‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 127 sur 179 · LA MOSQUÉE-EL-AKSA · texte numérisé non relu

LA MOSQUÉE-EL-AKSA

encore une belle salle d'armes, avec ses lourds piliers et ses voûtes ogivales. Jérusalem étant retombée au pouvoir des musulmans, en 1187, Saladin se hâta de rendre la mosquée El-Aksa au culte de l'Islam, refit le mihrab, qu’il orna de mosaïques et de colonnettes de marbre, décora également de mosaïques le tambour de la coupole, et les arcs qui le supportent, etordonna de transporter près du mihrab le magnifique meimbar ou chaire à prècher qu’on y admire maintenant, et que recouvrent de charmantes arabesques et des incrustations très finement exécutées en nacre et en ivoire. Cette chaire ornait auparavant l’une des mosquées d'Alep, où elle avait été placée par Nour-Eddin.

En 1236, Melhik-el-Moazzem-Ysa, l’un des neveux de Saladin, construisit le porche voüté extérieur qui précède la façade septentrionale. Il se compose de sept arcades qui correspondent aux sept portes de la mosquée, celle-ci renfermant également sept nefs, par suite des adjonctions successives qui lui ont été faites. Dans sa forme actuelle, elle constitue une sorte de rectangle mesurant quatre-vingt-dix mètres de long sur soixante de large. Les colonnes qui soutiennent les nefs et la coupole sont de modules différents et de marbres variés; enlevées à des monuments plus anciens, elles devaient décorer probablement la basilique et les portiques construits par Justinien. En 1327, la coupole fut restaurée par les ordres du sultan Mohammed-ibn-Kelaoun.

D’autres édifices moins importants sont disséminés sur la vaste étendue du Haram.Je signalerai d’abord le Koubbet-es-Silsileh (la coupole de la Chaîne), ainsi nommée parce que, d'après une légende musulmane, elle se relierait au ciel au moyen d’une chaîne mystérieuse et invisible. Les musulmans lappellent également Mehkhemeh-Daoud (tribunal de David), parce qu’ils prétendent que ce roi y rendait jadis la justice. C’est un petit édifice décagone, contemporain de la Koubbet-es-

Sakhrah, ou antérieur, selon d’autres, à cette mosquée, et que soutiennent deux rangées conceniriques de colonnes.

Un autre édicule de forme octogone s'appelle Koubbet-el-Miradj (la coupole del’Ascension); 1l est consosacré au souvenir de l’ascension nocturne de Mahomet. au ciel et date du commencement du x siècle.

Trois autres petites coupoles, soutenues pareillement

sur des colonnettes de marbre, sont dédiées : la première

au souvenir des Tables de la Loi, et s’appelle Xoubbetel-Alouah ; la seconde, à l’archange Gabriel, d’où le nom qu’elle porte de Koubbet-Djibraïl ; et la troisième à saint Georges, saint vénéré à la fois par les musulmans et par les chrétiens, d’où son nom de Koubbet-el- Khadher. Tous ces différents petits monuments, ainsi qu'une jolie chaire à prècher du xvi siècle et appelée Mimbar-Omar, sont disposés sur la plate-forme supérieure de la grande coupole de la Sakhrah. On descend de cette plate-forme par plusieurs escaliers que précèdent des arcades ogivales dont les colonnes proviennent d'anciens édifices. Au pied de l’un de ces escaliers etsur la plate-forme inférieure du Haram, on admire une gra: cieuse fontaine, entourée d’un bouquet d'arbres et bâtie en 1445 par le sultan mamlouk Malek-el-Achraf Abouen-Naser Kaït Bey, qui lui a laissé son nom, car on continue à l’appeler Sebil Kaït Bey.

Les musulmans, comme on le sait, regardent Jésus- Christ comme l’un de leurs plus grands prophètes ; aussi, nous ne devons pas nous étonner que dans la mosquée d’El-Aksa,ils montrentet baisent avec respect, sur une plaque de marbre blanc, empreinte d’un pied qu'ils prétendent être celle d’un des pieds de Notre-Seigneur ; ailleurs, à l’angle sud-est du Haram, ils vénèrent ce qu'ils appellent son berceau, dans un oratoire souterrain, où l’on descend par un escalier de trente-

deux marches. C’est une niche sculptée en forme de

coquille à sa partie supérieure et couchée horizontale

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