‹ Jésus-ChristChapitre 183 sur 376 · LE FILS DE DIEU · texte numérisé non relu

LE FILS DE DIEU

ne sauraient subsister en face de cette parole de Jésus dans le premier évangile : « Toutes choses m'ont été données par mon Père, et personne ne con-

naît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils

a voulu le révéler ‘. » Pour maintenir une différence radicale entre le Christ des synoptiques et celui de saint Jean, on est obligé de rejeter arbitrairement le commencement et la fin de ce texte. N’est-il pas plus simple de lui donner pour commentaire ce mot dé- -cisif du quatrième évangile : « Moi et le Père nous

sommes un?. Dieu a donné son Fils au monde ?. »

On prétend que ces audacieuses affirmations sont plus

insensées que le mot fameux du despote : L'Etat,

c'est moi. On y voit un cas de folie bien caractérisé *. Que l’on convienne au moins que c’est la folie même du christianisme, car il n’y a pas là uniquement la

démence d’un homme exalté; c'est la démence d’une

religion tout entière qui, dès son premier jouf, a vécu de cette idée ou de cet opprobre, car cette notion de Fils de Dieu est inhérente à son essence même et à la conception du royaume de Dieu tel qu’il a prétendu le fonder et l’a fondé en réalité. |

1 Matth. XI, 27. Luc X, 22.

2 Eyo xat 6 marho Év êcuev. (Jean X, 30.)

8 Jean III, 16. Il n’est pas légitime d’invoquer cette notion fondamentale du quatrième évangile contre le texte Jean X, 34-36. Il n’y a là, comme nous le verrons, qu’un raisonnement à fortiori, qu'on n’a pas le droit d'isoler du vaste contexte de l’évangile de Jean. Schleiermacher s'efforce en vain, dans sa Vie de Jésus, de réduire la divinité du Christ à une simple union morale avec Dieu (p. 282 et suiv.).

* Strauss, Vie de Jésus, I, p. 202.

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