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accepté de mot d'ordre de personne. Il ne relevait que de son Père et de lui-même.
Ce n'est pas qu’il se soit isolé et n’ait rien voulu apprendre de ce que pouvaient lui ensei- gner ses contemporains. Tout ceque nous avons dit, jusqu'ici, tend à prouver le contraire. Si Jésus n’a appartenu à aucun parti, aucun parti ne lui a été étranger. Il les a tous connus, compris, étudiés. Disons mieux, il se les est tous assimilés, avec une pénétration d’une puissance et d’une profondeur qu’on ne saurait trop admirer ; et, à leur égard à tous, il a accompli et n’a point aboli.
Il devait, un jour, employer cette expression ‘pour caractériser son attitude envers la Loi. On peut l’appliquer à son attitude envers tous les partis-et toutes les doctrines de son temps. Ce mot est davantage encore : c’est un mot révélateur de ce qu’a été la méthode constante de Jésus. Et encore, ce terme de méthode n'est-il pas exact, car il suppose un procédé voulu et appliqué consciemment. aux hommes et aux choses, tandis que c'était, chez Jésus, l'essence
même de ce que, à défaut d’un meilleur terme, nous oserons appeler son génie. En tout et partout, qu'il s'agisse de l’Ancien Testament, du Mosaïsme ou des prophéties ; qu’il s'agisse des partis religieux qui l’entouraient, du Pharisaïsme ou de l’Essénisme; ou seulement d’un détail, comme l’adoption du nom de Fils de l'Homme, ou la règle à suivre dans l’observation du Sabbat; qu'il s'agisse de ce qu'il faut entendre par le Royaume de Dieu, la venue du Messie, le Jugement, le siècle à venir, il accepte, il comprend, il pénètre, il s’assimile et, en même temps, il transforme, il renouvelle, il régénère, il crée de nouveau. Il fait le départ entre ce qui passe et ce qui reste, ce qui est caduc et ce qui est éternel ; il conserve la sève et laisse tomber l'écorce.
Jésus a donc gardé, vis-à-vis de tous les partis de son temps, une indépendance complète. Jamais, nulle part, nous ne le voyons s’enrôûler sous une bannière quelconque, et ilien! et certainement ainsi dans toute la longue partie de sa vie qui ne nous est pas connue. Scrupuleux observateur des croyances de son peuple
et de ses traditions religieuses, conservateur du passé, il le transforme et le spiritualise, en restant avant tout lui-même. Il n’est donc pas exact de dire qu’il subit les influences des partis religieux de son temps; car il ne subit rien, etil n'accepte jamais une doctrine toute faite. Il est souvent sympathique aux idées qui l’entourent, mais il ne se laisse pas séduire par elles. Sa sympathie l’aide à les comprendre, mais elle ne : l’aveugle jamais. Toutes ces idées, il les juge, il les examine, soit pour les rejeter, soit pour les adopter. Ni conservateur, ni révolutionnaire, il fut cependant l’un et l’autre, et il accomplit la plus grande révolution de l’histoire en conservant le passé — mais en le faisant entièrement nouveau.
Tel est donc le trait unique qui constitue le caractère invariable de la ligne de conduite suivie par Jésus, à l'égard de toute idée, principe, croyance, institution qui se présente à lui et qu'il examine. Il en retient l'élément permanent eten rejette l'élément passager. Il ôte l'enveloppe et garde le contenu. D'un coup d'œil sûr et prompt, il distingue ce qui est éternel de ce qui
est transitoire, pour ne tenir aucun compte de ceci et proclamer la valeur absolue de cela.
Encore une fois, qu’il s'agisse de: la Loi, du Temple, des sacrifices, des prophètes, des Pharisiens, des Esséniens, toujours, partout, sans variation aucune, il a ainsi agi.