‹ Jésus-Christ devant les conseils de guerreChapitre 6 sur 18 · EPILOGUE : AUX PHAEANSTÉRIBNS · texte numérisé non relu

EPILOGUE : AUX PHAEANSTÉRIBNS

Notes. 221

Nota. La partie de cet ouvrage comprise depuis le § 18 Y Hydre du Socialisme jusqu’au § 22 inclusivement, contenant la revue de tous les systèmes Socialiste contemporain, a été tirée à part sous le titre de Pandémonium Sociai.iste, et se trouve à la Librairie plialanstérieune, iu-8° de 100 pages : Prix 75 centimes.

Voici. maintenant le paragraphe 42 de l’ouvrage dont on vient de voir la table.

8 4.2. Aux Chrétiens sincères aussi bien qu’aux Pharisiens catholiques et protestants.

Cette sainte Religion chrétienne, cet Evangile de liberté et de fraternité, on sait ce que, les tenv s du Christianisme primitif une fois passés, nous en avons vu faire. Une alliance anti-chrétienne avait été conclue entre les puissances de l’Eglise et les puissances du Monde, et la Religion de liberté était devenue une théocratie, un fétichisme et un bâillon. Jamais plus grand crime n’a été commis sur la terre que la corruption séculaire de cette Religion.

On sait quels combats gigantesques ont été livrés depuis Luther jusqu’à la fin du siècle dernier contre cette pétrification théocratique. Tous nos bourgeois réactionnaires ont encore les bustes de Voltaire et de Rousseau dans leur ca-

binet. Les voilà cependant (jui n’ont pas honte de faire volte-face et d’invoquer, athees et païens qu’ils sont, non point l’Evangile, ils l’auraient en horreur, mais cette religion arrangée, sous le nom du Christianisme, pour endormir le peuple, pour le mater, pour lui apprendre qu’il doit se crever de travail, souffrir, travailler, souffrir encore, travailler toujours, et qu’il ne doit pas être heureux en ce monde, parce que Dieu ne le veut pas.

Eh bien, notre siècle ne s’v trompera pas comme il a ete permis au précédent de le faire. Notre siècle remonte aux sources du Christianisme, et, loin d’attaquer le Christianisme, c’est avec le Christianisme qu’il s’apprête à vous écraser, pharisiens hypocrites.

Le Christianisme a été dirigé contre le vieux Monde , contre la Civilisation romaine, contre la société païenne de sontemps.

Or, votre société est toujours la société païenne et romaine. Vos esclaves sont des prolétaires, des ouvriers, des manœuvres, des domestiques, voilà la différence : et pour l’égoïsme, pour le matérialisme, pour 1 avidité, la cupidité et toutes les passions basses et viles, votre société rendrait des points à celle d’Auguste et de Caligula. L’Evangile témoigne contre votre société, et les temps sont passés où vous

S ouviez facilement faire du Christianisme un instrument ’oppression et d’exploitation.

Voyons donc, ô vous tous qui combattez le Socialisme aujourd’hui, vous d’abord les catholiques pharisiens, vous les anti-chrétiens de l’Univers, et tous ceux de votre Ecole, hommes de domination, de mensonge, d’aigreur et de fureur, vous qui servez si bien à ruiner au reste le faux christianisme, le christianisme théocratique, qu’avez-vous à dire des propositions socialistes extraites des livres saints, que voici réunies dans jésus- christ devant les conseils de guerre ?

Et vous que nous ne confondons pas avec ceux-ci, vous qui n’êtes pas des artisans de fiel, de haine et de mensonge, mais qui, par ignorance du caractère primitif et véritable du Christianisme, croyez devoir tenir en abomination tout ce qui, de près ou de loin, touche au Socialisme, lisez ! vérifiez les citations! et dites-nous quelles impressions font sur vous ees paroles? Ce sont des Saints, des Docteurs, des Pères, des Apôtres qui parlent le langage des Socialistes, un langage souvent plus violent que celui des plus radicaux parmi ceux-ci? Et vous, Prêtres!

Et vous, Evêques!

Et vous, notre Saint-Père Pie IX, qui avez, au début de votre pontificat, lancé une Encyclique contre le Socialisme !

Ah ! certes, quand le Socialisme ne tirait ses propositions que de lui-même, vous pouviez passer dédaigneusement et garder le silence.

Mais aujourd’hui, ô Clergé ! c’est avec vos propres textes, les textes sacrés, les textes des écritures, que le Socialisme marche à la conquête des âmes !

Vos plus grands Saints étaient de grands, de terribles socialistes !

Il n’y a plus moyen de se taire! il faut parler. Les fidèles attendent ce que vous direz devant ces textes redoutables.

Et ceci n’est pas tout, hélas ! c’est une affaire qui ne fait que commencer. Le Socialisme, ayantjmis la main à l’étude des premiers siècles, vous en réserve bien d’autres.

Pour moi, je ne crains pas de dire que les Apôtres et les premiers chrétiens se sont trompés en faisant du Communisme ; que les Docteurs et les grands Saints des premiers siècles se sont trompés en soutenant qu’il était criminel de tirer du capital un revenu, quelque menu fût-il.

S’ils avaient 4’ amour du peuple, ils n’avaient pas encore

la SCIENCE SOCIALE.

Je ne me crois nullement obligé de'partager leur manière de voir, leurs exagérations sur ces objets. Mais vous! voyons: vous voici forcés de parler. Il faut vous taire aujourd’hui devant les communistes, reconnaître même leur orthodoxie, ou bien il vous faut foudroyer plusieurs Apôtres, damner vos plus grands Saints et brûler l’Evangile.

Que voulez- vous que pensent les fidèles en voyant vos anathèmes anti-socialistes tombant tout droit sur la tête des plus grands Docteurs de l’Eglise?

Et que doivent-ils croire en présence de ces citations redoutables qui pulvérisent les bases légales et économiques de la société d’iniquité qu'ils ont maudite et dont vous vous êtes faits les plus acharnés souteneurs ?

Il faut pourtant prendre un parti !

Il faut qu’on sache avec qui vous êtes !

Etes-vous pour ou contre l’intérêt du capital?

Reniez-vous les décisions des Pères, des Docteurs et des Conciles contre le rendement de l’argent, et par conséquent de la terre et de toute valeur?

Etes-vous avec les Pères, avec les Apôtres, avec les Docteurs, avec les Conciles du côté de Proudhon ?

Ou bien contre les Pères, contre les Docteurs, contre les Apôtres, contre les Conciles du côté des Economistes !

Parlez! vous ne pouvez plus vous taire, Docteurs de l’Eglise, Prédicateurs, Evêques. Archevêques, Cardinaux, PAPE!

II faut enfin que le vrai sens du Christianisme éclate. Il faut qu’on sache où sont les vrais chrétiens, et où sont les hérétiques, les traîtres à l’Evangile.

Le Socialisme s’élève du sein des peuples ;

C'est un mouvement bien autrement fort et profond que celui de la Philosophie du dix huitième siècle ;

Le Socialisme revendique pour lui l’Evangile et les rçures traditions de la Religion des faibles et des opprimés. Il expose ses titres et ses témoignages

Qu’ont à dire ceux qui se prétendent les gardiens des témoignages, les conservateurs de la parole? Qu’ils parlent donc !

Mais ils ne parleront pas! Ils ne parleront pas, car ils comprennent que le temps est venu où la lumière si longtemps mise sous le boisseau va briller de tout son éclat, illuminer les peuples et couvrir de confusion ceux qui ont voulu faire du Christianisme une religion d’oppression et d’exploitation.

Vous vous tairez devant ces textes.

Vous vous tairez, c’est moi qui vous le dis.

Yous laisserez le venin extrait des écritures, des livres des Pères et des docteurs, couler dans le Peuple, troubler les consciences timorées et propager rapidement le Socialisme; mais bientôt, à mesure que la liberté pénétrera dans le monde et que le véritable sens de l’Evangile et du Christianisme se révélera aux populations, le clergé secondaire, le clergé démocratique, le clergé prolétaire, opprimé, esclave, se lèvera comme.un seul homme et proclamera luimême avec nous le sens libérateur.

Scribes, Pharisiens, Princes des prêtres, votre heure est proche.

Pourquoi?

Parce que voici l’heure de la Démocratie, c’est-à-dire de l’Evangile dans le Monde et dans l’Eglise. Régénération de l’Eglise et rénovation du Monde !

Et vous sceptiques, athées, mécréants, fils de Voltaire, gens habiles qui venez de cimenter votre édifiante union avec l’autel du Christianisme paganisé, dites-nous donc un peu aussi votre opinion sur la doctrine des grands Saints, des Pères et des Apôtres touchant l’intérêt du Capital et les °hjets de Socialisme !

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