CURRENCE DE VOTRE BIEN, VOUS N’ACCOMPLISSEZ PAS CE QUE VOUS
devez. (S. Jean Chrysost. de Lazat. concio 2.)
Dans quel guêpier, citoyen procureur, les dévotes étaient tombées et quel cierge elles me devront ! Vous croyez que c’est tout ? Voici un sieur Basile qui apostrophe les riches en ces termes :
Malheureux que vous êtes, que répondrez-vous au grand jnge? Vous couvrez de tapisseries la nudité des murailles, et ne couvrez pas de vêtements celle des hommes 1 Vous parez les chevaux de housses précieuses et très riches, et vous méprisez votre frère qui est couvert de haillons ! Vous laissez pourrir ou ronger du blé dans des granges ou des greniers et ne daignez point jeter les regards sur ceux qui n’ont pas de pain ! Vous gardez de l’argent en réserve, et vous n’avez aucun soin de re lever ceux que la nécessité abat ou opprime 1 Vous me direz : « A qui fais-je tort, si je retiens et conserve ce qui est à moi ? » Et moi je vous demande quelles sont les choses que vous dites être à vous ? de qui les avez-vous reçues ? Fous faites comme un homme qui étant au théâtre et s’étant hâté de prendre les places que les autres pourraient prendre , les voudrait tous empêcher d'entrer, appliquant a son seul usage, ce qui est la POUR l’usage de tous. C’EST AINSI QUE FONT LES RI¬ CHES, et s’étant mis les premiers en possession de choses qui sont communes, ils se lès rendent propres en les possédant ; car si chacun ne prenait que ce qui lui est nécessaire pour sa subsistance et gu’on donnât le reste aux indigents, il n’y aurait ni riches ni pauvres. ( S . Basil magn. concio de divit. et paupert.)
— Eh ! malheureux, comment les pauvres vivraient-ils s’il n’y avait plus de riches? « Les riches sont l’estomac, dit Menennius, et les pauvres sont les membres. » Pourquoi les membres travailleraient-ils si ce n’était pour emplir la panse? — Vous avez raison, citoyen le procureur, cela est élémentaire, mais que voulez-vous!
Ils se tiennent tous entre eux comme les doigts de la main. Ecoutez saint Ambroise :
Qu’y a-t-il d’injuste dans ma conduite, dis-tu, si, respectant le bien d’autrui, je conserve avec soin mes propriétés personnelles? o impudente parole ! Quelles sont ces propriétés dont tu parles?
D’où tiens-tu les choses que tu possèdes en ce monde? Quand tu apparus au jour, quelles richesses as-tu apportées avec toi?.:...