‹ Jésus-ChristChapitre 142 sur 158 · Eglocjuc à Poîliott, •— 2. Daniel, IX · texte numérisé non relu

Eglocjuc à Poîliott, •— 2. Daniel, IX

« que la terre s'ouvre et germe son Sauveur, et que la « Justice ensemble se lève^f » — « Il rendra justice aux « nations, il exercera son Jugement sur la terre ^, » etc., etc. Il faudrait épuiser tous les Prophètes pour cesser de voir dans le Sauveur annoncé la Justice même faisant retour ici-bas.

Le Christ, en effet, de quelque façon qu'on considère la Justice, soit comme satisfaction, soit comme règle, soit comme jugement, en est l'éclatante personnification.

Il a comblé d'abord la Justice éternelle en rachetant le monde d'un prix égal à ce qu'elle réclamait. Il a justifié le monde du bien, le Christianisme, et c'est sur Lui que se forment les parfaits Justes, les Saints. Il a jugé le monde du mal, le Paganisme, et l'a fait disparaître de la terre, qu'il possédait exclusivement. Il a fait justice à tous ceux qui étaient les opprimés et les victimes de celte odieuse puissance : aux pauvres, aux malheureux, aux esclaves, à l'étranger, à la femme, à l'enfant, aux sujets, aux souverains, à Lui-même, Dieu. Il a posé dans son Évangile la Justice môme en tout comme dans sa règle et dans sa balance, où tous les devoirs sont mesurés et pondérés, qui est comme le talon de la Justice parfaite auquel toute justice doit se rapporter, le Code universel du genre humain, sur lequel tous seront jugés. Enfin, au lieu qu'auparavant la Justice essentielle n'était nulle part, nulle part n'avait d'interprète, et que son nom était le jouet de la force ou le masque de l'iniquité, la Justice s'est bâti une forteresse, s'est érigé à elle-même un siège, l'Église, le Saint-Siége, où elle se communique, où elle se défend, où elle justifie, où elle condamne, où

1, Isaïe, XLV, 8. — 2. /(/., XLII, I, .3.

elle rend ses oracles et lance ses foudres ; où elle se maintient infaillible, souveraine, universelle, éternelle, sans autre force que Jésus-Ghrist en elle, tenant en échec toute injustice de ce monde, et ne lui permettant jamais de prévaloir.

Jéscs-Christ est donc la Justice même sur la terre.

Que s'il est la Justice même, et si cette Justice convertie en jugement doit faire le Verdict final qui fixera les éternels destins, cet attribut appartient donc personnellement à Jésus-Christ. Jésus-Ghrist même sera juge de ce qu'on aura fait ou de ce qu'on n'aura pas fait par rapport à Jésus-Ghrist. La Règle fera le Jugement.

Gette grande vérité trouve sa confirmation dans deux autres titres de Jésus-Ghrist : le titre de Seigneur et le titre de Sauveur.

Gomme nous l'avons déjà vu, le monde est pour Jésus- Christ immédiatement, et en lui pour Dieu : récapitulant en soi toutes choses dans son humanité, et par l'union de celle-ci à sa Divinité, les rendant infiniment dignes de leur Auteur. Il est l'héritier apaganiste de la Création, le Seigneur des hommes : et comme il en est le Seigneur, il doit en être le Justicier.

A un autre titre, Jésus-Ghrist est pour le monde : h titre de Sauveur; et par là, le monde relève plus étroitement encore de Lui. Car, par le rachat qu'il en a fait, il a été subrogé à tous les droits de son Père sur le monde. Il nous a acquis en payant pour nous. Sans doute il nous a acquis pour nous sauver. Mais non au détriment de toute justice. Il a satisfait cette Justice dont nous étions les débiteurs insolvables, et nous a ouvert, par sa grâce, un accès qui nous était à jamais fermé au-

près de Dieu. Dès lors, au lieu de venir avant, la Justice ne vient qu'après la Grâce, laquelle a le pas. Mais elle n'a le pas que si nous le lui laissons prendre et si nous le lui gardons nous-mêmes dans notre âme.

Un nouveau compte, disions-nous, nous est ouvert, compte de Grâce infini, puisqu'il solde une Justice infinie; mais qui, étant ouvert à des natures toujours libres d'en accepter ou d'en répudier le bienfait, ne peut leur profiter que si elles se l'appliquent, et les en constituent comptables si elles le répudient ou le dissipent. La Grâce elle-même, en ce sens, loin d'être opposée à la Justice, en est le moyen. Elle a pour objet de nous justifier par notre correspondance à sa loi : ce que nous n'aurions jamais pu par nous-mêmes. Elle est la Justice môme facilitée comme observation^ laquelle manquant, la laisse prévaloir comme Jugement et l'aggrave même de notre infidélité à la Grâce. De sorte que c'est à raison même de sa qualité de Sauveur que Jésus-Christ redevient Juge. Admirable enchaînement rationnel de tous les dogmes de notre foi !

C'est donc le Christ seul qui, au triple titre de Justice incarnée, de Seigneur et de Sauveur du genre humain, nous est partout montré et s'annonce lui-même comme Juge final des vivants et des morts, c'est-à-dire des justes et des réprouvés.

C'est Dieu, sans doute, le seul et unique Dieu en trois personnes, indivisible dans toutes ses opérations, qui jugera l'univers. Mais, cette indivision réservée, si on en vient à la distinction dans cette indivision môme, c'est le Fils seul qui apparaît. Lui seul a Juridiction. Nous sommes de son ressort.

Et c'est tellement comme Justice incarnée, comme

Seigneur et Sauveur des hommes qu'il les jugera, que ce n'est pas en sa qualité de Fils de Dieu, mais de Fils DE l'Homme.

Le dogme en est formel et exprès : « Le Père ne juge « personne, mais il a remis tout jugement au Fils, Et « il lui a donné la puissance de juger, parce qd'// est le « Fils de VHomme^. Il a fixé le jour où il jugera le « monde dans sa justice, par V Homme qu'il a consti- « tué '\ Et il nous a commandé d'annoncer aux peuples « que c'est Celui-là que Dieu a constitué Juge des vi- « vants et des morts % » etc., etc. Nulle équivoque à cet égard.

Et admirez comme, conformément à ce que nous disions, c'est le Christ, Justice, qui sera converti en Juge et Jugement. Comme Justice, il a posé les préceptes, donné l'exemple, accordé la grâce sur la terre dans son Évangile, qui se résume dans la charité envers Dieu dans les hommes. Et comme Juge et Jugement, que fera-t-il autre chose que de demander compte de ce même Évangile, que de nous ramener de Lui-même à Lui-même? Et pour que nous n'en doutions pas, c'est dans son Évangile même qu'il se promulgue ainsi, et que le Sauveur apparaît Juge : — « Quand le Fils de l'homme viendra « dans sa gloire, avec tous ses saints Anges, alors il se « siéra sur le trône de sa Majesté, et, toutes les nations « assemblées devant Lui, il séparera les uns d'avec les « autres, comme le berger sépare les brebis d'avec les « boucs. Et il mettra les brebis à sa droite et les boucs « à sa gauche. Alors dira le Roi à ceux qui seront à sa « droite : Venez, les bénis de mon Père, possédez le

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