‹ Jésus-ChristChapitre 141 sur 158 · Ecclésiastique, II, 3.— 2. Ps. XCIII · texte numérisé non relu

Ecclésiastique, II, 3.— 2. Ps. XCIII

les tenir, sans se convertir et se concréfier finalement en jugement, non-seulement ne serait pas une justice, mais serait une tromperie et une criante injustice, dont la supposition hurle avec la conscience et le bon sens. — Et c'est là la preuve irréfragable de l'immortalité de l'âme humaine et de sa responsabilité par delà le temps.

A un Jugement doit donc nécessairement se ramener cette Justice qui ne serait pas le fondement de tout Tordre moral si ce jugement n'en était pas la fin.

Maintenant ce Jugement veut un Juge.

Quel est-il?

Dieu, sans doute.

Mais comment?

Je réponds : Dieu dans l'humanité qu'il a prise pour la sauver, — Jésus-Christ.

Et cela à trois titres : comme Justice incarnée^ comme Seigneur^ comme Sauveur du genre humain.

Ce Juge d'abord ne peut mieux se concevoir, selon que nous l'avons^lit, que comme la Justice même convertie en jugement.

J'ajoute que ce doit être la même justice que nous aurons observée ou que nous aurons violée, puisque nous serons jugés sur son observance ou sa violation, et par conséquent que nous aurons connue, et à qui nous serons redevables de toutes les lumières et de toutes les grâces dont nous aurons été assistés.

Or c'est là Jésus-Corist, Lumière de justice éclairant tout homme venant en ce monde, venu lui-même en ce monde pour solder de ses mérites infinis la Justice éternelle dont nous étions les condamnés à jamais, et nous ouvrir un nouveau compte de préceptes, d'exemples et

de grâces, qui nous permît de regagner ce que nous avions perdu.

Jésus-Christ est la Justice incarnée, devenue par là notre Justice; divine, sans doute, par son principe; mais humaine par son sujet : divino-humaine^ comme il convenait au rapport de l'âme avec Dieu.

La Justice, disions-nous, cette vierge Astrée, qui, selon les traditions anciennes, fleurissait dans ce monde sous le règne de Saturne ou l'Age d'or, correspondant cxactementau Paradis terrestre de la Genèse, avait quitté la terre devant le crime de Prométhée ou d'Adam. Mais il était également de tradition universelle qu'elle devait y revenir; et cette attente, chose remarquable, allait grandissant avec les crimes des humains. C'est au plus fort de ces crimes, faisant gémir et tonner la lyre même d'Horace, que celle de Virgile, s'inspirant de cette suprême espérance, chantait comme immédiat le retour de son divin objet.

Jam redit et Virgo, redeunt Saturnia régna *.

A ce même moment paraissait Jésus-Curist.

Et Jésus-Christ, comment s'était-il fait annoncer par ses Prophètes ?

Unanimement comme la Justice même.

« Dieu a fixé le temps à soixante et dix semaines, disait « Daniel, afin que les prévarications soient abolies ; que le « péché trouve sa fin ; que l'iniquité soit effacée, et que la « Justice éternelle soit ramenée sur la terre ^ — Cieux, « envoyez votre rosée, et que les nues distillent le Juste ;

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