‹ Jésus-ChristChapitre 111 sur 376 · ESQUISSE DE LA VIE DE SAINT JEAN · texte numérisé non relu

ESQUISSE DE LA VIE DE SAINT JEAN

de Tibériade, loin des influences pharisaïques, fils d’une mère à l'âme ardente et pieuse ‘, dont le premier soin avait été sans doute de nourrir son cœur des espérances qui remplissaient le sien, il grandit dans le milieu le plus favorable pour le préparer à sa mission future. Le Baptiste n'eut pas de disciple plus fidèle, Jésus-Christ n’en eut pas de plus intime; il en fit nonseulement son apôtre, mais son ami. Jean l’aima comme un frère divin; 1l ne sut jamais séparer la personne du Maître de sa doctrine. Nature profonde et contemplative, il avait autant de flamme dans le cœur que le bouillant Piérre et que le vaillant Paul; mais c'était un feu intérieur et qui se manifestait moins par l’action ou par la lutte que par une de ces affections absolues concentrées sur un objet unique, tour à tour tendres ou terribles, car elles ne sauraient consentir à le voir méconnu et outragé. Le Jean des synoptiques est déjà le disciple bien-aimé, mais c’est aussi le fils du tonnerre ; il voudrait que la foudre consumât la bourgade impie qui refuse de recevoir Jésus?. Même après la crise décisive de sa vie morale, quand il aura appris de son Maître mourant jusqu'où -peut aller la charité qui pardonne, on retrouvera chez lui ces bouillonnements

d’indignation contre les adversaires de Jésus, et surtout

contre les faux amis prêts à le trahir par un baiser.

i Salomé, dont on a fait à tort une sœur de Marie, était au nombre des femmes qui ont suivi Jésus jusqu’au bout, après l’avoir assisté de leurs biens (Matth. XXVII, 56; comparez Marc XV, 40, 41).

2 Luc IX, 54. e ï

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