LES PREMIERS DISCIPLES. LE TO
Jésus avait reconnu l'esprit de courageuse initiative qui, épuré à son contact, devait le préparer à sa grande . mission apostolique. Cette parole n'implique en rien une primauté officielle ; elle à un caractère tout moral, car l'institution positive de l’apostolat n’a eu lieu que bien plustard. Avant de faire desapôtres, Jésus voulaitavoir des disciples. La première impression reçue par ces jeunes hommes fut ineffaçable, mais il était nécessaire -qw’elle se confirmât; aussi les verrons-nous retourner quelque temps à leurs occupations ordinaires, car il faut distinguer avec soin ce premier appel de l'appel définitif qui leur fut adressé plus tard. Ils étaient déjà sans doute sincèrement attachés à Jésus et pouvaient s’appeler ses disciples *, mais ils n'étaient pas mûrs pour la vocation exceptionnelle qui leur était réservée ?.
À ce petit groupe à peine formé, vinrent encore se joindre deux hommes de bonne volonté. Le premier, compatriote et ami des Galiléens qui avaient suivi Jean- Baptiste, était Philippe de Bethsaïda. Il attendait, à leur exemple, « Celui dont avaient écrit Moïse et les prophètes *.» Atteint par un mot souverain du charpentier
1 Jean TI, 2. |
2 Ces observations font disparaître toute contradiction entre le quatrième évangile et les synoptiques qui nous racontent d’une manière très différente la vocation des apôtres (Matth. X, 1-11; Marc I, 18-19; Luc VI, 12-16). Les synoptiques ne s'occupent que de la vocation définitive; pour Jean, le grand jour est celui où, pour la “première fois, il a vu Jésus. Le fait moral l'emporte por lui sur le fait officiel.
3 Jean I, 46.