AVANT-PROPOS. III
ni do temps ^ 11 ne tira les éternelles croyances de l'âme hmiiaine du culte vermoulu des faux dieux, que pour les entendre réclamer aussitôt, par sa propre bouche, un Dogme certain^ en attendant lequel (suivant en cela le conseil que Socrate donnait déjà à Alcibiade), lui-même", disait-il encore, éXoiipour le sursis"^.
Il témoignait ainsi pour un Autre j et le sursis ne fut pas long.
A ce moment-là même, en effet, paraissait dans le monde Celui que toute la terre attendait comme devant être son salut — Jésus-Christ — Raison de Dieu faite homme, éclairant déjà tout homme venant en ce monde d'une lumière que les ténèbres ne comprenaient plus, et venant dissiper celles-ci des clartés plus vives et plus larges de son Évangile.
Tout changea. Une nouvelle humanité jaillit de cette création, contre laquelle le vieux monde ne se débattit, que pour en mieux faire éclater la puissance.
Depuis lors, vingt siècles ont roulé; et après des prodiges de vertus célestes et des progrès continus de raison pubhque, qui, malgré la liberté du mal laissée à notre nature pour qu'elle ait toujours le mérite du bien, l'ont menée des bas-fonds du paganisme et de la barbarie aux lumineux sommets de la civilisation, elle a i té prise à cette hauteur d'un vertige pareil à celui qui la fit tomber la première fois, et pour avoir voulu se