‹ Jésus-ChristChapitre 163 sur 376 · JEAN-BAPTISTE ET HÉRODE · texte numérisé non relu

JEAN-BAPTISTE ET HÉRODE

- voiximportune vint faire écho à cette voix intérieure que l’homme n’étouffe jamais entièrement. C'était la voix de l’homme du désert, de ce nouveau prophète dont la popularité, d’après le témoignage de Josèphe, l'avait inquiété ‘. « Il ne t'est pas permis, lui avait dit Jean- Baptiste, de prendre la femme de ton frère. » Cette invocation de la loi éternelle, qui ne tenait aucun compte de ses volontés royales, l'avait rempli de fureur; il n'avait pu supporter cet appel au pouvoir supérieur qui rend ses arrêts souverains dans le secret des âmes. Quoif quelque chose pouvait être défendu au prince devant qui tout rampait. [1 fallait étouffer cette protestation importune qui le blessait d'autant plus qu’elle était mieux fondée. Le censeur incommode fut jeté au fond: d’un sombre cachot dans la citadelle de Machéronte. Ame faible et mobile, Hérode ne pouvait cependant se dérober à son influence ; il sentait au fond que le Baptiste avait raison; il flottait entre sa passion et sa conscience et parfois aussi il consultait son captif. Mais ce n'étaient que les hésitations d’une nature sans vigueur; les sourires d'Hérodiade l’'emportaient bientôt sur l’austère prédicateur. Dans l'ivresse d’un festin, célébré à Machéronte même, à l’occasion de son jour de naissance, le roi fit une promesse imprudente à la fille d'Hérodiade pour la récompenser d’avoir oublié son sang royal et charmé l’assistance par une danse digne d’une courtisane. Il s’eng'agea à lui actor-

1 Josèphe, Ant., XVIII, 5, 2. Josèphe passe sous silence la vraie cause de l’emprisonnement de Jean-Baptiste.

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