iii, IX, 5. — 2. Jean, XI
cieuse de Dieu, qu'elle ne pût lui en disputer la gloire. En ce sens on peut dire que le développement même de la maladie entrait dans son traitement.
Notre siècle serait d'autant moins en droit de s'élever contre cette explication, qu'il en est lui-même la justification la plus manifeste. Après cette grande expérience du genre humain tombé et ne pouvant qu'aller d'erreur en erreur, de corruption en corruption, de chute en chute, jusqu'à ce point extrême de décomposition et de mort imminente d'où l'intervention éclatante de Jésus-Christ est venue le retirer ; après l'expérience de cette rénovation delà nature humaine, de cette extraction du monde moderne de la barbarie, de cette ascension progressive qui l'a porté au faite de la civilisation sous la loi de Jésus - Christ, ce monde, aujourd'hui, dans l'infatuation de cette civilisation même, toute chrétienne, n'en est-il pas venu à la disputer à Jésus-Christ, à Dieu, à prétendre ne la devoir qu'à lui-même, et à rejeter Jésus- Christ, à rejeter Dieu comme l'ennemi de son progrès et l'usurpateur de sa gloire...? Quelle justification plus éclatante du procédé de Dieu dans sa Religion qu'une aussi odieuse ingratitude, qu'une aussi monstrueuse folie, et que l'abîme de dégradation où elles nous font retomber ! Jusqu'où n'irait donc pas la superbe humaine et à quelle profondeur de mort ne descendrait-elle pas, si elle n'avait pour contrepoids cette double expérience du genre humain tombé et relevé sur un plan si considérable ?
Il faut rendre justice au monde païen des derniers temps, il avait fini par avoir le sentiment de sa misère et de la nécessité du secours divin. Ce sentiment nous reviendra, je l'espère, mais à quel prix? Heureusement
que ce secours est au milieu de nous^ et que le môme Christ qui a sauvé le monde ne Ta pas quitté !
Telles sont quelques-unes des explications du Plan historique de la Religion qu'il nous est donné d'entrevoir.
Elles sont superflues, et il serait mal séant d'en faire dépendre notre croyance : d'abord, parce que, en principe, les desseins de Dieu se soutiennent par eux-mêmes, et que notre confiance n'a droit qu'à leur manifestation. Ensuite, parce que, en fait, la manifestation de celui-ci est éclatante.
Elle a percé môme les ténèbres du paganisme. « A la première époque (dit Platon diaprés les anciennes traditions]^ où tout naissait de soi-même pour les hommes (suit une description de l'Age d'or), Dieu lui-môme, placé à la tête de l'humanité, la conduisait. Quand cette première époque fut accomplie, et que, Ghronos ayant été détrôné par Jupiter, les hommes furent délaissés de Dieu qui était leur maître et leur pasteur (suit une description de ITige de fer), alors Celui qui régit cet univers l'abandonna à sa liberté et se retira comme dans un lieu d'observation. Mais le monde, obéissant à un penchant mauvais, se dévoya de plus en plus jusqu'à courir le risque d'une entière destruction. Alors Celui qui l'a formé, le voyant en cette extrémité, et ne voulant pas qu'assailli et dissous par le désordre il s'abîmât dans l'espace infini de la dissemblance y Dieu revient s'asseoir au gouvernail, répare ce qui est altéré ou détruit, en imprimant de nouveau le mouvement qui s'était accompli sous sa direction, réforme, ordonne le monde, et l'alîranchit de la mort ^ »