‹ Jésus-Christ devant les conseils de guerreChapitre 11 sur 18 · LA TFRRF A TANT ÉTÉ DONNÉE EN COMMUN A TOUS LES HOMMES · texte numérisé non relu

LA TFRRF A TANT ÉTÉ DONNÉE EN COMMUN A TOUS LES HOMMES

PERSONNE NE PEUT SE DIRE PROPRIÉTAIRE DE CE QUI DÉPISSE SES BESOINS NATURELS DANS LES CHOSES QU’IL A DÉTOURNÉES DU FONDS COMMUN ET QUE LA VIOLENCE SEULE LUI CONSERVE. Rappelle-toi que tu es sorti nu du ventre de ta mère et que tu rentreras également nu dans le sein de la terre. (S. Ambros., serm. 64 in lue., cap. 16.).

Voulez-vous voir jusqu’où l’on peut descendre quand en s’est une fois écarté du sentier de l’honneur ?

« Quiconque possède sur la terre est infidèle a la loi de Jésus christ » dit saint Augustin. [Crédit, de comptempt mun di. Iract. 9, cap. 2.)

Et d’un.

« La richesse et l’avarice sont la source de tous les maux. »

Ceci est de saint Paul. . . ,, . .,

Quant au chef d’avarice, dites vous, je suis désintéressé dans la question. En êtes-vous bien sur !

L’avarice, à parler généralement, c’est, dit saint Astere, la passion d’avoir plus que le nécessaire. (S. Astenus. homil. advers) (avarit.)

Ces gens là se sont à ce point identifiés avec ces folies,, qu’ils mettent parfois à les exprimer une naïveté charmante. Voyez le bon trait de comédie :

De toutes les maladies de Pâme, la plus exécrable est la funeste passion de conserver ses richesses. (Salvian cont. avant lib. 4.)

Oui, mais tout cela est sérieux, très sérieux !

Ce sera si vous le voulez, l’histoire du serpent et de la lime, mais toujours est-il que les fondements de la société sont atteints par des discours du genre de celui-ci :

Allez, dit Jésus-Christ, et vendez non pas une partie de votre bien, mais tout ce que vous possédez, et donnez-le, non pas a vos amis, à vos parents , à votre femme, a vos enfants ; et pour dire encore quelque chose de plus, ne vous en reservez rien du tout par une timide prévoyance, de peur que vous ne soyez puni comme Ananie et Saphire; mais donnez tout aux pauvres, et employez ces richesses d’iniquité a vous taire des amis qui vous reçoivent dans les tabernacles éternels. (bt-Jérome. Lettre à Julianus.)

t Voulez-vous me dire ce qui resterait de la famille? Ils l’ont attaquée bien plus rudement encore, vous le verrez dans un moment. Remarquez seulement que ce passage de saint Jérôme renferme une véritable menace à l’adresse

de ceux qui ne se mettent pas nus comme la main, eux et leurs femmes et leurs enfants aussi. Et quelle menace ! le sort d’Ananie et de Saphire! Procureur général, hésiteriez vous encore ?

Du reste, il dit vrai quand il invoque l’autorité de Jésus- Christ.

Donnez en aumônes ce que vous avez , et toutes choses vous seront pures. (S. Luc, XI, 41.)

On raconte qu’un pauvre jeune homme auquel ces dangereuses prédications avaient tourné la tête (c’était du reste un homme honorable, « possédant de grands biens ») vint trouver Jésus-Christ.

Et s’étant mis à genonx devant lui, il lui demanda : Mon bon maître, que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle?

Mais Jésus lui répondit : Pourquoi m’appelles-tu bon? Il n’v a qu’un seul bon, c’est Dieu.

Tu sais les commandements : Ne commets point d’adultère, ne tue point, ne dérobe point, ne dis point de faux témoi^na^e ne fais tort à personne, honore ton père et de ta mère.° ° *

II répondit : Maître, j’ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse.

Et Jésus, ayant jeté les yeux sur lui, l’aima et dit : Va vends tout ce QUE tu as et le donne .aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; après cela viens et suis-moi t’étant chargé de ta croix. °

Le jeune homme prouva bien qu’il n’avait pas complètement perdu la raison. Il s’en alla; « tristement, » dit-on mais enfin il s’en alla ; « car il avait de grands biens » ajoute bêtement le nouvelliste.

Sur quoi Jésus-Christ fait cette méchante remarque :

Qu il est diffcile que ceux qui ont des richesses entrent dans le royaume de Dieu.

Et ses disciples furent étonnés de ce discours. Mais Jésus, reprenant la parole, leur dit : Mes enfants, qu’il est difficile à ceux qui se confient aux richesses d’entrer dans le royaume de Dieu !

Il est plus aisé qu’un chameau passe par le trou d’une aiguille qu’il ne l’est qu un riche entre dans le royaume de Dieu.

Mais puisque tous, tant que nous sommes, nous avons eu le malheur d’être élevés dans des doctrines répudiées aujourd’hui par les gens de bien; permettez que j’écrive un paragraphe à l’adresse de ceux dont l’esprit droit et le cœur candide n’ont point su découvrir le piège qui leur est tendu. Ils ont cru que la foi aux mystères suffisait pour leur mériter le titre de chrétiens dans cette vie et le salut dans l’éternité. Qu’ils écoutent la brutale parole de saint Jacques, et leur illusion cessera.

§ iv.

Tu crois qu’il y a un seul Dieu , leur cria saint Jacques; tu fais bien : les démons le croient aussi, et ils en tremblent. (Ëpît. cath., cp. ii, v. 49.)

Ainsi, Monsieur, la foi sans les œuvres ne serait pas même une marque distinctive entre nous et le diable !

Ces paroles pleines de compassion et de douceur, dont vous êtes si généreusement prodigues, chères sœurs, envers les pauvres, ne sont, je dois vous en prévenir, d’aucune utilité pour votre salut.

Si un frère ou une sœur sont nus, et qu’ils manquent de la nourriture qui leur est nécessaire chaque jour;

Et que quelqu’un d’entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez, et que vous ne leur donniez point ce lui est nécessaire pour leur corps, à quoi cela sérvira-t-il ? [Ib ., v , 45, 4 6.)

Et sachez, blanches brebis, qu’il ne demande pas de quelle utilité ce serait pour le prochain; mais , question bien autrement sérieuse, à quoi cela servirait à vousmèmes !

Que servira-t-il à un homme de dire qu’il a la foi, s’il n’a pas les œuvres? Cette foi le pourra-t-elle sauver ? [Ibid., 44.)

A ces paroles si nouvelles pour vous, je vous entends, douces habituées des saints lieux : « A quel prix mériterons-nous donc la béatitude éternelle? « Et en effet, si '"•levé qu’en soit le prix, un tel marché serait un bon placement. Mais, pieuses égoïstes, avez-vous oublié les paroles du Sauveur, ou ne vous en a-t-on pas dit la portée?

Aimez Dieu par dessus toutes choses et votre prochain comme vous môme.

Trouvez-vous le conseil trop vague?

Toutes les choses que vous voulez que les hommes vous fasfaites-les leur aussi de même, car c’est là la loi et les prophètes. (Matth. VII, 2.)

Ne comprenez-vous point encore?

Veiniez ce fftie vous avez et doiiïiez*le en Huüibôiieg, dit le Seigneur. (St-Luc XII. 33.)

Vous commencez à comprendre.

' ous allez comprendre tout à fait.

Ecoutez le précurseur prêchant la repentance dans 9 * 0u * 1° pays qui est aux environs du Jourdaiu » :

E disait donc au peuple qui venait pour être baptisé par lui

Race de vipères, qui vous a appris a fuir la colère a venir....

La cognée est déjà mise à la racine des arbres. Tuut arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu.

Alors le peuple lui demanda : « Que ferons nous donc? »

Il leur répondit : QUE CELUI OUI A DEUX HABITS EN DONNE A CELUI QUI N’EN A POINT : ET QUE CELUI QUI A DE QUOI MANGER EN FASSE DE MÊME. » (Saint-Luc, III, 7,9,40,14.)

C’est l’évêque Salvien qui vous en avertit.

Si vous ne disposez pas de vos biens en faveur des pauvres c’est que vous ne croyez point. Non, vous ne croyez point ; vous avez beau soutenir le contraire, vos actions démentent vos paroles. (Salvian, cont. avant , l. 3.)

Nos biens? tous nos biens? demandez vous de votre plus douce voix.

Oui, chères colombes, et votre vie par surcroît !

Nous avons connu ce que c’est que la charité, en ce que Jésus- Christ a donné sa vie pour nous ; nous devons donc aussi

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