eut été arrêté au jardin des Oliviers.

Plus tard, saint Onuphre vint habiter le tombeau, qui fut après sa mort converti en chapelle sous le vocable de Saint- ChnphrenMEousslestans loue de sariète les Grecstnon unis viennent y célébrer leurs offices.

Assez près, et à l’ouest de la Retraite des Apôtres, on ren-

contre une rampe rapide couvrant sans doute ün escalier taillé dans le roc vif, et amenant au fond d’une tranchée, que des plantes grimpantes obstruent presque entièrement. Cette tranchée aboutit à une charmante petite porte taillée dans le rocher, et qui donne accès dans un caveau sépulcral que je n’ai pu visiter, ni étudier en détail, à cause des difficultés que présente l’encombrement de l’orifice.

Un vestibule en forme de niche est percé au fond d’une petite porte large d’un demi-mètre avec cintre un peu surbaissé. l’entrée «est l'encadrée!/par. un cordon faconne en wtore, tetiqtu fait, à droite et à gauche du sommet, deux, crossettes en saillie. Au-dessus du cordon à crossettes se montre un petit fronton formé d’une doucine, dont toute la partie inférieure manque à la base du triangle. Le fronton est orné extérieurement d’un cordon plat, rattachant par un biseau la face du rocher.

Cette petite porte, très élégante, devait se trouver entre deux pilastres,/ dont il ne subsiste qu’un seul, celui de droite Le chapiteau en est assez étrange. Au-dessous d’un petit tailloir vient une sorte de doucine, dont la courbe inférieure a dégénéré en une ligne droite; au-dessous de celle-ci, trois filets plats, en retraite l’un sur l’autre, viennent rejoindre le corps du pilastre.

Enfin, deux larges entailles, pratiquées dans les parois de la niche faisant fonction de vestibule, ont manifestement servi à fixer la porte de clôture du caveau sépulcral.

Suivant M. Pierotti, cette porte conduit aux caveaux du Hakeldama.

Avant de l’y suivre, je vais décrire d’autres spécimens de ces sépulcres intéressants.

L'un d'eux présente une porte de 2 métres: de largeur à son sommet, et de 2",10 à la base; elle est donc sensiblement évasée du haut vers le bas. Une marche conduit au sol du ves-

tibule, en avant duquel une fosse est ouverte dans le rocher,

parallèlement à la largeur de la porte. Celle-ci est ornée d’un encadrement à crossettes.

Au fond du vestibule, une porte carrée très basse donne accès dans deux chambres qui se suivent, toujours sur le même axe que le vestibule lui-même.

Une troisième porte, à peu près semblable et voisine de la précédente, diffère de celle-ci en ce que ses pieds-droits sont verticaux. La baie est encadrée par une large moulure à crossettes.

J'ai remarqué à une autre entrée de sépulcre une petite fenêtre très allongée et en forme de meurtrière arrondie au sominetcarnic diun cadre de mémeiformeCétte fenêtre, qui était destinée à jeter un peu de jour dans l’antichambre, porte de chaque côté quatre petits encastrements de barreaux, probablement de fer, qui devaient former un grillage. Je ne doute pas que cette ouverture n'ait été pratiquée par quelque pieux cénobite qui sera venu se loger dans la tombe abandonnée.

En un aütre point, dans une muraille de rocher offrant des traces de montants d’un très bel encadrement de porte, mais dont il ne reste que la base, j'ai trouvé un petit retrait en cul-de-four circulaire, offrant à l’intérieur de son pourtour une banquette très commode. À environ 1 mèêtre du retrait, la muraille de rocher fait un retour d'équerre, et présente immédiatement un second retrait de dimensions identiques. C’étaient sans doute désfendroitsronmlonevenaitnse #Prehosentetysel'sarantirt Soit. du soleil, soit de la pluie. |

Voici enfin la description d’une des plus belles excavations funéraires de Ja vallée.

Unypassase der swmetres 1 ralléé dans lerocher. (conduit ag vestibule; une petite porte percée au fond livre passage dans une première chambre, munie à droite comme à gauche de trois fours à cadavres.

Au fond s'ouvre de nouveau une porte menant dans une

seconde chambre sépulcrale garnie d’une banquette, et dans laquelle deux fosses sont creusées parallèlement dans le sens de la largeur. Sur chacune des deux parois latérales se trouve un arcosohium, dont l'extrémité, du côté de entrée,” est munie d’un four à cadavre. Dans la muraille du fond, et au niveau de la banquette, sont pratiqués deux autres fours. Les plafonds du vestibule et de la deuxième chambre sont plats, tandis que celui de la première chambre a été taillé en coupole surbaissée. Tel est la disposition générale du caveau.

Ce qu'il y a de plus remarquable, c’est l’ornementation de cette première pièce.

Dés que œil s'est habitué”à W’obscuntévaqui/ymMréene tou admire un plafond charmant, taillé dans le roc vif, et d’un goût très pur. Des bouquets de triples palmes ornent les pendentifs qui soutiennent la coupole; celle-ci présente une sorte d’astéroide élégant. Malheureusement, le plafond a été mutilé à une époque ancienne par l’anachorète qui, pour s'établir dans Île tombeau, en a brutalement attaqué les parois, décorées ou non, afin d’accommoder le tout à son usage.

De très belles portes à crossettes et à fronton, également taillées dans le roc, offrent en relief l’image de battants ornés d’encadrements de moulures. A la partie inférieure, ces battants simulés étaient évidés pour donner passage à un four à cadavre. Une fois le mort déposé dans sa demeure dernière, un bouchon de pierre venait s’encastrer hermétiquement dans l’ouverture, et cette partie mobile de la porte devait offrir la continuation des panneaux dessinés sur la partie fixe.

Ce qui est assez curieux, c’est que l'artiste qui a dessiné le plafond, en avait fait l’épure sur la paroi même de la muraille, afin qu’elle servit de guide au tailleur de pierre chargé de l'exécution. Cette épure est encore parfaitement distincte, et sa découverte a quelque chose de piquant.

M. Pierotti à publié le plan des caveaux funéraires dont

l'ensemble porte le nom de Hakeldama. N'ayant pu y pénétrer moi-même, je ne dois pas me permettre de contrôler l'exactitude de son travail.

Voici ce que j'ai pu voir de ce monument:

Un édifice voûté avec toit en terrasse se trouve à l’ouest du groupe des caves sépulcrales, avec portes ébrasées, à encadrement à crossettes. Il est fort bas, et deux ouvertures donnent jour sur une grande cave béante, à une dizaine de mètres en contre-bas. Par ces ouvertures, on distingue des caveaux funéraires et de très belles arcades construites en pierres de taille parfaitement appareillées et de style romain.

Le nom sous lequel ce monument funéraire est connu de tout le monde à Jérusalem est celui de Haq-ed-Damm (le prix du sang), car la tradition unanime place en cet endroit le champ qui fut acquis des trente deniers, prix de la trahison de Judas l’Iscariote.

Une église, ou plutôt une chapelle, a existé au-dessus du Hag-ed-Damm, et l’on en attribue l'érection à l’impératrice Etélèné-tiln'en restes pas trace Auptemps.dest croisades."les chevaliers hospitaliers y enterraient les pèlerins qui mouraient dans leur hôpital.

Dès une époque reculée, la tradition populaire attribuait à la terre de ce charnier la propriété de détruire en vingt-quatre heures les corps qu’on y déposait. Aussi prétend-on que limpératrice Hélène fit emporter à Rome de cette terre extraordinaire en assez grande quantité pour charger plusieurs navires. En 1210,11ES: Pisanst aleuritour-entemporterente dé quoiremplie leur Campo-Santo. M. Pierotti, désireux de constater cette propriété merveilleuse, affirme après plusieurs expériences que, si elle a jamais existé, elle est aujourd’hui perdue.

A la naissance de la vallée de Hinnom, c’est-à-dire vers son extrémité occidentale, se trouve un autre groupe de caveaux,

ceux-là grossièrement taillés et bien inférieurs comme élégance

de style aux autres que. j'ai décrits. En revanche, on y'hteun certain nombre d'inscriptions funéraires, dont quelques-unes sont des plus intéressantes ; de simples portes carrées donnent accès dans les caves.

Examinons rapidement ces inscriptions, qui ne paraissent pas d’une très haute antiquité; toutes sont des épitaphes chrétiennes. ‘[l? en l'est) une qui setréproduitiplusieursmtôiss elle ne contient que les mots THC ATIAG CIWN, et marque vraisemblablement que le caveau qui en est muni était la propriété de la Sainte-Sion, c’est-à-dire de l'église. du Cénacle, qui était établie en face de ces tombeaux.

D’autres sont plus explicites, et nomment les personnages qui ont été inhumés. |

En voici la plus curieuse :

X MNHMA AIADE

PON OEKAA MAPOY

ADOY FEPMANIKH CA:

Elle signifie : Monument appartenant à Thécla, fille de Marulfe, l'Allemande.

N'oublions pas qu’à l’époque du royaume latin il y avait

dans la cité sainte une rue des Allemands.

Dès la fin du vi* siècle, les tombes de la vallée de Hinnom étaient des ermitages ou cellules d’anachorètes, suivant le témoignage d’Antonin de Plaisance. De plus, Edrisi, qui a écrit sa Géographie universelle vers le milieu du xu° siècle, dit : « Au midi de cette source (Siloé) est le champ qui fut acheté par le Messie pour la sépulture des étrangers; non loin de là sont un grand nombre de maisons creusées dans le roc et habitées par des cénobites. »

Le livre de Josué, en décrivant par deux fois la limite des

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