‹ Jésus-ChristChapitre 121 sur 158 · Concil. Ephes., Lal)be, t. III, p · texte numérisé non relu

Concil. Ephes., Lal)be, t. III, p

que nous pouvons avoir avec Lui : par conséquent dans son Incarnation si elle est véritable; et les objections qu'une raison faible fait à ce mystère sont précisément les motifs qui déterminent une raison supérieure à l'embrasser.

« Le Christ n'est donc pas Dieu pour vous, dit saint « Hilaire, parce que, éternel il naît, immuable il croît, « impassible il souffre, vivant il meurt, et mort il vit, c( et qu'en toutes choses il confond la nature*? Mais, je « vous prie de me le dire, qu'est-ce autre chose tout cela « que d'être Tout-Puissant, c'est-à-dire Dieu^?... »

« Ne me demandez donc plus, dit saint Jean Chrysos- (( tome, comment tout cela s'est fait ou a pu se faire. (( Où Dieu veut, l'ordre naturel plie : tout se range à sa « volonté. H a voulu, il a pu, il est descendu, il a sauvé î

»Voluitf potuit^ descendit, salvavit^ ! » î. De Trinitate. — 2.De Divina Generatione, L'iionneur immense que Dieu a fait à l'humanité étant ainsi justifié, il faudrait montrer encore ici avec quelle harmonieuse économie il a été départi,. dans celte humanité mûme, aux deux sexes. A leur commune honte, le Mal n'avait que trop artificieusement partagé les rôles entre eux dans la Chute : les rôles devaient être également partagés à leur honneur dans la Réparation. Dans la Chute, l'homme, comme chef, avait eu la responsabilité; mais la femme avait eu Tiniliative. De h\ cette malédiction héréditaire de Thomme contre la femme, à laquelle il imputait tout le mal dont il subissait les suites pour avoir cédé à sa séduction. C'est ce qu'exprimait la théogonie antique, en donnant à Pandore, par la plume d'Hésiode, le nom de BeaU'Mal. Dans la Réparation, par l'union de Dieu avec la nature humaine, il convenait donc que cette union s'opérât de telle sorte que Dieu honorât les deux sexes pour ne pas les désunir par un sort trop différent, qui ferait croire que l'un d'eux serait de moindre prix que l'aulro. C'est pourquoi, en prenant dans son Incarnation l'un de ces sexes, le Fils de Dieu a voulu le prendre de l'autre, pour les consacrer i tous les deux, et changer la malédiction en bénédiction dans la pro- I portion où elle avait été encourue. Il [prend le sexe de l'homme, en

qui, comme dans son auteur, la race humaine était tombée. Mais il le prend de la femme, par qui l'homme lui-même avait été induit au mal. Et pour que cet honneur fût propre à la femme, c'est de la femme seule, de la femme Vierge qu'il le prend. De telle sorte que si l'homme est élevé dans le Christ, par l'union hypostatique, à la gloire incomparable de Fils de Dieu, la femme est portée dans Marie à la prérogative éblouissante de Mère de Dieu. Et, chose admirable 1 comme la femme, dans Eve, avait eu l'initiative du premier consentement au mal qui a entraîné la chute; la femme, dans Marie, a eu aussi l'initiative du consentement au mystère de notre salut. Des deux paris c'est un fiât de sa bouche qui a défait et refait les destinées de l'humanité: \ejiat de la révolte et de la concupiscence ; le/af de l'humilité elde la virginité. Et ce grand ^af de Marie n'a pas été pour elle seule, mais pour toute la nature humaine, qui, par l'absence d'une personne humaine dans le Christ, n'a pu contracter son union avec lui que -par ce consentement de la Vierge, qui a été ainsi comme la plénipotentiaire de l'universel salut. « Il en a élé ainsi, dit l'Ange de l'École, pour montrer que c'est « un mariage spirituel que le Fils de Dieu a voulu contracter avec tt l'humanité. A cet effet, par l'Annonciation a été sollicité le con- « seulement de la Vierge, au lieu et place de toute la nature hu-

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