‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 134 sur 179 · JÉRUSALEM A L'ÉPOQUE ACTUELLE · texte numérisé non relu

JÉRUSALEM A L'ÉPOQUE ACTUELLE

L’enceinte qui délimite actuellement la ville de Jérusalem est telle que les croisés l’avaient relevée et réparée, telle que plus tard les musulmans, à difiérentes époques et notamment en 1534 et en 1539, l’ont restaurée. Munie de nombreuses tours et de plusieurs bastions, elle est, en outre, protégée, le long d’une partie de sa face septentrionale, seul côté par où l’on puisse facilement attaquer la place, par un fossé creusé dansle roc qui est aujourd’hui à moitié comblé.La forme de la ville ainsi circonscrite est celle d’un carré irrégulier.Le pourtour entier des murailles, dont la hauteur est d'environ 13 mètres et l’épaisseur de 2, peut être évalué à 3.900 mètres.

Cette enceinte est percée de six portes, qui sont :

Lo Au nord, la porte de Damas, ou de Naplouse, en arabe Bab-ech-Cham, ou Bab-el-Amoud (porte de la Colonne). C’est la plus belle et la mieux construite; elle a remplacé une ancienne porte dont il existe encore une arcade aux trois quarts ensevelie sous le sol. Les matériaux avec lesquels elle a été bâtie, surtout dans la partie inférieure, paraissent antiques. Au Moyen âge, elle s’appelait porte Saint-Etienne.parce qu’elle avoisinait une basilique dédiée à la mémoire de ce saint et érigée par l’impératrice Eudoxie, à une faible distance en avant de cette porte ;

2° Du même côté, mais à l’est, la porte d'Hérode ou

Bab-ez-Zahari des musulmans. Elle a également succédé à une autre ancienne porte, appelée sans doute autrefois comme maintenant porte d'Hérode, parce qu’elle fut établie sur la troisième enceinte, fondée par Hérode Agrippa. Elle est ordinairement fermée ;

3° Vers l’est, la porte appelée par les Arabes Bab- Sitti-Mariam (porte de Madame Marie), parce qu’elle conduit au tombeau de la Sainte Vierge, situé dans la vallée de Josaphat, comme nous l'avons vu plus haut. Aujourd’hui, les chrétiens la désignent sous le nom de porte Saint-Étienne, par suite d’une altération qu’a subie la tradition relativement à l’endroit où ce saint a été lapidé ;

4° Au sud, la porte dite en arabe Bab-el-Morharbeh (porte des Maugrabins, des Africains occidentaux). C'était l’ancienne porte Sterquiline. Située au centre de la vallée du Tyropæon, elle conduit à la piscine de Siloé ;

5° Sur la même face sud, la porte appelée Bab-es-Sahioun (porte de Sion) etaussi Bab-en-Neby-Daoud(porte du prophète David) ouvre sur la partie méridionale du mont Sion qui n’a point été enclavée dans l'enceinte moderne et mène au Cénacle qui, d’après les musulmans, renferme le tombeau du roi David ;

6° À l’ouest, enfin, est la porte de Jaffa, ainsi nommée parce que c'est la porte par laquelle entrent tous les pèlerins qui arrivent de Jaffa. On l’appelle pareïllement Bab-el-Khalil (porte d'Hébron ou de l’Ami de Dieu, c’està dire d'Abraham), parce qu’elle conduit à Bethlhéem et de là à Hébron, où repose le corps de ce patriarche.

Le long de l'enceinte de la mosquée d’Omar, qui,vers l’est et vers le sud, se confond avec la muraille de la ville, on remarque vers l’est la porte Dorée, dont il a été question précédemment, et au sud les portes dites Simple, Double, et Triple, selon qu’elles n’ont qu'une,

deux ou trois baies ; elles sont depuis longtemps toutes les quatre murées.

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