LE TEMPLE SANCTIFIÉ PAR LA PRÉSENCE DU MESSIE
par sa sagesse el par la sublimité de sa doctrine. Plus tard, cette même enceinte le revoit, à certains jours anniversaires, quand ses parents l’amènent avec eux de Nazareth à Jérusalem, pour y célébrer les fêtes de Pàques, de la Pentecôte ou des Tabernacles. Enfin, dans les dernières années de sa vie mortelle, le temple devient l’un des principaux témoins de ses divins enseignements; c’est là qu'il aime à se promener avec ses disciples, sous les portiques sacrés, pour converser avec - eux de son royaume céleste. C’est là qu’il pardonne à la femme adultère, là qu’il exalte le denier de la pauvre veuve, là aussi qu'il chasse les marchands et renverse les tables des changeurs. C’est ce même temple dont ses apôtres lui faisaient un jour admirer la grandeur et la magnificence, en lui disant : « Voyez, Seigneur, quelles pierres et quelles puissantes constructions! » et dont 1l prédit la ruine prochaine et définitive. « De tout cela, répond-il, il ne restera pas pierre sur pierre. » Cette prédiction s’est accomplie à la lettre, et, l’an 70 de notre ère, Titus réalisa, sans le savoir, la terrible parole du Christ. Il faut lire dans Josèphe le récit du drame affreux dont Jérusalem, la cité déïcide, fut alors le théâtre et la victime. Antonia, la citadelle du temple, a succombé sous les coups des Romains. Des ruines de cette forteresse conquise et renversée, les légionnaires s’élancent à l'assaut des portiques et du sanctuaire. Vainement Titus leur a-t-1l commandé de respecter ce monument incomparable, qui doit être le plus beau trophée de sa victoire; sourds à sa voix et obéissant à une force secrète et irrésistible, ils s’acharnent à tout détruire, à tout brüler. Déjà les portiques qui entourent le dernier parvis commencent à être la proie des flanmes, mais le sanctuaire lui-même s’élève debout et encore intact. Alors un soldat, saisissant un tison embrasé et se faisant soulever par l’un de ses camarades, lance le tison fatal à travers une fenêtre dorée ouvrant,du côté du nord, sur l’une des cellules qui étaient adossées aux flancs du
temple. En un instant incendie se communique à toutes les chambres voisines et ensuite au sanctuaire. A cette vue, Titus accourt avec ses généraux. Du geste, de la voix, 1l cherche à retenir ses soldats. et leur ordonne d’éteindre le feu. Lui-même se précipite au milieu du foyer de l'incendie et essaye de sauver à tout prix le monument sacré ; mais ses efforts échouent contre l’emportement aveugle de ses légionnaires qui s’excitent les uns les autres à hâter le progrès de la flamme. Il était écrit, en effet, dans le livre des décrets éternels, que le 10 du mois d’Ab serait le dernier du temple d'Hérode; car il ÿ avait six siècles et demi qu’à pareil jour les Babyloniens avaient réduit en cendres celui de Salomon. Titus, impuissant à maîtriser ses troupes, et l’incendie qu'elles propagent, laisse enfin cette tempête de fureur et de feu se déchaîner librement sur le temple. En même temps que la flamme pétille de toutes parts et que ce superbe édifice, avec ses richesses inouïes, s’abîme dans un immense brasier ardent, les Romains massacrent tout devant eux, hommes, femmes et enfants, et immolent sur l’autel de Jéhovah de nombreuses victimes humaines. Pendant qu’ivres de sang et de carnage, ils poussent des cris de victoire et insultent à la chute du temple et des portiques qui s’écroulent avec fracas, les Juifs font entendre des hurlements de douleur et expirent par milliers dans la vaste enceinte du Moriah qu’ils couvrent de leurs cadavres. D’un autre côté, les habitants de la ville, en présence d’une telle calamité, répondent aux cris plaintifs de leurs frères expirants par des gémissements lamentables auxquels toutes les collines voisines font écho. Jamais scène d'horreur plus épouvantable que celle-là ne s'était passée à Jérusalem. Jamais aussi cette ville n'avait commis un pareil crime, en répandant Le sang de son divin Libérateur et en demandant que ce sang sacré retombât sur elle à tout jamais.
Témoin et historien de cette catastrophe et de la prise