CHAPITRE VI
Avant de quitter la Jérusalem antique, je ne puis me dispenser de traiter 1c1, en peu de mots, une question capitale : c’est celle des trois enceintes qui entouraient la ville à l’époque où elle fut assiégée et détruite par Titus, car de la solution de cette question dépend en partie, au point de vue topographique, la démonstration ou la négation de l’authenticité du Saint Sépulcre et du Golgotha, c’est-à-dire, la solution même du plus grand problème que l’on puisse se poser dans la Ville Sainte.
Nous lisons à ce sujet dans Josèphe :
« Des trois murailles qui environnaient la ville, la plus ancienne était inexpugnable, tant à cause de la profondeur des vallées qu’elle surplombait et de la hauteur de la colline qui les dominait et sur laquelle elle était construite, qu’en raison des fortifications que David, Salomon et les rois leurs successeurs avaient, par une louable émulation, ajoutées à la force naturelle du sol. Commençant du côté du nord, à la tour dite Hippicus, elle s’étendait vers l’endroit nommé Xystus, puis rejoignait la Curie et s’adaptait enfin au portique occidental du hiéron. De l’autre côté, faisant face vers l’occident, à partir de la même tour, elle se prolongeait, à travers le lieu nommé Bethso, jusqu’à la porte des Esséniens; delà, elle se dirigeait, face au sud, jusqu’au-des-
sus de la fontaine de Siloam, puis elle faisait un coude dans l’est vers la piscine de Salomon, et, s’éteudant ensuite jusqu'au quartier appelé Ophla, se reliait au portique oriental du hiéron. » (Guerre des Juifs, 1. V. ch. 1v, $ 2.) |
Nous voyons, par ce passage très net et très précis de Josèphe, que la branche septentrionale de cette première enceinte courait presque directement de l’ouest à l’est, à partir de la tour qui avoisine la porte actuelle de Jaffa, tour qui répond à celle d'Hippicus, en couvrant complètement l’escarpement du mont Sion; traversait la vallée du Tyropæon, au delà du Xystus, près du Mékhémeh, ou tribunal de justice des musulmans, qui doit occuper l'emplacement de la Curie, et aboutissait à l'enceinte occidentale du Haram.
La seconde branche de cette première enceinte était beaucoup plus développée. Elle contournait d’abord, du nord au sud, toute la crête occidentale du mont Sion, en y comprenant la partie de cette colline qui est restée en dehors de l’enceinte actuelle, couvrait ensuite tout l’escarpement méridional de cette colline, puis se dirigeait vers le nord, et, après avoir franchi le Tyropæon et embrassé dans son périmètre la colline d’Ophel (l’Ophla de Josèphe), elle se rattachait à l'angle sud-est de l’enceinte du temple, comme l’ont prouvé péremptoirement les fouilles exécutées en ce point par le capitaine Warren. Le développement de cette première enceinte peut être estimé à deux mille trois cents mètres, la première branche ayant six cents mètres, et la seconde environ dix-sept cents. Dans cette évaluation n’est pas comprise la partie de la muraille du hiéron qui bornait la ville au sud et à l’ouest du Moriah. Cette première enceinte était défendue par soixante tours.
« La seconde enceinte, poursuit Josèphe, dans le même paragraphe, commençait à la porte Gennath,qui appartenait à la première muraille, et, après avoir en-
touré le quartier situé au nord, elle aboutissait à la tour Antonia. »
Cette seconde enceinte, ajoute-t-1l plus bas, était protégée par quatorze tours.
La connaissance du tracé véritable de cette seconde muraille est extrèmement importante pour fixer, sous le rapport topographique, authenticité de la tradition chétienne relative au Saint Sépulcre. Nous ignorons, il est vrai, le point de départ exact de cette muraille, et l'emplacement incontestable de la porte Gennath est encore à retrouver; du moins, celui que l’on montre aujourd’hui est plutôt probable que certain. Mais dans les terrains appartenant à la Russie, à quelque distance à l’est de la basilique du Saint-Sépulcre, où des fouilles ont été entreprises, 1l y a vingt-cinq ans, et sont reprises en ce moment, on à mis à nu plusieurs belles assises d’un mur monumental qu'on retrouve un peu plus loin dans une échoppe voisine. Or, ce mur a été regardé par les uns comme ayant fait partie de la deuxième enceinte; par d’autres, au contraire, il est considéré comme ayant appartenu au vaste atrium de la basilique constantinienne du Saint-Sépulcre, atrium qui précédait cet édifice vers l’est. Pour moi, j'incline assez à penser, après le nouvel examen que j’en ai fait au mois d'avril 1888, lors de mon dernier voyage en Palestine, que ce fragment de mur peut être effectivement attribué à l'atrium de cette basilique, mais qu'il peut en même temps avoir fait partie antérieurement du second mur d'enceinte de la ville. En d’autres termes, nous avons là un tronçon de cet atrium bâti en cet endroit sur l’emplacement et probablement avec les magnifiques assises judaïques de Ia deuxième muraille. Ce qui semble prouver, en effet, que là avait passé un mur de ville et non pas seulement celui d’un simple monument, c’est que, dans les premiers déblais exécutés par les Russes au pied de ce mur,-on a trouvé un grand nombre de balles antiques de fronde, indiquant ainsi le caractère
primitif de la muraille à l'extérieur et près de laquelle on les avait recueillies.
À quelque distance de Ià, à quinze mètres environ au sud de ce fragment de mur, on a découvert les restes d’une belle porte se composant jadis d’une grande arcade centrale et de deux petites arcades latérales. Cette porte, qui paraît avoir été remamée à l’époque chrétienne, a été regardée par M. de Vogüé comme celle dont parle saint Patrl dans son Épitre aux Hébreux (Ch exam ve 14et412);:
14. « Quorum enim animalium infertur sanguis pro peccato in Sancta per pontificem, horum corpora cremantur extra Ccastra.
12. « Propter quod et Jesus, ut sanctificaret per suum sanguinem populum, extra portam passus est. »
Un passage de saint Jean (ch. xix, v. 20) nous apprend également que Notre-Seigneur fut mis en croix près de la ville, ce qui permit à un grand nombre de Juifs de lire l'inscription du titre qui surmontait la croix du Sauveur :
« Hune ergo titulum multi Judæorum legerunt, quia
propè civitatem erat locus ubi crucifixus est Jesus. Et erat scriptum hebraïce, græce et latine. »
. Je ferai remarquer néanmoins que cette conjecture de M. de Vogüé est contredite par une tradition respectable qui place la porte dite Judiciaire, une centaine de pas plus au nord. Là, en effet, on aperçoit une ancienne colonne monolithe sur laquelle on prétend que fut affiché l’arrêt de mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Cette colonne, située au rez-de-chaussée d’une petite chambre, perce la voûte de cette chambre et pénètre dans une chapelle nouvellement construite et qui se trouve au premier étage. En dehors de cette chapelle, on à gravé sur une pierre commémorative l'inscription suivante :
« Porta Judiciaria. Columna ubi affixa fuit sententia mortis Domini Nostri. Ita traditur. Anno Domini 1875. )
En face de cette inscription, de l’autre côté de la rue, à la distance de six mètres, on observe dans les pieds-droits d’une voûte quelques gros blocs bien taillés, qui passent pour provenir de la porte Judiciaire, ainsi nommée parce que Notre-Seigneur en sortit pour marcher au Calvaire.
Le frère Liévin, dans son excellent Guide de la Terre Sainte (1. Ie, p. 156, troisième édition), nous apprend qu’en creusant près de là, pour jeter les fondations de la construction adhérente à la chapelle de la Sentence, du côté de l’ouest, l’architecte municipal, M. Daoud Carmi, découvrit, en 1875, un fossé long de quarante mètres et large de six. Or, ce fossé paraît une partie de celui qui défendait autrefois la seconde enceinte. Comme point d'arrivée de cette deuxième muraille, nous avons l'angle nord-ouest du Haram-es- Chérif, où s'élevait la tour Antonia. Quel que soit le point précis où 1l faille placer sur la première enceinte la porte Gennath (porte des Jardins), ainsi nommée probablement parce que, avant la construction de la troisième enceinte, postérieure à l’ère chrétienne, elle ouvrait sur des jardins, il n’en résulte pas moins de ce que je viens de dire, que le Saint Sépulcre et te Golgotha étaient très près, mais en dehors de cette seconde enceinte. Celle-ci était protégée par quatorze tours. Il est impossible d'en indiquer au juste l’étendue, à cause de l'incertitude où l’on est encore par rapport à la véritable position de la porte (rennath, et au développement de la courbe qu’elle décrivait vers le nord, avant d’aboutir à la tour Antonia; mais c’est là une question d’un intérêt secondaire, que de nouvelles fouilles et de nouvelles découvertes permettront peut-être d’éclaireir complètement plus tard; ce qui, aujourd’hui, me paraît certain, c’est que la seconde enceinte ne renfermait pas dans son périmètre l’église du Saint-Sépulere et, par conséquent, l'emplacement du Calvaire et du tombeau de Notre-Seigneur.
« La troisième muraille, poursuit Josèphe, commençait à la tour Hippicus, d’où elle s’étendait vers Le nord jusqu'à la tour Pséphina: de là, elle ds en se prolongeant, vis-à-vis des monuments d'Hélène, reine d'Adiabène et mère du roi Izates. Elle traversait ensuite les Cavernes Rovales: parvenue non loin du monument dit du Foulon, elle faisait un coude à une tour d'angle, et, se rattachant à l'antique péribole, elle se terminait au ravin du Cédron. Cette muraille est l'ouvrage du roi Agrippa, qui entoura ainsi la partie de la ville auparavant ouverte, dont s'était agrandie l’ancienne cité. Par suite de l'excès de population, celle-ci, en effet, débordait peu à peu en dehors des enceintes primitives, et le côté septentrional du hiéron s’étant couvert de maisons sur les pentes de la colline qui Pavoisine, la ville s’accrut beaucoup au delà des anciennes collines, et une quatrième y fut enclavée, que l’on appelle Bézétha. Elle était située en face de la tour Antonia, dont la séparait un fossé profond que l’on avait creusé à dessein, afin que les fondations de la forteresse, n'étant plus adhérentes à la colline, fussent plus élevées et d’un accès plus difficile. Il arriva par là que la hauteur des tours fut considérablement augmentée par la profondeur du fossé. La partie de la ville nouvellement créée, ainsi ajoutée à l’ancienne, fut appelée, dans la langue du pays, Bézétha, mot qui, traduit en grec, signifie Ville Neuve. »
Josèphe termine ce paragraphe en ajoutant que ce mur, commencé par Agrippa [*, fut plus tard achevé par les Juifs et élevé par eux à la hauteur de vingt-cinq coudées. (Guerre des Juifs, 1. V, ch. 1v, $ 2. )
Le tracé de cette troisième enceinte, qui, d'après l'historien juif, avait quatre-vingt-dix tours, ce qui paraît exorbitant, comme l’a fort bien observé M. de Saulcy, est très facile à reconnaitre sur le terrain. Néanmoins, pendant longtemps, beaucoup de savants critiques s'étaient trompés étrangement, en reportant
au nord, jusqu'aux Kobour-el-Molouk ou Tombeaux des Rois, les Cavernes Royales de Josèphe. Ils y étaient amenés, en apparence, légitimement, par les expressions de Josèphe, relatives au tracé du troisième mur d'enceinte :« ai do omnaalwy facile v prauvépevor » — « s'étendant à travers les Cavernes Royales. » Identifiant celles-ci avec les Kobour-el-Molouk ou Tombeaux des Rois, pratiqués dans le roc et considérés par eux comme les Cavernes Royales de Josèphe, ils étaient alors entraînés comme fatalement, et par une pente inévitable, à comprendre tout le quartier du Saint-Sépulcre dans le périmètre de la seconde enceinte; et, attendu que cette seconde enceinte existait à l’époque de Notre- Seigneur, la troisième seule, due à Agrippa [*, lui étant postérieure, il s’ensuivait qu’à leurs yeux le Golgotha actuelet le Saint Sépulcre devaient être regardés comme apocryphes, puisqu'ils sont situés au dedans du tracé, reculé par eux, de la seconde enceinte. Ils se demandaient, en outre, comment il pouvait se faire que le quartier du Saint-Sépulcre qui, de nos jours, semble si intérieur et si bien enclavé dans la ville, eût été en dehors de la cité, à l’époque de Jésus-Christ, c’est-àdire à une époque où ils supposaient que Jérusalem était beaucoup plus considérable en étendue qu’elle ne est maintenant. Mais depuis la découverte des véritables Cavernes Royales, dont l’entrée avoisine la porte actuelle de Damas, et qui s'étendent si avant sous le mont Bézétha, cet argument topographique, au premier abord très spécieux, que l’on invoquait pour battre en brèche l’authenticité du Saint Sépulcre, a perdu toute sa valeur, et l’on est forcé maintenant de reconnaitre que le troisième mur d'enceinte suivait à peu près exactement, du côté de l’ouest et du nord, le tracé du mur actuel.
Cette troisième muraille, commençant à la tour Hippicus, que nous avons déjà identifiée avec celle qui avoisine la porte de Jaffa, montait d’abord vers le nord-
ouest jusqu’à la tour Pséphina, en faisant face à l’ouest; or, cettetour Pséphina a été remplacée plus tard par la tour, dite de Tancrède, chez les historiens des croisades, et dont les ruines sont connues aujourd'hui, parmi les mulsulmans, sous le nom Kasr-Djaloud (château de Gohath).La muraille courait versle nord-est,commela muraille actuelle, puis vers l’est-nord-est, et au delà du tombeau d'Hélène, reine d’Adiabène, dontles trois pyramides devaient s’apercevoir, sans doute, des remparts, elle traversait les Cavernes Royales, expression parfaitement juste de la part de Josèphe, appliquée aux immenses carrières dont les unes, au nord, portentle nom de Grotte de Jérémie, parce que l’on croit que ce prophète y a jadis composé ses lamentations, et Les autres, au sud, s’enfoncent, comme je l’ai dit, sous le mont Bézétha, en une vaste galerie souterraine, d’où lon a extrait une partie des beaux matériaux qui ont servi jadis à bâtir les principaux monuments de la ville. J’ai déjà dit précédemment, en mentionnant ces cavernes, qu’elles renfermaient trois espèces de pierres, dont lune s'appelle encore en arabe Hadjar-Maléki (pierre royale), pierre destinée aux constructions royales, d’où le nom de Cavernes Royales donné autrefois à ces grandes carrières souterraines, qui d’ailleurs pouvaient appartenir au domaine du roi.
La grotte de Jérémie, qui formait la partie septentrionale et la plus élevée de ces cavernes, en fut séparée, lorsque, l’an 43 de notre ère, Hérode Agrippa pratiqua une large coupure à travers ces carrières pour y faire passer Mn troisième muraille, d'où l'expression. mathématiquement vraie, dont se sert Josèphe en cet endroit, lorsqu'il nous dit que le mur s'étendail à travers les Cavernes Royales ; expression, au contraire, infiniment moins juste, si on l’applique aux Kobour-el- Molouk, ces tombeaux n'ayant jamais été traversés par une muraille d'enceinte de la ville.
Un peu au delà de la porte de Damas, on observé que
le large fossé creusé dans le roc qui couvre la muraille actuelle, présente, le long de l’escarpe, des avances de rocher, qui servent de base aux tours de enceinte musulmane et qui, sans contredit, ont dû jadis porter celles de l’enceinte d’Agrippa; quelques soubassements même de ces anciennes tours semblent encore, çà et là, reconnaissables. La tour angulaire de l’extrémité orientale de cette branche de la muraille a succédé très probablement, selon l'observation de M. de Sauley, à la tour angulaire antique signalée par Josèphe comme avoisinant le monument du Foulon, lequel a été détruit ou est enseveli sous des décombres. Enfin, la muraille tourne brusquement vers le sud et va se rattacher, le long de la vallée du Cédron, à l'enceinte du Harames-Chérif.
Josèphe estime le périmètre entier de la ville à trentetrois stades, c’est-à-dire à six mille cent cinq mètres, en évaluant le stade à cent quatre-vingt-cinq mètres et en se servant, par conséquent, du stade olympique. Si, au contraire, nous comptons d’après le stade judaïque de cent quarante mètres, nous n’avons plus que quatre mille six cent vingt mètres, chiffre qui me paraît s’accorder davantage avec la réalité. Tel était. en eflet, à peu près, le périmètre que devait avoir Jérusalem à. l’époque de son plus grand développement, lorsqu'elle embrassait dans son enceinte, non seulement la ville actuelle, mais encore la partie méridionale du mont Sion, et les pentes d’Ophel, qui depuis longtemps en ont été séparées. |
Josèphe, dans son Zivre contre Apion (ch.r', $ 22), rapporte un passage emprunté à Hécatée d’Abdère. et dans lequel cet écrivain mentionne Jérusalem comme une ville forte, de cinquante stades de tour et contenant cent vingt mille habitants. La première évaluation, | relative à la circonférence de la ville, est évidemment beaucoup trop forte. Hécatée, en effet, était contemporain d'Alexandre le Grand et de Ptolémée Lagus; il
écrivait à une époque où Jérusalem se bornait aux collines de Sion, du Moriah, d’Acra et d’Ophel, et où, par conséquent, son périmètre, loin d’égaler cinquante stades, était bien inférieur à celui des trente-trois stades, périmètre déjà exagéré lui-même, si ces stades représentent des stades olympiques, et que la ville n’atteignit même pas complètement, lorsqu'elle eut compris dans son enceinte, sous Hérode Agrippa, une partie du mont Bézétha et du mont Gareb. Cette troi- sièmemuraille semblaitréaliser la prophétie de Jérémie,
s’exprimant ainsi plusieurs siècles à l’avance. (Jérémie, ch. xxx1, v. 38 et 39.)
38. « Ecce dies veniunt, dicit Dominus, et ædificabitur civitas Domino a turre Hananeel usque ad portam Anguli.
39. « Et exibit ultra norma mensuræ in conspectu ejus super collem Gareb, et cireuibit Goatha. »
« Un jour viendra, dit le Seigneur, où l’on bâtira à l'Éternel une ville depuis la tour Hananéel jusqu'à la porte de l’Angle.
« Et le cordeau à mesurer sera tiré vis-à-vis d'elle sur la colline de Gareb et environnera Goatha. »
Gareb, comme son nom semble l'indiquer (occidental), est la colline située à l’occident du mont Bézétha, compris lui-même avec le Golgotha, peut-être le Goatha de Jérémie, dans l’enceinte de la ville nouvelle.
Quant à la population de cent vingt mille habitants, attribuée par Hécatée d’Abdère à Jérusalem, cette ville ne dutatteindre un pareil chiffre que lorsqu'elle eut reçu ses derniers accroissements. Au moment du siège de Titus, ce nombre fut, sans doute, bien dépassé ; mais on était alors à l’époque des fêtes de Pâques, fêtes qui avaient attiré à Jérusalem, de toutes les parties de la Palestine, une foule énorme que nous devons distinguer de la population fixe et permanente.