IV AVANT-PROPOS
déifier, la voilà dans la dégradation d'où elle avait été tirée. On nous dirait revenus au siècle des Catilina et des Césars.
Nous en différons, cependant, par une ressource qui fait disparaître aussitôt ce funeste rapprochement, si nous y recourons, ou qui nous plonge plus bas encore de toute sa hauteur si nous y sommes infidèles.
Le même Évangile qui a ré enfanté le monde, bien différent des rehgions anciennes qui avaient suivi la corruption de l'humanité et avaient même fini par la précipiter, a gardé sa sainteté native : tel, absolument tel qu'au premier jour où il se leva sur la nuit antique. La Vérité et la Yie sont au miUeu de nous, se défendant et nous défendant contre nous-mêmes : Le Christ, resté vivant dans cette grande Église, dont on peut justement dire aujourd'hui, après dix-neuf cents ans de combats, dont le plus acharné, ce semble, se hvre contre elle en ce temps, ce que Sénèque disait si emphatiquement de l'âme de Caton, qui fléchit comme lui dans le suicide : biter omnes^publicas ruinas s tans recta.
Dans cette suprême situation, non moins alarmé du mal pubUc, mais plus assuré du remède que ne l'était Cicéron, je reprends cette grande cause de l'intérêt divin — plus que jamais humain — que, tant qu'il me sera donné de respirer, je croirai comme lui, mais à bien plus juste sujet que lui, ne pouvoir abandonner sans crime. Car elle a sur nous le double empire de la