AR J E S U I T E S I
de Paul III, Calvin mit au jour son Institution chrétienne et fonda ainsi la secte d'oîi les huguenots allaient sortir ^, c'est-à-dire la guerre civile et, pire calamité, la guerre religieuse, plus quant civilia bella. Le feu couvait laissant échapper déjà la menace de ses étincelles à travers la fumée. Encore quelques années et la conjuration d'Amboise 2 allait trahir les fanatiques aspirations des soi-disant « Réformés ».
Dans ces périlleuses conjonctures, le rôle de la naissante Compagnie ne pouvait être douteux : elle accomplit précisément le devoir pour lequel son fondateur l'avait créée : elle se donna à la cause catholique qui seule était alors la cause nationale. A la sollicitation du cardinal de Lorraine et de plusieurs autres sages et savants prélats, Henri II avait, dès 1550, octroyé des lettres patentes à la Compagnie de Jésus, Mais les ennemis déclarés "ou secrets de la foi catholique redoutaient trop ces nouveaux v<^hus, pour ne pas
s'opposer de toutes leurs forces et par tous moyens à leur établissement en France. Les huguenots et les politiques firent si bien, que le Parlement dont les haineuses préventions, nées en même temps que l'Ordre, ne devaient jamais se démentir, refusa d'enregistrer les lettres royales.
Deux ans après, nouvel édit ordonnant aux magistrats de passer outre ; nouvelles oppositions favorisées par la mort du roi. François II réitère par trois fois ses injonctions i. Charles IX revient à la charge, sans plus de succès 2, tant l'esprit de rébellion et la répugnance pour tout ce qui se montrait franchement catholique, avaient déjà infesté la haute magistrature.
Enfin, le 15 septembre 1561, le Colloque de Poissy, auquel le Parlement, par un autre subterfuge, avait renvoyé la cause, reçut solcnnelle-
1. Lettres patentes du 12 février, 25 avril et 9 octobre t560.