PREFACE
Cette nouvelle édition de ma Vie pe Jésus est la première, depuis l'apparition du livre, qui soit sérieusement revue et remaniée. J'y ai tenu compte des œuvres importantes publiées depuis 1866 sur ce grand sujet. J'en ai présenté un rapide apercu dans ma nouvelle introduction. J'ai refait entièrement la partie de mon livre qui concerne soit le surnaturel, soit les bases théologiques de la vie de Jésus, soit la question de critique. J'ai laissé de côté toutes les tentalives d'explication sur l'apparition du Reédempteur, mais ce n'est certes pas pour me rapprocher du dogme des deux natures, car son plus clair résultat est de les détruire l’une par l’autre en brisant l'unité de la personne. Au reste, je me suis sincèrement efforcé de imposer aucune idée préconçue à la réalité historique, Mon unique dessein a été de mettre en pleine lumière la wvante fiqure de Celui dans lequel a habité la
; de % esprits est aussi HAE au jo rd | æ-huit ans, lors de la première appa Eee Puisse-t-il, après avoir été mis à jour « en ke orte, rendre encore. quelq ues à jé" à pe
mr
FR en m vi Lot
on << #4
Fu INTRODUCTION
Depuis la publication de mon livre sur la Wie de Jésus, ce grand sujet a été traité dans des œuvres importantes, quelques-unes magistrales. Il n’est pas possible de les négliger, car elles ont, sur plus d’un point, modifié la position de la question.
Il importe d'en donner un rapide aperçu,afin de
Baisir avec “Ro les conditions dans lesquelles se présente aujour d'hui ce grave problème, le premier de tous pour lavthéologie chrétienne.
Pour la question christologique comme pour tôutes
celles quagite l’esprit humain, nous retrouvons en pleine activité cette loi rassurante à laquelle est sou-
x : | . mise toute l'évolution de la pensée dans ses direc-
tions 1 plus CmASeS qui fait que, sous l’action
É< Fa
ss LE Fr
d'une logique intime, chaque système révèle ses imperfections et se voit réfuté par le système qui lui succède. C’est la part de vérité dans la méthode hégélienne ; sa double erreur consistait à mettre la fatalité Ià où la liberté de la recherche suffit et à abolir toute distinction essentielle entre le vrai et le faux, le vrai
d'aujourd'hui étant le faux de demain, car l'éternel
devenir ne connaît pas la vérité pour elle-même, et ne peut donner que le relatif. Quiconque croit tout ensemble à la raison humaine et à Dieu est convaincu que notre intelligence, n'étant pas organisée pour l'erreur, finit par découvrir celle-ci et la mettre en lumière.
La première Wie de Jésus de Strauss avait, d’une part, concentré et dévoilé tout le travail de destruction accompli par une critique purement négative, et de l’autre, en faisant évanouir l'Évangile tout entier dans le mythe, avait révélé l'impuissance de l’idéalisme panthéiste à prendre pied sur le terrain solide de l'histoire et à nous donner autre chose que l'idée ‘abstraite. Comme l'avait dit spirituellement Edgar Quinet, Strauss avait rappelé Antoine relevant la robe de César et montrant tous les coups mortels dont il avait été transpercé. Son livre était la fin et la con-
damnation d’une période de la théologie, ce n'était.
pas un commencement nouveau. L'école de Tubingue, Lien oin de continuer Strauss, renversa sa théorie
favorite de l'explication mythique, car la formation . & , : ne du mythe suppose une certaine naïveté, sous peine de. F
EL
es .
INTRODUCTION. î
le voir réduit à une pure métaphore; elle n'est décidément pas compatible avec cette lutte des tendances judéo-chrétiennes et pauliniennes si complaisamment décrite par Baur et ses disciples, qui faisaient du christianisme primitif une gnose péniblement élaborée à travers les plus étranges complications et grâce à des procédés de diplomatie raffinée, plus dignes d'un congrès moderne que d’un cénacle. Il devait pourtant y avoir quelque réalité historique au fond de ces controverses à la fois ardentes et subtiles, sinon, on se fût battu pour un fantôme. Cela seul rendait bien difficile de transporter violemment dans le second siècle presque tous les livres du Nouveau Testament. D'ailleurs les résultats toujours plus décisifs de la critique indépendante forçaient de replacer au premier siècle une grande partie des documents où Baur voyait en quelque sorte la signature du traité de paix qui aurait été conclu entre les judaïsants et les pauliniens, à la suite d’atténuations groduées de leurs opinions réciproques. Sans nier les services rendus à l'histoire du christianisme primitif par l’école de Tubingue, à qui nous devons d’avoir mieux discerné la diversité des tendances, sans qu’il soit nécessaire d'y voir des oppositions radicales, il n’en demeure pas moins qu'elle a trouvé sa réfutation dans le mouvement même de la théologie contemporaine, et que son Christ, presque exclusivement juif, n’a pu tenir devant l'étude attentive des textes reconnus authentiques, grâce à des découvertes incontestables. Il y a
à # + F4 £ & * se " Ces < à si # + E. +0 __ INTRODUCTION. je en
vingt ans, son règne avait déjà cessé; quelques-uns de ses disciples les plus éminents, comme Ritschl, Ses l'avaient reniée. > Free On avait soif de réalité historique. Strauss luimême, dans sa seconde Vie de Jésus, répondit à cette aspiration dans une certaine mesure. Il ne fait plus du Christ une simple création mythique, il admet qu'au temps des Hérodes, on a vu apparaître sur la terre de Galilée et de Judée un maître puissant x en paroles qui a produit sur ses coton pot une impression incomparable. Il reconnaît que sa. gran- 2% deur morale est à l’abri du doute, et cependant ie refuse tout caractère surnaturel à ses œuvres; comme toutes les :
imperfections de l'humanité. C’est nous enfermer dans | une contradiction insoluble, comme le remarque très bien Dorner. En effet, si le christianisme, au lieu d’être ur simple mythe, nous reporte à une personne,