‹ Jésus-Christ devant les conseils de guerreChapitre 17 sur 18 · FRUITS QUI LEUR ONT ÉTÉ DONNÉS POUR LEUR SERVIR D’ALIMENTS COMMUNS · texte numérisé non relu

FRUITS QUI LEUR ONT ÉTÉ DONNÉS POUR LEUR SERVIR D’ALIMENTS COMMUNS

Nous, au contraire, nous avons perdu les avantages de la communauté en nous créant des propriétés privées ; car l’appropriation par l’incertitude qu’elle apporte dans les récoltes détruit toute sécurité pour l’avenir. Pourquoi donc, ô riche, tienstu si fort à ta fortune, quand Dieu a voulu que les choses nécessaires à la vie te fussent communes avec les autres être animés ? Les oiseaux du ciel ne revendiquent rien en propre, et ils ne savent pas ce que c’est que d’être envieux les uns des autres ; aussi la lèpre de l’indigence leur est-elle complètement inconnue. (St Ambros. exposit. in Luc. Cap. 12. v. 22,23.)

3 e pièce. —Saint Paul dit ailleurs :

Il est écrit dans la loi de Moïse...

Et de fait, monsieur, cela y est écrit.

Tu n’enmusèleras pas le bœuf qni foule le grain. Est-ce que Dieu se soucie des bœufs ? ne dit-il pas ces choses principale- • 2 .

ment pour nous? Oui, elles sont écrites pour nous, car celui qui labouro doit labourer dans l’espérance de recueillir, et celui qui foule le grain doit le fouler dans l’espérance d’y avoir part. '1 er aux Corinth., ix, 9, 40.)

C’est-à-dire : abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme, toujours comme M. Louis Blanc.

11 y a quelque chose de bien plus fort, citoyen!

M. Louis Blanc dit, comme vous savez : « A chacun suivant ses besoins. » Eh bien! nos gens disent : « A chacun selon qu’il en a besoin. » Je n’invente rien, voyez Act. des Apôt., iv, 35. Ils ont platement copiél’auteur de l'Organisation du Travail.

Ménagez votre étonnement. M. Louis Blanc a dit encore aux délégués du Luxembourg : «Vous êtes rois.» (Voyez Bauchard, 3 vol. in-4°, Imprimerie nationale 1848.) L’un des prévenus, Jean, s’adressant à Dieu : « Tu nous a faits » rois et prêtres, et nous régnerons sur la tèrrc. » Rien que cela, monsieur ! Un homm ; d’une douceur évangélique, dit-on! Prenez la peine de vérifier ( Apoc ., v, 10). Vous voyez que du moins ils ne se mettent guère en frais d’invention.

C’est-à dire que, si on les dépouille de tout ce qu’ils se sont approprié, en application sans doute de leur maxime sur la propriété, nous les mettrons nus comme la main. Après s’être affublé des oripeaux de MM. Proudhon, Louis Blanc et Cabet, les voici qui se parent des plumes de Fourier et de son Ecole.

Où saint Jean Chrysostôme peut-il avoir puisé l’idée d’une association d’où « résulterait un bien-être immeUse pour le riche et pour le pauvre , et où l'avantage ne serait pas plus grand pour l’un que pour l'autre , » si ce n’est dans l'association domestique agricole ? Le problème n’estil pas posé comme Charles Fourier le posait lui-même ? Remarquons seulement qu’il va plus loin en disant que l’avantage ne serait pas plus grand pour l’un que pour l’autre, Fourier admettant l’inégalité des dividendes.

Supposons, dit l’insidieux anarchiste, que tous ici nous vendions nos propriétés et que nous en apportions la valeur au milieu de l’Assemblée... Que personne ne se trouble, que le riche et le pauvre restent calmes et impassibles.

Comme cela sent son origine, hein, citoyen?

Certes, si on les assemblait tous à une table commune, la dépense serait bien moindre.

Toujours, toujours la préoccupation des biens matériels !

Supposons une famille dans laquelle il y ait dix enfants, le mari et la femme. N’est-il pas évident que, soumis à la vie commune dans la même maison, la dépense sera moindre que s’il étaient dispersés?

Les avantages de l’association dont parle tant Fourier !

Car dans ce dernier cas il faudrait dix maisons pour les dix enfants, dix serviteurs, et ainsi de suite pour les choses utiles.

Ne vous semble-t-il pas entendre Fourier? vous avez lu Fourier?

Si nous savions mettre de côté toute ciainte, nous commencerions audacieusement cette entreprise, et nous pourrions ainsi transformer notre demeure terrestre en un véritable ciel.

Plagiaire, va! C’est à Chrysostôme que je parle. Notez que, pas plus que Fourier, il ne se préoccupe des croyances religieuses des hommes, auxquels il propose cette dégradante promiscuité! il ouv r e à tous indistinctement ce monument où on n’entre qu’en laissant sur le seuil famille, religion, mœurs et propriétéîl! Oh! comme le citoyen Louis Reybaud a trouvé le mot : Code de la brute !

Complétons l’indication des plagiats effrontés que ces adversaires de la propriété ont commis envers les différentes écoles socialistes.

Vous entendez qu’ils ne pouvaient passer auprès des saints-simoniens sans leur faire d’emprunts.... forcés.

Ils leur ont pris.... entre autres choses leur fameuse formule de répartition ; à chacun selon ses œuvres.

Entre une grand nombre de textes, je mets les suivants sous vos yeux:

Je suis celui qui sonde les reins et les cœurs et je rendrai à chacun selon ses œuvres. (Apec. II. 23.)

Or voici, je vais venir bientôt et j’ai mon salaire avec moi pour rendre à chacun selon ses œuvres. (Ibid. XXII. 12.)

Dieu rendra à chacun selon ses œuvres. (St Paul aux Romains, II. 6.)

Le lils de l'homme doit venir dans la gloire de son père avec ses an "es, et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. (St- Matt. XVI. 27.)

Si encore ils s’en étaient tenus là ! Les voici qui s’attaquent au principe sacré de l’hérédité. Toujours comme les saints simoniens.

Oardez-vous de prendre le prétexte de l’amour paternel pour augmenter vos biens Je garde mes biens pour mes enfants, belle raison! Je garde biens pour mes enfants, soyons un peu : votre père les garde pour vous , vous les gar-

dez pour vos enfauts > vos enfants les gardent pour les leurs , te ainsi de suite à l’infini ; de cette manière, personne n’observera la loi de dieu. (S. Augus.,serm. de det. Chord. C. 12.

Que laisserontrils debout?

Je crois, citoyen, qu’après avoir saisi la main de ceshommes dans toutes les tentatives anarchiques de ce temps, il est de votre devoir d’en conférer avec la commission d’enquête sur les évènements de mai et de juin. 11 y a là matière à un fameux supplément.

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