S. ANNA. — SCA. ANNA. — ANNA
M. Clermont-Ganneau a fort bien établi que ces inscriptions sont la marque officielle de la concession faite à l’abbaye de Sainte-Anne, par les rois de Jérusalem, d’un droit sur les revenus de ce marché. Ces inscriptions prouvent en même temps que ces longues galeries voûtées sont au moins contemporaines des croisades, si même elles ne leur sont pas-antérieures. Les petites échoppes qui s’y pressent à droite et à gauche sont suffisamment pourvues des denrées et des étoffes nécessaires à la nourriture et à l’entretien de l’homme. Ailleurs, principalement auprès des couvents ou de la basilique du Saint-Sépulere, on vend des cierges et divers objets de piété. Ce dernier commerce est naturellement très lucratif à l’époque de Pàques, lorsque les pèlerins chrétiens et surtout les Grecs et les Russes affluent par milliers dans la Cité Sainte. La population de la ville a beaucoup augmenté depuis plusieurs années, par suite de l’arrivée incessante de nombreux Juifs qui viennent s’y fixer et qui y ont formé de vastes faubourgs. Elle se monte actuellement, d’après la dernière édition qui a paru en 1887 de l’excellent Guide du frère Liévin, à 43.000 habitants, se décomposant ainsi: 2.000 Latins, 50 Grecs unis, 20 Arméniens non unis, 4.000 Grecs non unis, 510 Arméniens non unis, 100 Cophtes non unis, 75 Éthiopiens non unis, 15 Syriens non unis, 300 protestants, 7.560 musulmans et28.000 Juifs.
Il ne faut pas, du reste, s'attendre à trouver dans Jérusalem une belle et agréable ville, bien bâtie, industrieuse et commerçante. Elle ne brille, en effet, par aucun de ces avantages. Son aspect est triste, son industrie très bornée et son commerce fort peu étendu. C’est la cité des souvenirs et du passé, c’est comme la nécropole du Judaïsme, c’est par-dessus toutle tombeau du Messie, la ville des pleurs et des lamentations, la ville du Golgotha et de l’immolation de l'Homme-Dieu, c’est-à-dire, du plus grand crime que les hommes aient jamais commis; mais comme c’est en même temps la ville de la Résurrection du Sauveur et le berceau de la loi nouvelle qui doit désormais régir l'humanité jusqu’à la fin des temps, le monde chrétien tout entier y a toujours été représenté par toutes les différentes églises particulières qui composent ou plutôt divisent malheureusement la grande Église du Christ.