‹ Jésuites!Chapitre 13 sur 40 · I. Né à Kaiservertb, près de Dusseldorf, en · texte numérisé non relu

I. Né à Kaiservertb, près de Dusseldorf, en

qu'à partir de sa publication, malgré la crédulité du peuple et l'erreur des tribunaux, la législation absurde et sanguinaire qui régissait l'Europe depuis des siècles, tomba tout-à-coup en désuétude. Peu après (1635), le Père de Spée se trouvait à Trêves lorsque les Impériaux s'emparèrent de la ville , occupée par les Français. Le Jésuite , à force de zèle et de courage, sauva celte grande cité du pillage et arracha les vaincus à la mort. Quatre cents Français prisonniers lui durent la liberté, des vivres, des vêtements et l'autorisation qu'il obtint pour eux de rentrer dans leur patrie. Mais la contagion vint après la guerre, et le Père de Spée ne suivit point ceux qui s'en allaient; il resta pour prodiguer ses soins aux malades et mourut debout, à quarante ans, au champ d'honneur de la charité.

Dès le règne de Henri VIII, Salmeron et Paschase Broët avaient parcouru l'Angleterre et l'Irlande, pour affermir et consoler les catholiques soumis à la plus odieuse persécution. Mais à un péril permanent il fallait opposer un secours durais

ble. Sous le règne sanglant d'Elisabeth, dont les édits rappellent ceux de Néron et de Dioclétien i, une mission de douze Jésuites fut organisée 80us les ordres d'Edmond Campian et de Robert Persons, anciens membres de l'Université d'Oxford. Leur tête était mise h prix, ils le savaient. « Nous avons tant à faire ici, écrivait le Père Persons, que souvent il ne nous reste que deux heures au plus pour prendre un peu de repos. »

Et l'illustre docteur Allen assurait qu'en l'espace d'une année (1581) les Pères avaient gagné plus d'âmes en Angleterre qu'ils n'auraient pu faire ailleurs durant toute leur vie. « On estime, ajoutait-il, qu'il s'y trouve dix mille catholiques de plus que l'an passé. »

Mais pour féconder les travaux des apôtres, il faut du sang. Edmond Campian versa le sien. Plusieurs de ses frères cueillirent après lui la palme du martyre : Jean Cornélius, Robert South-

1. Exemple : Du 15 juillet au 31 août 1580, cinquante mille catholiques furent décréU-s de prise de corps, accusés, incarcérés, punis de la conliscalion, do la déportation , un grand nombre de la peine capitale. ,

well, Henri Walpole i, Thomas Bosgrave, Roger Filcock, Francis Page, Henri et Thomas Garnett, Thomas Holland, Rodolphe Gorby, Henri Mors, Richard Bradley, Cansfied, Cuthbert Prescott, Edmond Névil... Les martyrs étaient suspendus à la potence, puis détachés vivants, pour être écartelés après avoir eu les entrailles arrachées. Ibant gaudentes ^, comme devait dire trois cents ans plus tard, en 1870, un des compagnons du bien-aimé Pierre Olivaint, en marchant au supplice. Leur cantique fit silence seulement quand leur cœur cessa de battre.

C'est de leurs bourreaux que Voltaire a écrit : « L'absurdité de ces fanatiques se joignait à la fureur; ils étaient à la fois les plus fous des hommes et les plus redoutables. » Nous citons ici avec une véritable joie ce vaste esprit à qui Dieu avait tout prodigué, sauf l'inestimable bienfait de la foi. Il a porté contre la Compagnie de

1. Il avait trois frères et un cousin dans la Compagnie da Jésus.

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