‹ Jésus-ChristChapitre 164 sur 376 · LE DOUTE DE JEAN-BAPTISTE · texte numérisé non relu

LE DOUTE DE JEAN-BAPTISTE

der tout ce qu’elle lui demanderait. Conseillée par sa mère, elle demanda la tête de Jean-Baptiste. Il semblait qu’on étoufferait ainsi cette voix sévère qui se faisait entendre jusque dans le tumulte du festin. Quoique absent, il était là, hôte redoutable et silencieux, obsédant la femme adultère. Maïs c'est en vain que cette noble tête fut tranchée; du sang du prophète la voix divine s’éleva plus terrible encore. Hérode ne cessa pas un seul jour de l'entendre, car, lorsque la réputation de Jésus commença à se répandre en Galilée, il s’écria en pâlissant : « C'est lui, c’est Jean-Baptiste. » On tue le corps, mais on ne tue ni la vérité ni la consciencet.

C’est pendant la captivité de Jean à Machéronte que se place un épisode étrange auquel nous reviendrons dans l’histoire de la carrière publique de Jésus, mais dont on a tiré des conclusions très exagérées. On a prétendu que son témoignage antérieur est frappé de suspicion par le simple fait que dans une heure de doute il a envoyé à Jésus deux de ses disciples pour l’interroger sur sa mission *. Maïs où a-t-on vu la vie morale se développer sans lutte et sans défaillance? Elle a ses alternatives qui ne se plient pas aux lois d’une inflexible logique. Jean, nous l’avons dit, est encore un homme de l’ancienne alliance : il attend une manifestation prompte et éclatante du Messie. Cette manifestation tarde; bien plus, elle semble reculer tous les jours davantage, car plus Jésus est connu, plus il est

1 Matth. XIV, 2.

8 Luc VII, 18, 19.

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