‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 45 sur 179 · Sous les princes des prêtres Anne et Caïphe, la · texte numérisé non relu

Sous les princes des prêtres Anne et Caïphe, la

« parole du Seigneur se fit entendre à Jean, fils de Za- « charie, dans le désert,

3 QEt il vint dans la vallée du Jourdain, prèchant le « baptème de la pénitence pour la rémission des péchés.»

Comme lobserve M. l'abbé Mémain (La connaissance des Temps Evangéliques, p. 122), Tibère César ayant succédé à l’emp>reur Auguste, le 19 août de lan 14 de l’ère chrétienne, la quinzième année de sonrègne courtdepuis le 49 août de l’an 28 jusqu'à pareille époque de l’an 29. La prédication de saint Jean-

Baptiste a probablement commencé au milieu de cet intervalle, après la fin de l'hiver, et au mois de Nisan, premier mois de l’année sainte des Juifs. Tous les 1nterprètes s'accordent àreconnaître que cette prédication a précédé le baptème de Notre-Seigneur d'environ six mois. En ajoutant à cet intervalle les trois ans et les quelques mois qui forment la durée de la prédication de Notre-Seigneur lui-même jusqu'à sa dernière Pâque, on arrive à conclure que celle-ci est celle qui tomba le 3 avril de l'an 33 (786 de Rome), quatre ans après l'an 15 de Tibère.

Les divers événements qui ont marquéla vie du Messie, ses prédications, ses bienfaits, ses miracles, sa passion, sa mort, sa résurrection, son ascension glorieuse, sont les différents actes du plus grand drame qui se soit accompli dans le monde et dont Jérusalem a été l’un des principaux théâtres pendant les trois dernières années de la vie mortelle du Sauveur. En combinant ensemble les données-des quatre évangélistes, on arrive, avec des divergences peu importantes, à retrouver et à retracer le canevas de cette existence incomparable qui, jusqu’à la fin des temps, sera l’éternel entretien des générations chrétiennes. Cette h1stoire est dans toutes les mémoires et, depuis notre enfance, les différentes fêtes de l’année en renouvellent sans cesse le souvenir dans nos âmes. Il me paraît donc inutile de la résumer ici, en empruntant aux évangélistes les faits qu'ils rapportent. D’ailleurs, ce travail a été déjà fait plusieurs fois par des écrivains d’une autorité bien supérieure à la mienne, comme interprètes des livres sacrés.

Je transporte donc immédiatement le lecteur sur le Golgotha. Là, le 15 nisan ou 3 avril de l’an 33 de notre ère, vers les trois heures du soir, le Christ expirait en croix. Sa mort avait été arrachée à la faiblesse de Ponce-Pilate par une multitude aveugle et en délire. À ce moment solennel, la terre trembla, le voile du Temple se déchira, et plusieurs morts ressuscitèrent. Ce même jour, à la même heure de none, l’immense multitude des Israélites rassemblés à Jérusalem immolaient les agneaux de la Pâque. Le Temple était inondé du sang des victimes. À la même heure, le sang du véritable et divin Agneau purifiait le monde, mais, en le purifiant, il devait retomber comme une malédiction terrible sur la cité déïcide qui venait de sacrifier son Libérateur.

Le surlendemain, 17 nisan ou 5 avril, le Sauveur, par sa vertu propre, sort du tombeau où l’avaient pieu-

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