‹ Jésus-ChristChapitre 16 sur 158 · APPEL DE DIEU PAR L'HUMANITÉ · texte numérisé non relu

APPEL DE DIEU PAR L'HUMANITÉ

bornes, en mélangeant les biens et les maux, tu maintiens l'harmonie de l'ensemble ; de tant de parties diverses, tu formes un seul tout, soumis à un ordre constant, que les infortunés et coupables humains troublent par leurs désirs aveugles. Ils détournentleurs regards et leurs pensées de la loi de Dieu, loi universelle qui rend heureux et conforme à la raison la vie de ceux qui lui obéissent. Mais, se précipitant au gré de leurs passions dans des routes opposées, les uns courent à la popularité, les autres à la richesse, ou à de vils plaisirs qui en les séduisant les trompent. Auteur de tous les biens, Père des hommes, délivre-les de cette triste ignorance ; dissipe les ténèbres de leur âme, fais-leur coîinaître la Sagesse éternelle par qui tu gouvernes le monde, afin que nous f honorions, et que sans cesse nous chantions tes œuvres comme il convient à des mortels ! »

C'est le cri universel de la nature humaine : délivremoiy — dissipe mes ténèbres, — fais-moi connaître la Sagesse éternelle par qui tu gouvernes le monde, — apprendsmoi la manière de f honorer comme il convient.

C'est ainsi que l'humanité, éprise et comme enivrée de ridéal divin, bien qu'il fût obscurci en elle par cette déchéance dont elle a gardé partout la sinistre mémoire et dont elle subit le funeste penchant, a toujours été tourmentée du besoin de le voir et de se l'incarner. Elle ne s'est pas contentée de la poésie et de la philosophie ; elle s'en est toujours fait un concept religieux. Elle a toujours cru que Dieu lui-môme, satisfaisant la soif innée qu'il nous a donnée de lui, ne se bornerait pas aux abstractions intellectuelles par lesquelles il nous échappe autant qu'il nous attire au dedans, ni aux phénomènes muets par lesquels la création sensible le voile

autant qu'elle l'exprime au dehors ; mais que se mettant dans un rapport visible et personnel avec notre nature en la revêtant^ il s'en ferait le type vivant sur la terre.

Elle a été, en outre, soutenue et autorisée dans ce désir et dans cet espoir par le souvenir et la tradition d'une promesse, par la conviction universelle d'une intervention céleste réparatrice du mal humain. En constatant que le dogme de la prévarication originelle, que le fait de la culpabilité ab ovo et de l'inclination au mal de notre espèce, ont pour eux l'assentiment universel du genre humain, Proudhon aurait pu ajouter qu'à ce dogme et à ce fait ont été annexés, dans une même universalité, le dogme de V espérance, le fait de l'attente d'une libération religieuse, d'une rédemption céleste, par la substitution et le sacrifice d'une victime innocente et volontaire, capable de l'opérer.

Cette vérité, établie ailleurs sur mille témoignages, et que toutes les découvertes modernes de l'histoire et de la science ont mise en pleine lumière, est entrée dans le domaine de l'indiscutabilité et n'a besoin que d'être énoncée. Dans un instant nous en relèverons le caractère historiquement surnaturel.

De là, et des autres raisons précédemment exposées, toutes les religions de la terre, qui ont été des essais grossiers de la manifestation attendue de l'Être divin ; qui, par leurs aberrations mêmes, ont témoigné et accru le besoin de cette manifestation véritable, et en ont fait ressortir l'événement incomparable et définitif dans le Christianisme.

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