‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 135 sur 179 · PRINCIPALES RUES ET DIVERS QUARTIERS DE LA VILLE · texte numérisé non relu

PRINCIPALES RUES ET DIVERS QUARTIERS DE LA VILLE

Au milieu du dédale de rues et de ruelles irrégulières quise croisent en tous sens dans l’intérieur de la ville, on distingue trois artères principales qui la traversent d'un bout à l’autre. De la porte de Jaffa part, à l’ouest, une rue qui aboutit, vers l’est, à la porte appelée Babes-Silsileh (porte de la Chaine), Pune des principales entrées du Haram-ech-Chérif. Cette rue, au Moyen àge se nommait rue de David dans sa partie supérieure ou occidentale et rue du Temple dans sa partie inférieure ou orientale. De la porte de Damas, une autre rue sillonne la cité du nord au sud, passe près de l'extrémité orientale de l’église du Saint-Sépulcre, continue à se diriger vers le sud au delà des bazars, et, fléchissant ensuite vers le sud-sud-ouest, se termine à la porte de Neby-Daoud ou de Sion. A l’époque des croisades, elle portait dans sa partie supérieure le nom de rue Saint- Étienne et plus bas celui de rue du Mont-Sion. Une troisième rue, ayant son origine à la porte Sitti-Mariam à l’est, longe le Birket-Israïl, suit vers l’ouest, en décrivant un coude, les différentes stations de la Voie Douloureuse, et aboutit, plus loin, du même côté, au couvent de Saint-Sauveur. Cette rue, dans sa partie inférieure vers l’est, s’appelait, à l’époque des croisades, rue de Josaphat; plus à l’ouest, Voie Douloureuse, et plus à l’ouest encore, rue du Saint-Sépulcre.

La ville se divise en quatre quartiers différents : au nord-ouest, le quartier des chrétiens latins et grecs, sur le mont Gareb; au sud-ouest, sur le mont Sion, le quartier arménien; au nord-est, le quartier musulman sur les monts Bézétha et Acra, et dans la vallée supérieure du Tyropæon; au sud-est, le quartier juif, qui occupe à la fois les pentes orientales de Sion et la partie basse du Tyropæon. A l’est enfin, le mont Moriah, dont l’enceinte extérieure environne toute la plate-forme de la montagne, forme un cinquième quartier à part, le quartier sacré par excellence pour les musulmans, où le Haram-ech-Chérif (le Sanctuaire noble).

Les rues sont pour la plupart étroites et fort mal entretenues, et comme plusieurs sont en pente très rapide, les pavés désunis ou grossièrement agencés qui les recouvrent sont extrêmement glissants, au moment des grandes pluies d'hiver, qui transforment quelquefois ces ruelles inclinées en de véritables ruisseaux.Les maisons qui les bordent n’ont ordinairement, par précaution, qu'une porte basse, par où l’on ne peut entrer qu'en se courbant un peu; beaucoup d’entre elles, principalement dans le quartier musulman, ont leurs fenêtres discrètement grillées et sont munies de moucharabiehs ou de balcons à balustrade de bois façonné en treillis qui permettent aux personnes du dedans de voir sans être aperçues elles-mêmes du dehors. La plupart n’ont qu'un rez-de-chaussée et un premier étage, d’au-. tres sont plus élevées ; presque toutes sont couronnées par une terrasse, soit plate, soit bombée dans sa partie centrale, qui reçoit les eaux pluviales, lesquelles sont ‘ensuite amenées par des conduits dans des citernes maconnées ou creusées dans le roc. Ces terrasses sont elles-mêmes entourées d’une barrière à hauteur d'appui, formée souvent de petits tuyaux en terre cuite juxtaposés, par l’ouverture desquels Pair circule, de toutes parts et par où le regard aussi peut, à loisir, comme par l’orifice d’une grande lorgnette, examiner ce qui se passe dans les environs. Pendant l'été, les habitants y restent le soir de longues heures à jouir de la fraîcheur de l'atmosphère, plongés dans cette espèce de molle indolence contemplative, si chère aux Orientaux.

Les bazars sont presque tous voûtés et peu éclairés, ne recevant le jour d’en haut que par des lucarnes circulaires. Plusieurs remontent jusqu’à l’époque des croisades; quelques-uns même sont, dit-on, plus anciens encore. Le grand marché public, ou souk, se compose de trois galeries parallèles qui, d’après Medjr-Eddin, sont antérieures à l’occupation des Latins. Ces trois galeries, dont les arcatures sont légèrement ogivales,

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