‹ Jésus-ChristChapitre 2 sur 158 · II AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

II AVANT-PROPOS

humain. C'est que, disait-il dans son traité De lanature des dieux^ « il s'agit entre nous d'une question qui intéc( resse non-seulement nos autels, mais nos foyers ; nonce seulement les temples des dieux et tout ce qui leur est « consacré, mais les murs mêmes de Rome : ces murs « qui la défendent moins par leur enceinte que nos (( pontifes par la Religion. — Pour moi, ajoutait-il, ce tant qu'il me sera donné de respirer, c'est une cause « que je croirai ne pouvoir abandonner sans crime*. » Langage d'autant plus fort, que la religion païenne n'y répondait pas, et que, plutôt que de se passer de la vérité en telle matière, « attestant les dieux de la Pa- « trie que son plus vif désir était de la découvrir^, )) il allait aussi loin qu'il pouvait au-devant d'elle par la vraisemblance philosophique, la Vérité même, disaitil, ne pouvant être que l'affaire d'un Dieu : Quœ verisimillima magna quœstio est, quœverasit Deus aliqiiis videbit^.

Ainsi réduits à eux-mêmes, ses nobles efforts devaient être vains. Il ne sauva Rome des torches de Catihna que pour lui ouvrir l'ère dégradante des Césars. Il ne dégagea les grandes inspirations de la Loi et du Droit du vieux formalisme romain, que pour les voir s'envoler, comme le souffle même de Rome, vers cette Loi-Principe qu'il pressentait devoir en être le foyer divin pour le monde entier, sans distinction de races

1. De Natur. P., in fine. — 2. Académiques, I, liv» 11.— 3. Tusciilanes^ liv. I, § 2. •

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