‹ Jésus-ChristChapitre 134 sur 376 · VOYAGE DE MARIE ET DE JOSEPH A BETHLÉEM · texte numérisé non relu

VOYAGE DE MARIE ET DE JOSEPH A BETHLÉEM

voir la jeune épouse si près de son terme accompagner

son protecteur ? D'ailleurs, elle n’ignorait pas plus que les scribes de Jérusalem l’oracle qui désignait Bethléem comme la ville du Messie.

De Nazareth à Bethléem on compte quatre jours de marche, surtout pour une famille pauvre qui n'a pas

vainqueur d’une nation vaillante, deux fois gouverneur de Syrie, et “a aurait survécu à Auguste, Or, ces désignations ne s'appliquent qu à Quirinius, vainqueur des Homonadensiens, et le seul des légats de Syrie qui ait vécu sous Tibère. Mommsen, par les mêmes raisons

que Zumpft, place le premier gouvernement de Quirinius sur la

limite de l’an 751. Ce résultat offre certes un grand intérêt; reste toujours la difficulté que la Judée en 750 n’était pas province romaine. (Voir le Mémoire de Mommsen sur le monument d’Ancyre.) Tout ce débat vient d’être renouvelé par la savante brochure de M. Henri Luttéroth, intitulée: Le Recensement de Quirinius (Paris, 1865). Rejetant la solution que nous avons acceptée, et qui est due à Herwart, l’auteur propose de lier Luc I, 60 à Luc IT, 1 : « L'enfant, dit l’évangéliste en parlant de Jean-Baptiste, croissait et se fortifiait en esprit, et il fut dans les déserts jusqu’au jour de sa manifestation

à Israel. » M. Lutteroth entend par cette manifestation la première

participation de Jean-Baptiste à la fête de Pâque qui, pour les jeunes Juifs, avait lieu à l’âge de douze ans. Le verset suivant (Luc IT, 1) nous donne la date précise de cet événement, en rappelant le recensement de Quirinius. Ainsi l’édit d'Auguste aurait été publié au moment où Jean célébrait sa majorité. Notre objection principale eontre cette explication vient du sens que M. Lutteroth doit donner à Luc Il, 6. Après que l’évangéliste à rattaché au recensement de

nus le voyage de Joseph et de Marie à Bethléem, il ajoute :

« Il arriva que, comme ils étaient là, le jour vint auquel elle devait accoucher. » Il nous paraît évident que le second fait est étroitement

rattaché au premier. M. Lutteroth est dans la nécessité de les dis-

tinguer absolument, car, d’après son système, la naissance de Jésus- Christ a eu lieu douze ans auparavant. Il se voit obligé de compléter le texte de Luc en le traduisant de cette manière : « C’est Ià aussi qu'ils étaient quand le jour vint auquel elle devait accoucher. » Il me semble impossible d'admettre que l'événement capital des évangiles et:de l’histoire soit ainsi placé en sous-ordre, et relié comme un épisode à un fait aussi insignifiant que la première participation de Jean-Baptiste à la Pâque.

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