PRESSENTIMENT DU GRAND ÉVÉNEMENT
aride”: ; elles retentissent en Samarie, où l’ons’entretient du prophète semblable à Moïse promis par le Deutéronome*. À en juger par le succès des premières prédications de Jean-Baptiste et de Jésus-Christ en Galilée, ces préoccupations paraissent avoir été très générales dans cette province, que l’on appelait dédaigneusement la Galilée des Gentils*, parce qu’elle avait de tout temps été bien moins fermée aux étrangers que les autres portions de la Palestine*. Ce n'est pas de cette contrée que venaient les rabbins illustres ni les hommes de œouvernement; elle se tenait éloignée du mouvement de Jérusalem, mais elle était par cela même accessible à des idées plus larges. Bien loin d'offrir à ses habitants un asile de paix exceptionnelle, cette province avait été le théâtre de œrandes agitations politiques et religieuses. C’est sur les bords du lac de Génésareth, sous l’humble toit de pauvres pêcheurs ignorants, que l’attente du Messie promis avait conservé le plus de candeur. Là, la voix des anciens prophètes n’était pas couverte par celle des docteurs de la tradition pharisaïque;
elle retrouvait sa puissance au sein de cette nature
pleine de grandeur et de sérénité; là, la piété des mères allumait celle des fils; là, grandissaient ceux qui devaient être plus tard les saint Pierre et les saint Jean.
L’ébranlement s'était même communiqué au monde
L'EUCHINReS
2? Jean 1V, 19. — Deutér. XVIII, 18.
3 Matth. IV, 15.
* Josèphe parle de nombreux Grecs qui y habitaient. (Vita, 12.)
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VISION DE ZACHARIE. s”
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païen, surtout dans les contrées voisines de la J udée!. Comme on sent la proximité d’une terre inconnue dans les brises qui y ont passé, On respirait dans l’atmosphère du temps un souffle des nouveaux rivages dont se rapprochait l'âme humaine.
AUX aspirations répondirent bientôt les révélations positives. Depuis plusieurs siècles nul prophète nouveau n'avait surg1; de là un amer sentiment de décadence au milieu de cette orthodoxie correcte et de cette fidèle observance de la loi dont on était si fier à Jérusalem. Hérode avait beau prodiguer, pour la reconstruction du temple, les ressources d’une civilisation avancée; le marbre-et l'or ne l'empêchaient pas d’être un monument vide où la présence de Dieu ne se révélait plus. « La rosée de la bénédiction ne tombe plus sur nous, et nos fruits n’ont plus de saveur, s’écriait le rabbin Siméon, fils de Gamaliel?. » Il fallait que le ciel se rouvrit pour fertiliser le sol desséché et inaugurer une nouvelle ère de fécondité morale. Ce fut dans le temple que le long silence de la voix divine fut enfin rompu. = Parmi les Juifs pieux de ces temps était un prêtre du nom de Zacharie, de la famille d’Abia, l’une des vingt-quatre classes sacerdotales établies par David pour vaquer au culte à tour de rôle pendant une semaine*. Vivant dans la retraite, il avait conservé, ainsi que sa femme Elisabeth, la foi des anciens jours,
1 Matth. Il, 1.
2 Gfrœrer, II, p. 196.
ë 1 Chron. XXIV.