LES FRÈRES DES ÉCOLES CHRÉTIENNES AV
ruines de la fameuse tour Pséphina et se trouve placée sur le plus haut point de la ville, à l’angle nord-ouest de son enceinte. Aussi domine-t-elle la cité entière. De ses superbes terrasses, le regard embrasse dans un immense horizon, bien au delà de la ville, la pointe septentrionale de la mer Morte, les montagnes d’Anmon et de Moab et une partie de celles de la Judée.
Dans les sous-sols, on remarque avec un vif intérêt les restes gigantesques de la tour que nous venons de mentionner.
Dès le lendemain de la bénédiction de la chapelle,des classes et des appartements, près de cent enfants accoururent chez leurs nouveaux maitres. La population catholique de Jérusalem, qui se compose de 2.000 fidèles, ne peut fournir qu'un nombre restreint d'élèves de six à treize ans; aussi, aux Latins, se sont joints depuis des Grecs et des Arméniens non unis, ainsi que des Turcs. Ceux qui ne connaissent pas l'Orient pourraient croire que ce mélange d'enfants de différentes religions nuit à la propagation du catholicisme et peut empêcher un bien réel et pratique : mais 1l n’en estrien. Une douce et ferme direction maintient tout ce petit peuple dans l'amour de l’ordre et de l’obéissance. Les protestants ont pu créer, avec l’or dont ils disposent, divers internats et autres écoles pour les deux sexes. De nombreux élèves trouvent gratis dans ces établissements le logement, le vivr de vêtements et l’instruction. Les “Frères des École chrétiennes, qui ont à peine le nécessaire et qui n’ont aucun moyen de lutter, sous le point de vue matériel, avec les autres écoles rivales, réunissent néanmoins actuellement 192 enfants, attirés seulement par l'espoir d’une bonne éducation et d’une solide instruction. Ces élèves sont répartis comme il suit : 119 élèves du rite latin ou catholiques; 54 du rite grec non uni; 14 du rite arménien non uni et 6 de la religion musulmane,
Tous ces élèves, divisés en cinq classes, sont externes
et gratuits. Cette gratuité est tellement absolue que, non seulement les enfants n’ont aucun honoraire à donner, mais qu'ils reçoivent ‘gratuitement tous les cffets classiques, et de plus un grand nombre d’entre eux obtiennent des dons en pain et en vêtements. Ce sont les RR. PP. Franciscains qui se chargent charitablement de distribuer aux élèves latins les fournitures classiques et le pain de chaque jour. L'enseignement comprend l'étude des langues arabe, française, italienne etturque, et tout ce que renferme le programme d'une bonne instruction primaire basée sur la religion. L'enseignement du dessin linéaire et académique tient aussi l’un des premiers rangs, à cause du besoin particulier qu'en auront les enfants pour les divers métiers auxquels la plupart se destinent.
Accoutumer les élèves au travail et à l’économie, faire disparaitre parmi eux les habitudes de mendicité qui sont si communes en Palestine et surtout à Jérusalem, donner une instruction suffisante, développer sans cesse les plus pures maximes de la morale et dela religion, sans blesser aucune conscience, tel est le but que poursuivent les frères pour opérer dans la Ville Sainte un bien réel.
A cette école, a été adjoint un petit noviciat, où, pendant trois, quatre et mème cinq années, se forment de jeunes Libanais aux épreuves de la vie religieuse, tout en acquérant, principalement dans la langue arabe, les connaissances et le talent requis pour l’enseignement de cette langue qu'ils seront appelés à professer euxmêmes un jour. Ce petit noviciat, composé de jeunes gens des rites orientaux, surtout de Maronites du Liban, contrée où la foi et les mœurs se sont mieux conservées, a été ouvert le 1% octobre 1885, et a déjà donné quelques espérances. Plusieurs des premiers novices sont actuellement au noviciat de Ramleh, en Égypte, où ils ont pris lhabit religieux. Trente sont à Jérusalem, où ils attendent l’âge voulu pour aller en