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morale ce besoin a longtemps entraîné rhumanité, qui ne peut ni s'y suffire, ni s'y soustraire.
C'est cette aspiration, tout à la fois irrésistible et impuissante, que Jésus-Christ est venu combler avec une libéralité magnifique.
Le Dieu caché et toujours cherché ne s'est pas borné, en effet, à répondre à l'homme, en se dégageant à ses yeux des voiles de la Création. Il a fait plus : il a écarté le voile de sa propre nature, et, par une grâce insigne, nous a fait pénétrer dans l'abîme de son Être et de ses trésors. Il a fait plus encore : il nous a appelés aies partager, et nous a conviés à sa propre table, au repas des Anges. Il a fait avec nous une Alliance dont le nœud est sa nature et la nôtre inséparablement associées dans THoMME-DiEu. Comme il s'est fait notre frère de douleur dans cette vallée de larmes, où il nous a rachetés par sa mort, il nous fait ses cohéritiers et ses consorts dans son Paradis où il nous appelle à son éternelle vie : tout cela en substance, sous le voile temporaire de la foi, et n'ayant pas seulement pour gage quarante siècles de prophéties, vingt siècles de miracles, et les mille autres preuves delà Religion; mais ce qui décide de tout, l'expérience, qui n'a jamais trompé ceux qui ont voulu se l'appliquer, et qui a toujours passé leur attente.
Et le comble de la sagesse, c'est d'avoir rendu toutes ces ineffables communications supportables à notre faiblesse. Si Dieu n'était caché dans la Nature, s'il eût exaucé, sans réserve, le vœu de l'âme humaine qui l'appelait à s'y montrer, la Nature entière eût disparu soudain dans l'abîme de sa gloire, et comme la Fable le rapporte de cette mortelle qui demanda à voir le Dieu de l'Olympe, nous en aurions été consumes. Aussi
SCIENCE DOCTRINALE DE JÉSUS-CHRIST. 23o
Uait-ce une opinion reçue chez les Juifs, qu'on ne pouvait voir Dieu sans mourir. Et cependant, Dieu a trouvé e moyen de se faire voir, non-seulement dans Tordre latarel, où les miracles de sa puissance frappaient de tupeur, stupebant omnes in magnitudine Dei ^ , mais dans 'ordre surnaturel de sa nature intime que les Ghéru- )ins n'approchent qu'en se voilant; plus encore, de nous mir à Lui et de S'incorporer à nous; et cela par une conomie de condescendance qui nous laisse le mérite le le recevoir, et jusqu'à la liberté terrible de le mépriser.
C'est là LE Christ, et c'est là l'Évangile, justement ppelé V Evangile du Règne : de son règne avec nous sur i terre, et de notre règne avec lui dans le ciel.
C'est ce magnifique sujet d'étude et de contemplation [U6 nous nous proposons d'explorer.
Mais pour ne pas nous y égarer, il m'a paru nécessaire le faire précéder cette entreprise d'une étude doctrinale ur Jésus-Christ, comme nous l'avons fait d'une étude .istorique.
Cela peut paraître superflu autant que téméraire, 'Évangile devant se suffire à lui-même et n'ayant pas )esoin d'un tel secours.
Cependant en voici la raison :
L'Évangile est Dieu dans le Christ se réconciliant le ncnde^. Sans doute, il s'y révèle, et toute la science que lous avons de Lui en sort. Mais cette science y est encore mplicite. L'Évangile est la substance de la Révélation.
Ile y est enveloppée de paraboles et jetée en oracles )lutôt que déduite. Le Christ parle en Dieu. Il y a là un louble dessein indiqué par rÉvangilc même. Dieu d'a-