VAINES TENTATIVES POUR RELEVER LE TEMPLE
de la ville, qui bientôt suivit la chute du temple, Josèphe ne put s’empècher de remarquer, et Titus avoua lui-même que la vengeance divine avait tout conduit, et qu'il n’était que l'instrument d’un châtiment céleste.
Détruit par les Romains, le temple des Juifs fut pour toujours enseveli sous les mêmes ruines que la nationa- Hté juive. C’est en vain que, l’an 133 de notre ère, les Juifs, un instant maîtres de Jérusalem, sous le commandement du fameux Bar-Kocheba, qui réussit à se- . couer quelque temps le joug des Romains, essayèrent de relever ce monument, à la fois religieux et national, qui leur rappelait des souvenirs de gloire et d’indépendance; ils furent bientôt écrasés par Julius Sévérus et expulsés complètement de Jérusalem. La ville ellemême, colonisée par des vétéransromains et reconstruite par Adrien, perdit son nom antique et prit celui d’Ælia Capitolina, du nom de Ælius Adrianus, son nouveau fondateur, auquel fut ajouté celui de Capitolina, quand cet empereur eut érigé Sur l'emplacement de l’ancien temple de Jéhovah le sanctuaire de Jupiter Capitolin, qui devint ainsi le patron de la ville païenne. Ce sanc- . [uaire fut, sans doute, renversé au moment où Constantin fit descendre du trône le paganisme, pour yinstaller avec lui la religion chrétienne. Cependant, même alors, ainsi que nous le savons par le Pèlerin de Bordeaux, deux statues d’Adrien étaient restées debout près de la roche que les Juifs avaient la permission de venir vénérer une fois par an, comme leur rappelant leur temple: ils avaient coutume de loindre de parfums en gémissant et se lamentant, et'en déchirant, en signe de deuil, leurs vêtements.
« Suntibi et statuæ duæ Hadriani, et est non longe de statuis lapis pertusus, ad quem veniunt Judæïi singulis annis et unguent eum, et lamentant se cum gemitu, et vestimenta sua scindunt et sic recedunt.
En 363, l’empereur Julien, voulant donner un dé-
menti aux Saintes Écritures et à la parole du Christ lui-même, qui avait déclaré qu'il ne resterait pas pierre surpierre du temple Juif, ordonna de le rebâtir; mais lorsqu'on en posait la première pierre, une violente secousse bouleversa tous les matériaux que l’on avait préparés et coûta la vie à un grand nombre d'ouvriers. De nouvelles tentatives pour asseoir les fondations de l'édifice projeté échouèrent pareillement, et des globes de feu sortant du sol poursuivirent et consumèrent tous ceux qui voulurent persister dans leurs travaux.
Ce fait est attesté par divers auteurs contemporains, et Ammien Marcellin, tout païen et ami qu'il était de l’empereur Julien, nous donne là-dessus des renseignements irrécusables.
« Tandis que Alypius, dit-il, pressait vivement les travaux, aidé par le gouverneur de la province, de terribles tourbillons de flammes, s’élançant des fondements, dévorèrent, à plusieursreprises et par attaques réitérées, les ouvriers, auxquels ils rendirent ce lieu inaccessible. C’est ainsi que, obstinément combattue par cet élément, l’entreprise fut abandonnée. » (Ammien Marcellin, | XXTHENGE EL) |
Avant de quitter le temple de Jérusalem, je dois répondre à une question qui pourra m'être adressée. Que reste-t-il, me demandera-t-on, des grands et gigantesques travaux exécutés par Hérode sur le mont Moriah? J'ai déjà essayé de montrer plus haut que les fouilles faites par les Anglais, en 1867, autour du Haram-es-Chérif semblent démontrer ‘que ce monarque n’a nullement agrandi l'enceinte extérieure du temple identique elle-même avec celle du Haram actuel. Cette enceinte, au moins dans ses puissantes assises inférieures, qui s’enfoncent si profondément dans le sol et çà et là dans quelques pans supérieurs encore pres-" que intacts, est aujourd’hui telle que l'ont établie Salomon et les rois qui l’ont suivi. Hérode n’a fait que la réparer après Néhémie, en bouchant toutes les brèches