‹ Jésus-ChristChapitre 71 sur 158 · I . Le. rolitiqur ou de ta Roymtté · texte numérisé non relu

I . Le. rolitiqur ou de ta Roymtté

Qui ne reconnaît dans ces débris de la tradition primitive riiistoire de la félicité première, de la chute, de Fégarement, puis de la Rédemption du genre humain : toute la suite de la Religion, à l'état de rêve, telle que la vérité nous en apparaît de ce lieu d'observation où Dieu s'était retiré, la Nation Sainte, d'où il devait revenir s'asseoir au gouvernail^ réparer ce qui avait été détruit, ordonner le monde, lui imprimer une direction infaillible par le magistère de son Eglise, et l'affranchir de la mort?

Ainsi, tout nous révèle le Plan historique de la Religion, tout lui rend témoignage: le Monde Païen, le Monde Juif, le Monde Chrétien ; la gravitation de ces trois Mondes, autour du centre unique de ce plan, Jésus- Christ : Jésus-Christ qui, par son attente ou son avènement, par son retard ou sa venue, par l'abandon de l'humanité à elle-même ou par son relèvement, en fait tous les états et en régit toute l'histoire; préservant le Juif, d'où il devait sortir, de tous les égarements de la Gentilité ; tirant celle-ci des régions de l'ombre de la mort par une action préfixe et cependant soudaine ; rejetant du môme coup la Nation comblée jusque là do ses dons pour en avoir abusé jusqu'au Déicide ; appelant le Barbare à sa foi, en même temps qu'il y convertit le Païen, et qu'il n'y admet que le petit nombre de Juifs fidèles : broyant tous ces éléments sous les coups de sa justice pour les régénérer par ceux de sa grâce, et en composer le Monde Moderne qu'il ne cesse de régir depuis deux mille ans, à travers toutes les révoltes du mal conjurées contre sa vérité infaillible et sa sainteté incorruptible : et tout cela en exécution littérale de ce qu'il avait décrété et annoncé depuis quatre mille ans, et par une suite de la même foi au Messie, au Libéra-

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leur, au Christ attendu ou venu, et toujours cm depuis l'origine du monde.

Ce monde offre le triste spectacle de bien des désordres : désordres qui tiennent à la liberté humaine, ressort du mérite ei\ du démérite, comme le flux et le reflux de l'Océan, théâtre des tempêtes. Mars dans ces tempêtes humaines auxquelles il n'est rien qui ne paye tribut, il n'y a jamais submersion de ce seul Vaisseau qui porte le Christ, l'Église, qui ressort de tous ces désordres^ qui les fait ressortir en les accusant, sans qu'ils puissent jamais passer pour ordre ^ et qui va toujours recueillant à son bord pour l'Éternité les Élus de Dieu, dont les maux de ce monde sont l'épreuve, et pour lesquels ont lieu toutes les agitations d'ici-bas.

Mettons enfin le sceau à cette première partie de notre discours sur la science historique de Jésus-Christ, par un dernier témoignage qui nous servira de transition à sa science doctrinale : celui de l'impiété des derniers temps.

Après avoir simulé longtemps la vérité et la science, grâce à ce qu'elle retenait encore de vérité et de science chrétiennes mêlées à son erreur, elle en est venue, d'aveux forcés en aveux forcés, en même temps que de négation en négation, à se jeter hors de tous les procédés de la raison, et à se barricader dans l'absurde.

Elle avoue tout, elle concède tout : l'authenticité des Livres Saints, les Prophéties, les Miracles, Jésus-Christ, Dieu. Elle va jusqu'à cette formule : entre Lui et Dieu

ON NE distinguera PLUS.

Puis ollc reprend loutpar ini nuuv(*au procédé ((ui ca-

ractérise son désespoir. Ce procédé consiste à prétendre que, quelque prouvé, quelque vrai que tout cela soit, il faut le rejeter en somme. Et pourquoi ? Parce que tout cela implique le surnaturel, lequel n'est pas.

Que si, au nom de cet esprit d'examen et de discussion dont l'abus a fait jusqu'ici sa fortune, vous la pressez de vous dire comment ce qui est prouvé n'est pas, elle tentera d'abord de se jeter dans des explications qui font rougir le bon sens ; puis, le sentant elle-même, elle va se retrancher, en fin de compte, dans la négation dogmatique du surnaturel. Elle qui, à toutes les preuves de notre foi, n'a si longtemps opposé autre chose que ce caractère de foi, comme incompatible avec la liberté de la raison humaine , elle prétend s'ériger elle-même en dogme et s'imposer à ce seul titre. Elle transforme en foi sa négation de la, foi : avec ce singulier parti, de ne prendre du procédé que le bénéfice, en s' affranchissant de toutes ses conditions, de nier simplement, sans preuve et contre toute preuve, et d'attacher à sa négation une autorité que le Dieu de l'Évangile et son Église repoussent pour leurs affirmations, et condamnent en ceux qui la leur prêtent, comme injurieuse pour la raison. Pour autoriser la foi qu'elle nous propose» en effet, la Religion se fait précéder de mille témoignages par lesquels elle se fait recevoir d'abord de la raison. Elle fait ses preuves devant celle-ci, et quelles preuves î quatre mille ans de prophéties, des miracles universels, une doctrine sublime, une morale sainte, le prodige éclatant d'une Institution qui se maintient sans force humaine et contre toutes les forces humaines, depuis deux mille ans, et remonte de là à l'origine du monde, etc., etc. L'impiété

du jour, semblable au serpent de la fable, ne pouvant mordre à tout cela, l'avale dans la seule négation du surnaturel, et cette négation doit se suffire à elle-même ! Tant Leibnitz avait raison de dire : « Llncrédulité « est une espèce de foi pour les impies. » Ajoutons, de foi tellement bumiliante pour la raison, qu'elle n'est qu'un monstre de crédulité, justifiant encore une fois le mot de Pascal : « Incrédules, les plus crô- « dules ! »

Et voyez où elle s'engage. Elle a recours à ce procédé de la négation du surnaturel pour se débarrasser de Jésus-Christ et de l'Évangile. Mais l'Évangile, avec tous ses miracles, depuis la naissance virginale jusqu'à la résurrection de Jésus-Christ, n'est pas plus surnaturel que le monde entier antérieur et postérieur à l'Évangile. Il l'est même moins, en ce sens que le surnaturel évangélique rend seul raison du surnaturel historique. Supprimez l'Évangile, et vous n'en serez pas moins, et vous n'en serez que plus aux prises avec Jésus-Christ attendu du monde entier ou adoré du monde entier. C'est cela qui est surnaturel ; qui, plus on le considère, plus on le creuse, déborde, surmonte, submerge toute incroyance. L'humanité historique Hotte dans le surnaturel, qui en définitive est Dieu, raison de tout. L'Évangile est la seule barque qui la porte et qui la sauve de tous les mythes, de toutes les fables, de toutes les absurdes et immondes superstitions d'où il Ta tirée. C'est le surnaturel rectifié. Vouloir sortir de l'Évangile de Jésus-Christ et de son Église pour échapper au surnaturel, c'est s'y plonger : avec cette différence, que dans l'Évangile on y est avec Il vérité, avec la raison, avec la sainteté, avec l'amour <'l l'espérance; et qu'en dehors de l'Évangile on y est

avec l'erreur, avec la stupidité, avec rimmoralité, avec la rage et le désespoir.

Mais ce n'est pas encore là le bout du chemin où s'est engagée l'impiété. Contrepreuve de la vérité chrétienne, elle devait y mettre de sa propre main le dernier sceau : celui de la Raison.

La Raison a été, au début, la toute-puissance qu'on a opposée à la Foi, le souverain tribunal devant lequel on l'a fait comparaître, l'arme impitoyable qu'on a levée bien haut contre elle. Le combat a été long, plus d'un siècle. Or qu'est-il arrivé? Où en est-on venu? A un résultat des plus simples, mais des plus cruellement décisifs contre l'impiété.

Les preuves de la Religion sont telles, elles ont été tellement mises en lumière par leur discussion, qu'après leur avoir si longtemps opposé la raison, ses ennemis n'ont plus, eux, d'autre parti que de nier la Raison même; parce que, dans ce grand débat, elle s'est prononcée contre eux.

C'est à cette belle doctrine, que de négations en négations ils en sont tous. Nier philosophiquement la Raison commune, cette Évidence à la lumière de laquelle se vident tous les différends et se terminent toutes les discussions. N'admettre que la raison privée de chacun, égale en droit à la raison privée d'un autre, sans appel possible à la Raison générale, laquelle n'est pas; et n'est pas parce qu'elle profite à la Foi; parce que, comme celle-ci et avec celle-ci, elle a le tort d'être une Autorité qui gêne la liberté sans règle et sans frein de la pensée, et qu'il est plus simple de nier la Raison pour avoir raison de la Foi, de souffler la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde pour ne pas

reconnaître cette même lumière venue en ce monde : tant elle émane en ces deux rayons du môme foyer.

C'est là le caput mortuum de la libre pensée. C'est par ce trou à la Raison que ces révoltés en déroute se dérobent à la Foi, lui abandonnant la Raison même.

0 Vérité de Dieu, que tu es prouvée et que tu es vengée I

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